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Germaine Krull_Petits maraudeurs -® Leclère Mdv
Germaine Krull_Vieux Port -® Leclère Mdv
Gilletta_1 -® Leclère Mdv
Gilletta_2 -® Leclère Mdv
Mailaender1 -® Leclère Mdv
Mailaender2 -® Leclère Mdv
Mailaender3 -® Leclère Mdv
Mailaender4 -® Leclère Mdv
WILLY RONIS_1963 -® Leclère Mdv
Adolphe TERRIS_Ouverture de la Rue Impériale, vue des chantiers prise du milieu de la Rue Montbrion - ® Leclère Mdv
EDOUARD BALDUS / Entree du port de Marseille - ® Leclère Mdv
Cartier Bresson -® Leclère Mdv

Marseille en photos de 1850 à 2013

Sur les pavés, les Petits Maraudeurs

L'Allemande <strong>Germaine Krull</strong> (1897-1985) fut une figure majeure pour l'avant-garde photographique européenne. À peine âgée de 30 ans, elle sera la première ? à partir de 1926 - à ramener des clichés du Pont Transbordeur de Marseille, un ouvrage de franchissement du Vieux-Port de Marseille, inauguré en 1905 et détruit en 1944. Ses images paraîtront dans l'ouvrage <em>Métal</em>, éminent manifeste de la modernité photographique. Tim Gidal, <strong>Roger Parry</strong> ou <strong>Man Ray</strong> se rendront eux aussi au c?ur de la ville, à la recherche de compositions graphiques inspirées par la structure métallique du Pont. Mais c'est la jeune Germaine Krull, véritable précurseur du photojournalisme qui rend grâce au peuple marseillais, au quotidien des travailleurs, classes prolétaires ou défavorisés. En 1929, la reporter humaniste livre au journal <em>Vuun</em> reportage réalisé dans les quartiers historiques de la ville à la rencontre des gens de la rue, comme ici de ces <em>Petits Maraudeurs</em>, photographiés en 1930.

Le Vieux Port, vu par la "Walkyrie de la pellicule"

La bohème munichoise, l'anarchie au côté d'un anarchiste russe, la répression, la vente sous le manteau de portraits de Lénine, les cercles dadas berlinois ou expressionnistes... Germaine Krull a traversé le 20ème siècle en femme libre et engagée. Surnommée la "Walkyrie de la pellicule", elle a dédié bon nombre de ses images aux gens de la rue. En 1935 paraît <em>Marseille</em>, incroyable recueil photographique sur la ville, préfacé par l'écrivain André Suarès. Humaniste, social, tourné vers le peuple, ce livre constitue un témoignage historique majeur. À l'instar de ce cliché intitulé "Vieux Port", saisi en 1930 alors qu'elle recueillait cette précieuse matière documentaire et ethnographique.

Gilletta, le photographe à tricycle

Né en 1857, Jean Gilletta inaugure son premier atelier en 1880 et fonde une maison d'édition de carte postales 7 ans plus tard. Au menu ? Nice, ses environs et l?arrière-pays. Ses clichés ont fait le tour du monde, l'homme est considéré comme le photographe originel de la Riviera. Sa patte ? patrimoniale et commerciale -, son esthétique simple et évidente, l'homme les a aussi égrenées à Marseille. Au c?ur de la Cité phocéenne, cet infatigable témoin capture et documente les quartiers et monuments de la Bourse, Cannebière, Notre-Dame de la Garde, Rue de la République, Joliette, les Îles du Frioul, le Prado ou la Préfecture... Explorateur invétéré de l'espace urbain, Jean Gilletta arpentait les villes sur son tricycle siglé De Dion-Bouton, conférant au photo reportage sudiste ses lettres de noblesses.

Gilletta, le photographe à tricycle (2)

La Cannebière

Thomas Mailaender et ses "Cathedral Cars"

Rappelle-toi : "<em>504 Break chargé, allez montez les neveux / Juste un instant que je mette sur le toit la grosse malle bleue / Nombreux comme une équipe de foot, voiture à ras du sol / On est les derniers locataires qui décollent.</em>" En 1999, Rim'k du 113 raconte l'exode d'été au départ de la banlieue de Paname via Marseille, pour des milliers de français dans "Tonton du Bled"... Artiste iconoclaste, <strong>Thomas Mailender</strong> aime revisiter ces gestes et petits événements sociologiques, en photographie. Dans la série <em>Cathedral Cars</em> - dont une partie est exposée à la Cité nationale de l'histoire de l'immigration -, il fait de ces entassements de bagages de véritables images pieuses, des "balises et amers de l'existence".Les quatre images présentées se nomment 03900-179-28, 011161-379-34, 37XQ06, 0357-398-36, conformément aux plaques d'immatriculation des véhicules. Véhicules qui fonctionnent comme autant de vecteurs d'un pays à un autre, des bagnoles qui conduisent leur passager à bon ? ou mauvais ? port.

