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Révélée à la télévision, élevée au rang de sex-symbol tendance SM par les Wachowski, où en est aujourd'hui l'inoubliable Trinity ?

Il existe de nombreux artistes qui connaissent un immense succès pendant une courte période. Ce succès peut se caractériser par exemple par quelques films qui ont triomphé à une certaine époque, une couverture médiatique énorme à un moment donné, ou un Oscar de la meilleure actrice pour un rôle isolé. Et puis soudain, plus rien (ou presque), ces artistes tombent subitement dans l'oubli et l'anonymat aussi vite qu'ils ont attiré la lumière. Ils disparaissent de l'écran radar sans rien laisser d'autres que des souvenirs plein la tête, des souvenirs nostalgiques de cinéphiles.

Parfois dû à un retrait choisi, tout simplement pour changer de vie, élever des enfants, ou évoluer vers d'autres sphères. Ou à l'opposé, ce retrait peut être provoqué à cause du vieillissement, du temps qui passe, et donc, du manque d'intérêt des studios et des productions. Ces disparitions soudaines sont d'autant plus surprenantes qu'elles se développent d'une façon exponentielle avec le temps. En effet, aujourd'hui, combien de Mary Elizabeth Mastrantonio, de Meg Ryan, ou de Rebecca de Mornay presque oubliées pour une Meryl Streep toujours au sommet ? Une carrière est un travail de longue haleine, un investissement perpétuel. Et il faut compter sur une bonne dose de chance aussi.

A travers cette rubrique baptisée "Mais qu'est devenu(e)... ?", nous vous proposons régulièrement de vous replonger dans une époque, une période, une filmographie, une histoire. Celle d'un comédien ou d'une actrice qui aura marqué le septième art de son empreinte avant de disparaître aussi vite qu'il ou qu'elle était venu(e).

Mais qu'est devenue... Carrie-Anne Moss ?

Il n'aura fallu qu'un seul et unique rôle, celui de la torride Trinity, look punk et attitude SM dans la saga Matrix, pour que la belle actrice canadienne entre définitivement dans nos vies.
Formée sur le petit écran, la belle brune aura connu les sommets mais, enfermée dans ce rôle aussi emblématique que mythique, elle n'aura pas vraiment confirmé les espoirs placés en elle par la suite, hormis une collaboration avec Christopher Nolan au début des années 2000.
Aujourd'hui presque oubliée, nous rappelons Carrie-Anne à votre bon souvenir.

Née le 21 août 1967 à Burnaby, à l'est de Vancouver, au Canada, la ravissante Carrie-Anne doit son prénom composé à une chanson éponyme du groupe The Hollies - sortie la même année que sa naissance - dont sa mère était fan.
Ses parents divorcent alors qu'elle est encore une jeune enfant et elle reste vivre avec sa maman Barbara et son grand frère Brooke. La pré-adolescente se réfugie alors dans ses rêves d'actrice et elle a tout juste 10 ans lorsqu’elle s'inscrit à son premier cours de théâtre et de chant à la Vancouver Children's Musical Theater.
Après cette première formation artistique, elle rejoint une autre troupe, la Magee Secondary School Choir, et part en tournée en Europe pour une série de concerts et de pièces chantées. A la sortie du lycée, elle souhaite plus que tout faire carrière dans le cinéma et quitte son pays natal pour se rendre en Californie, des rêves de grandeurs hollywoodiennes plein la tête.
Elle s'inscrit ainsi à l’American Academy of Dramatic Arts de Pasadena pour une nouvelle formation de quelques mois avant de retourner au Canada, et plus particulièrement à Toronto où, dès 1985, elle débute une brillante carrière de mannequin qui la fait voyager partout dans le monde dans les années 80 et jusqu'au début des années 90, notamment en Asie (Japon) et en Europe (Espagne, Italie, France).

