La nuit venue
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Plongée nocturne et dangereuse dans les rues de Paris en compagnie de deux amants en quête de sentiments et d’apaisement. Inégal mais troublant.

Alors que sa sortie était initialement prévue le 1er avril, La Nuit venue était présenté dimanche dans le cadre du Champs-Elysées Film Festival, qui se tient du 9 au 16 juin, avant d'arriver en salles le 15 juillet. Notre critique. 

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Paris, la nuit est un cliché cinéphile. Il n’est bien sûr pas interdit de se plonger dedans à défaut de s’y vautrer à pieds joints. Frédéric Farrucci, dont c’est le premier long métrage, évite la redondance en s’intéressant à des personnages inédits dans le cinéma français. Soit ici, Jin, un chauffeur de VTC d’origine chinoise, pris au piège d’un réseau mafieux qui scrute ses moindres faits et gestes au volant de sa voiture et lui interdit toute errance. Ce monde invisible avec ses codes ultra-violents faits d’intimidation, de dépendance économique et physique, où l’intimité est forcément bafouée, possède une force documentaire évidente. Le cinéaste en a parfaitement conscience mais préfère habiller son récit de tous les atours du film noir : ballet de berlines rutilantes, festival de tronches patibulaires, boîtes de nuit plongée dans une brume de néons... La femme fatale ne va d’ailleurs pas tarder. Et Jin (Guang Huo) va croiser dans son rétroviseur le regard de Naomi (Camélia Jordana), une jeune strip-teaseuse. L’amour, on l’aura compris, est condamné d’avance. Ces amants de la nuit, prisonniers de leur condition respective, n’ont pas d’autre choix que de fuir. Quitter la nuit pour le jour en somme.

Dans ce film, les mots ont moins d’importance que la musique et c’est par des nappes électroniques signées du compositeur Rone que le courant passe. Cette Nuit venue semble tout entière captive d’une forme de langueur trop étudiée. Elle parvient toutefois à s’en extraire à mesure que l’intimité blessée de ses héros prend le pas sur le décorum qui les entoure.

La Nuit venue, de Frédéric Farrucci, avec Guang Huo, Camélia Jordana, Xun Liang... au cinéma le 15 juillet. 


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