Thomas Mailaender et ses "Cathedral Cars" (2)

Rappelle-toi : "<em>504 Break chargé, allez montez les neveux / Juste un instant que je mette sur le toit la grosse malle bleue / Nombreux comme une équipe de foot, voiture à ras du sol / On est les derniers locataires qui décollent.</em>" En 1999, Rim'k du 113 raconte l'exode d'été au départ de la banlieue de Paname via Marseille, pour des milliers de français dans "Tonton du Bled"... Artiste iconoclaste, <strong>Thomas Mailender</strong> aime revisiter ces gestes et petits événements sociologiques, en photographie. Dans la série <em>Cathedral Cars</em> - dont une partie est exposée à la Cité nationale de l'histoire de l'immigration -, il fait de ces entassements de bagages de véritables images pieuses, des "balises et amers de l'existence".Les quatre images présentées se nomment 03900-179-28, 011161-379-34, 37XQ06, 0357-398-36, conformément aux plaques d'immatriculation des véhicules. Véhicules qui fonctionnent comme autant de vecteurs d'un pays à un autre, des bagnoles qui conduisent leur passager à bon ? ou mauvais ? port.

Thomas Mailaender et ses "Cathedral Cars" (3)

Rappelle-toi : "<em>504 Break chargé, allez montez les neveux / Juste un instant que je mette sur le toit la grosse malle bleue / Nombreux comme une équipe de foot, voiture à ras du sol / On est les derniers locataires qui décollent.</em>" En 1999, Rim'k du 113 raconte l'exode d'été au départ de la banlieue de Paname via Marseille, pour des milliers de français dans "Tonton du Bled"... Artiste iconoclaste, <strong>Thomas Mailender</strong> aime revisiter ces gestes et petits événements sociologiques, en photographie. Dans la série <em>Cathedral Cars</em> - dont une partie est exposée à la Cité nationale de l'histoire de l'immigration -, il fait de ces entassements de bagages de véritables images pieuses, des "balises et amers de l'existence".Les quatre images présentées se nomment 03900-179-28, 011161-379-34, 37XQ06, 0357-398-36, conformément aux plaques d'immatriculation des véhicules. Véhicules qui fonctionnent comme autant de vecteurs d'un pays à un autre, des bagnoles qui conduisent leur passager à bon ? ou mauvais ? port.

Thomas Mailaender et ses "Cathedral Cars" (4)

Rappelle-toi : "<em>504 Break chargé, allez montez les neveux / Juste un instant que je mette sur le toit la grosse malle bleue / Nombreux comme une équipe de foot, voiture à ras du sol / On est les derniers locataires qui décollent.</em>" En 1999, Rim'k du 113 raconte l'exode d'été au départ de la banlieue de Paname via Marseille, pour des milliers de français dans "Tonton du Bled"... Artiste iconoclaste, <strong>Thomas Mailender</strong> aime revisiter ces gestes et petits événements sociologiques, en photographie. Dans la série <em>Cathedral Cars</em> - dont une partie est exposée à la Cité nationale de l'histoire de l'immigration -, il fait de ces entassements de bagages de véritables images pieuses, des "balises et amers de l'existence".Les quatre images présentées se nomment 03900-179-28, 011161-379-34, 37XQ06, 0357-398-36, conformément aux plaques d'immatriculation des véhicules. Véhicules qui fonctionnent comme autant de vecteurs d'un pays à un autre, des bagnoles qui conduisent leur passager à bon ? ou mauvais ? port.

Dessiner des contours identitaires à Marseille

Ambassadeur d'une photographie dite humaniste, le géant Ronis est présent dans l'exposition phocéenne à travers avec 12 photographies. Ici, sa représentation du <em>Vieux-Port</em> (1963) parle pour lui. On y retrouve dans le même cadre souci de la composition, vivacité de l'action, attention portée à la lumière. Un regard curieux et inspiré, qui dessine des contours identitaires à Marseille, ville sur le fil. Décédé à 99 ans, <strong>Willy Ronis</strong>, gardien de la photographie française a passé trois quarts de siècles à emmener son objectif à la rencontre des hommes, de leurs misères comme de leur joies : "<em>j'ai été partiellement mais sincèrement témoin de la vie contemporaine</em>", confiait l'homme, peu avant sa mort.