Son métier dans la mode lui permet aussi de passer quelques castings pour le cinéma et la télévision et elle décroche son premier rôle sur le petit écran en 1992 dans la série Le Juge de la Nuit, pour laquelle elle tournera sept épisodes. Belle, talentueuse, débordant de charisme et de séduction, la jolie brune enchaîne alors les rôles dans les productions télé : Le Justicier des Ténèbres, Les Dessous de Palm Beach, La Loi de Los Angeles, Alerte à Malibu, Models Inc. (un spin-off de Melrose Place dans lequel elle incarne une top model), ou encore FX Effets Spéciaux.

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Et nous arrivons alors à 1999. Les Wachowski, qui sortent du succès de leur premier film - un thriller saphique et bien branlé intitulé Bound - préparent un délire SF révolutionnaire où il est question du sauveur d'une humanité prise au piège où, entre monde virtuel dément et effets spéciaux exceptionnels, les frangins nous emmènent dans un trip hallucinant qui marquera l'entrée dans le nouveau millénaire. Pour entourer le héros Neo (Keanu Reeves) et son mentor Morpheus (Laurence Fishburne), Andy et Larry (qui deviendra quelques années plus tard Lana) castent la belle Carrie-Anne (ils hésitaient avec Jada Pinkett-Smith) et lui offre le rôle de Trinity, l'amoureuse du héros qui passe son temps en combinaison moulante en latex à tirer sur tout ce qui bouge.
Personnage emblématique de la saga (Carrie-Anne remportera un Empire Awards en 2000 pour le rôle), Trinity dépasse largement les frontières du film, et impose une nouvelle image de femme forte et une esthétique SM-punk dans l'inconscient collectif. Carrie-Anne devient aussitôt culte.

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Après cette incursion explosive au cinéma, l'actrice canadienne est de tous les projets les plus excitants (sur le papier tout au moins) et on la retrouvera au début des années 2000 dans Planète Rouge aux côtés de Val Kilmer, Tom Sizemore et Terence Stamp, Le Chocolat entre Johnny Depp, Juliette Binoche et Judi Dench, The Crew avec Richard Dreyfuss, Burt Reynolds et Jennifer Tilly, et surtout, Memento de Christopher Nolan avec Guy Pearce.

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Après un retour attendu en 2003 dans la combinaison seyante de Trinity pour Matrix Reloaded et Matrix Revolutions - qui déstabiliseront plus qu'autre chose les fans de la première heure -, Carrie-Anne semble se retrouver, à l'instar des scénarios de ces deux suites, dans le flou artistique le plus total, et la suite de sa carrière s'en ressentira aussitôt.
Elle enchaînera ainsi des thrillers sans originalité (Suspect Zero, Paranoïak), des films d'horreur sans saveur (Fido), des suites d'adaptations de jeux vidéos (Silent Hill : Révélation 3D), des drames psychologiques et sexy sans intérêt (Compulsion), et des films catastrophe pour cachetonner et exister un minimum (Pompéi), tout en multipliant les apparitions - et quelques rôles récurrents - dans des séries télé comme Chuck ou Crossing Lines.

Aujourd'hui, à 48 ans, Carrie-Anne, mariée à l'acteur Steven Roy depuis 1999 avec qui elle a deux fils (Jaden et Owen) et une fille (Frances Beatrice), vient de réussir son retour au premier plan en revenant à ses premières amours, la télévision. On l'a en effet vue sur Netflix dans l'une des réussites séries de l'année - Jessica Jones, produite par Marvel,au côté de Krysten Ritter (qui campera le rôle-titre) - et s'apprête à enchaîner avec Iron Fist avec la même bande.

Et comme la télévision semble être son nouveau terrain de jeu, elle ne verrait pas d'un mauvais oeil une adaptation série de la saga Matrix, comme elle l'a déclaré le mois dernier.

Carrie-Anne Moss : “Si les Wachowski font une série Matrix, je suis partante”

Trinity is back. Definitely.

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