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L’escroquerie dépasse 100 millions de dollars, assure le ministère de la justice américain.

Ironie du sort, Le Loup de Wall Street, qui s’intéressait à l’ascension de financiers avides et sans scrupules, a été financé par de l’argent détourné. Après plus de deux ans d’enquête, le ministère de la justice américain a donné son verdict cette semaine concernant une arnaque à grande échelle qui implique la production du film de Martin Scorsese ayant pour star Leonardo DiCaprio. Acclamé à sa sortie fin 2013, il avait reçu 5 nominations aux Oscars et récolté près de 400 millions de dollars sur la planète.

 

3,5 milliards de dollars en jeu
En 2014, le ministère ouvrait une enquête sur un blanchiment d’argent potentiellement gigantesque : 3,5 milliards de dollars auraient été détournés du fonds 1 Malaysia Development Berhad (1MDB, attention à ne pas confondre avec le site de cinéma de référence), créé en 2009 et présidé par le Premier ministre malaisien Najib Razak. Via des sociétés écrans, plusieurs personnalités proches du pouvoir auraient empoché de grosses sommes, notamment Riza Aziz, le beau-fils du Premier ministre, à travers son studio Red Granite Production, qui a co-produit Le Loup de Wall Street. Elles se sont alors offert des villas de luxe aux Etats-Unis, des tableaux de Van Gogh et Monet hors de prix ou encore un jet privé estimé à 35 millions de billets verts.

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100 millions de dollars d’argent sale pour Le Loup de Wall Street  
L’intéressé aurait en tout empoché 238 millions de dollars en faisant transiter de l’argent de 1MDB à sa firme. Et les 100 millions déboursés par Red Granite en 2013 pour financer Le Loup de Wall Street viennent directement de ces fonds douteux, estiment les autorités américaines. "Bien sûr, la population malaisienne n'a pas perçu un centime des bénéfices réalisés par ce film", s’énerve Leslie Caldwell, la ministre adjointe de la justice. "Cet argent est allé dans les poches des parents et associés des responsables corrompus de 1MDB". Elle compte bien réparer le tir et a précisé que pour rembourser ces détournements, la justice allait saisir les futurs revenus générés par le film (c’est trop tard pour ses recettes au cinéma, mais il continuera de se vendre en DVD et en VOD).

Le porte-parole du studio a assuré que "le financement du Loup de Wall Street n’avait rien d’illégitime". Le scandale bat son plein. Le Premier ministre malaisien n’est en revanche pas nommé dans la plainte américaine. Pour l’instant ? En tout cas, le rapport du ministère de la Justice précise qu’il s’agit du cas de remboursement d’argent détourné le plus important de son histoire…

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