Alice in Borderland
ROBOT / Netflix

Depuis le 10 décembre, Netflix diffuse Alice in Borderland, une série japonaise aussi intrigante qu’efficace entre Lost et Battle Royale. A réserver aux âmes averties.

Ne vous fiez pas à son titre aux allures de conte de fées, Alice in Borderland est une série de SF dystopique qui plonge ses héros dans un jeu vidéo grandeur nature. Adaptation live du manga du même nom écrit par Haro Aso et publié en France aux éditions Delcourt, Alice in Borderland suit un jeune étudiant déphasé, Arisu, et ses deux amis qui passent brutalement d’un Tokyo animé à une version totalement déserte qui leur apporte une sentiment de liberté et d’angoisse. Ceci est le très beau prologue du premier épisode. Très vite, ils découvrent qu’ils vont devoir disputer des parties de jeu vidéo grandeur nature pour pouvoir survivre. Sauf que dans ce monde-là, les morts ne sont pas simulées. Les choses sérieuses commencent. Chaque partie gagnée accorde un « visa » de quelques jours où les protagonistes peuvent faire une pause dans le jeu. Avec qui s’allier ? Comment assurer la victoire du groupe ?

Des films et des séries sur des jeux d’élimination, il y a eu plusieurs. De Battle Royale à Hunger Games, la fiction a souvent mis en scène de manière allégorique la violente compétition que se livrent les êtres humains dans la vie et a joué du suspens pour savoir qui survivra. La qualité d’Alice in Borderland est qu’elle offre une dimension supplémentaire, presqu’existentielle. La manière dont est convoqué le passé des personnages, les questions sur le pourquoi de la chose et surtout l’analyse des comportements en groupe font plutôt de cette série une cousine japonaise de Lost : les disparus, la saga culte créée par J.J. Abrams et Damon Lindelof où une poignée de rescapés se retrouvaient confrontés à des phénomènes mystérieux dans une boucle spatio-temporelle. Ici, le réalisateur Shinsuke Sato, auquel on doit aussi la série BLEACH, réussit aussi à faire d’Alice in Borderland une réussite visuelle tant par la mise en scène de Tokyo déserté que par les éléments surprenants qu’il y ajoute.

La violence de certaines scènes rend toutefois la série parfois un peu gore, notamment sur un épisode qui inclut un bûcher, mais le réalisateur parvient à maintenir l’attention et l’intrigue pendant les huit épisodes. Pour le téléspectateur aussi, Alice in Borderland devient une énigme à résoudre. A tel point que le cliffhanger du dernier épisode ne nous donne envie que d’une chose : découvrir la saison 2. Netflix n’a pour l’instant pas encore confirmé sa mise en chantier.


A lire aussi sur Première