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The Dark Knight Rises était, jusqu'à ce matin, le film le plus attendu de l'année. Mais la fusillade qui a fait 14 morts et des dizaines de blessés lors de l'avait-première du film de Nolan dans le Colorado pourrait refroidir le public. Jusqu'à quel point ?Alors que Warner a décidé d'annuler l'avant-première parisienne de ce soir, la presse américaine s'interroge sur les retombées de la tuerie. Les spectateurs vont-ils avoir peur d'aller voir le film, qui sort aujourd'hui aux Etats-Unis ? L'idée de s'enfermer dans une salle obscure, pour assister au même spectacle que celui devant lequel étaient assises les victimes de la fusillade peut paraître macabre. On a beau ne pas connaître les motivations du tueur, le cadre de son forfait ne peut que l'associer directement au film dans l'esprit du public. Un film qui, de surcroît, parle aussi de terrorisme. Un tel événement peut-il faire renoncer le public à aller voir le film qu'il attendait tant ?Si ce n'est pas le cas, les dispositifs de sécurité qui seront immanquablement mis en place dans les cinémas compliqueront de toutes façons les choses. Installer des détecteurs de métaux à l'entrée des salles par exemple pourrait créer un bordel monstre et des queues interminables, et augmenter par là-même les risques sécuritaires. Mais ne prévoir aucun dispositif de contrôle apparaîtrait comme irresponsable. De même, va-t-il falloir interdire les déguisements ? Beaucoup de fans ont l'habitude de sortir leurs panoplies de costumes, et en l'occurrence le tueur portait un casque anti-émeute et un gilet pare-balle... rappelant la tenue de Bane.Un week-end de crise démarre donc outre-Atlantique, où l'obsession des chiffres - on annonçait le plus gros démarrage de tous les temps - ou de l'accueil public et critique - on se demandait ce matin si on pouvait encore critiquer The Dark Knight Rises - paraît désormais bien secondaire.