Adolphe Terris accroche Marseille au MoMA

Terris est né en 1820 à Aix-en-Provence. Ancien libraire, il s'initie rapidement à la photographie et signe un des premiers reportages au monde, dédié à la construction de l?église Saint Vincent de Paul. Alors que la majeur partie de ses collègues photographes exercent en studio, pour le compte de clients désireux se faire tirer le portrait, Adolphe Terris comprend rapidement l'intérêt d'emmener son dispositif photographique en dehors des ateliers cloisonnés, pour pratiquer en extérieur. Dans le courant des 1860, ce Marseillais devient rapidement le principal auteur d'une photographie documentaire, tendance inventaire historique. Dans une ville en pleine mutation, il est un des premiers à saisir les transformations urbaines du nouveau Marseille sous Napoléon III. Ici, avec une vue des chantiers prise du milieu de la rue Montbrion ? dans l'actuel quartier du Panier, capturée en juin 1863. Exceptionnel, ce fragment d'histoire est également exposé au MoMA (New-York).

Edouard Baldus tire le portrait du port de Marseille

En 1860, année à laquelle cette image a été saisie, la photographie n'a qu'une dizaine d'année. Pourtant, la discipline est en plein essor. La production des images d'alors n'est pas soumise aux <em>diktats</em> du numérique ou d'instagram : c'est l'état qui accompagne le développement de la photographie à travers de vastes campagnes de commandes publiques. Dirigée par un certain Prosper Mérimée, la commission des monuments historiques demande en 1951 à cinq photographes de saisir sur plaques une série de monuments. Une mission d'inventaire baptisée la Mission Héliographique, qui bombarde sur les routes de France une poignée d'ancêtres photojournalistes. Parmi eux, Edouard Baldus (1813-1889), envoyé alors en Provence, en profite pour capturer l'entrée du port de Marseille, photographié à partir du large. Historique.

Quand "l'œil du Siècle"shootait la pétanque phocéenne

Dans l'entre-deux guerre, les photographes allemands et français égrènent de nouvelles esthétiques. L'avant-garde photographique s'exprime alors dans des compositions autant influencées par l'industrieux mouvement du Bauhaus ainsi que des visions humanistes, occupées à documenter le quotidien du corps social. Sous l'objectif de cette école, les villes ? en particulier la Cité Phocéenne ? apparaissent sous leurs facettes cosmopolites, populaires souvent très pittoresques. <strong>Henri Cartier-Bresson</strong> (1908-2004) appartient définitivement à cette génération. Son premier Leica, le co-fondateur de la future agence Magnum, l'achète en 1932, à Marseille précisément. Moins de quatre plus tard, l'homme connu sous le pseudo "l'?il du Siècle" photographié une partie de boule au c?ur du vieux Marseille. La pétanque, le Panier : cliché, mais tellement vrai.

Le 12 octobre prochain, la Maison de vente Leclère propose une vente publique exceptionnelle (précédée de trois jours d'exposition) réunissant des clichés de Marseille couvrant trois siècles d'histoire de la cité phocéenne (de 1850 à 2013), pris par des grands noms de la photographie comme Willy Ronis, Henri Cartier-Bresson ou Edouard Baldus."On va épurer Marseille, qui en a bien besoin", annonçait le collaborationniste Pierre Laval, en janvier 1943. 60 piges plus tard, Claude Valette, délégué à l'urbanisme et adjoint au Maire Jean-Claude Gaudin, déclarait au Figaro : "il faut nous débarrasser de la moitié des habitants de la Ville. Le cœur de la ville mérite autre chose". Gaudin qui ajoutera que "Marseille bouge, c'est normal que cela provoque des inquiétudes. Si les privés rénovent, il faut aussi que les loyers soient plus chers. C'est ça la loi du marché".Avec ces mecs, la Cité Phocéenne n'a pas besoin d'ennemis. Pourtant, la vieille ville en compte quelques uns : pauvreté, désengagement et désintérêt de ses propres institutions, imaginaires colonisés... Aujourd'hui vidée de ses industries et de son port, Marseille contemple ses dernières cartouches sans trop quoi savoir en faire : le farniente, le soleil et les touristes. Il n'en a pas toujours été ainsi. Mi-octobre, la Maison de ventes Leclère propose un parcours photographique dans la ville et la Provence, de 1850 à 2013. Un accrochage entre ombres et lumières, mélancolie et colère. Sélection.Théophile PillaultInfos pratiques :Maison de ventes Leclere  5, rue Vincent Courdouan  13006 Marseille  Tél : 04 91 50 00 00 - Fax : 04 91 67 36 59Email : [email protected]Vente le 12 octobre 2013 à 14hExposition du 8 au 11 octobre, de 10h à 19h, et le 12 octobre de 10h à 12h.