Harry Potter et les reliques de la mort - partie 2
Warner Bros

Le dernier film de la saga revient ce soir sur TF1.

   La première chaîne boucle son cycle Harry Potter à 21h.Voici la critique publiée dans Première en juillet 2011, lors de sa sortie au cinéma.

Bye bye Harry. Le dernier tour de piste d’Harry Potter est un film qui réussit à mêler le spectaculaire et l’intime. Une très belle fin !  

Nous y sommes ! At last ! L’épisode que tous les fans attendent. LE film qui clôt l’une des sagas les plus importantes du cinéma (par sa durée, son box office, son impact dans la pop culture...). Après 10 ans, 8 films, 4 réalisateurs et plus de 6 milliards de dollars de recettes, tout s’achève ! En 2h10. Et ? C’est impressionnant.

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Pour ceux qui n’auraient pas suivi, on rappellera que, dans ce dernier épisode, Harry doit retrouver les 4 derniers Horcruxes (des objets où sont cachés des bouts de l’âme de Voldemort) et les détruire. L’un de ces macguffin (that’s what it is) est à Poudlard et notre héros va donc devoir affronter sa nemesis dans la cour de l’école. Ca va saigner !  On le sait depuis maintenant plus d’un an : David Yates - le réalisateur - et David Heymann - le producteur - ont promis du spectaculaire, de l’action et une bonne dose de noirceur pour ce dernier épisode. La bataille de Poudlard devait être impressionnante, définitive, épique. Elle l’est. Les effets sont stupéfiants, les décors d’une beauté morbide et les créatures (Mangemorts, Géants de pierres ou de sang, dragons), du plus bel effet. Les scènes d’action sont non seulement spectaculaires, mais surtout parfaitement lisibles : le pari est donc réussi pour David Yates qui devait finir la saga sur une note musclée et mettre au tapis les précédents mètres-étalon de superproduction numérique (pensez Star Wars et la bataille des Clones, Le Seigneur des anneaux et la bataille d’Isengard). Mais...

HP7 P2 est finalement plus que ça. L’avant-dernier épisode avait joué la carte de l’intime, préférant se concentrer sur la performance du trio et proposant avant la (vraie) fin un climax plus doux - le calme avant la tempête. Le 7 bis devait du coup être tout entier tendu vers son dénouement, privilégier le bruit, la fureur. Avancer coûte que coûte sans jamais s’arrêter ou plier devant les affres de ses personnages. Pas de quartier ! pensait-on. Ce qu’on n’imaginait pas, ce qu’on ne pouvait pas prévoir, c’était à quel point Yates réussirait justement à mêler le grandiose à l’intime; l’épique à l’émotion.

Deux scènes prouvent cette maestria : le flashback de Rogue, parenthèse émouvante (déchirante, agreste, lumineuse - rayez la mention inutile) au coeur d’un récit d’une noirceur absolue. La photo somptueuse - chaude et chatoyante (oui, oui, même en 3D) -, la subtilité de la construction (entre onirisme et fantasme, le spectateur est noyé sous les nuances du souvenir) ainsi que la performance de l’incroyable Alan Rickman (et si c’était lui le meilleur acteur de la saga - voire, carrément, sa botte secrète ?) : toute la puissance de la saga tient dans cette scène de 5 minutes, qui fonctionne comme un incroyable ride émotionnel.
Un peu plus loin, et de la même manière, lorsque Neville Londubat se rebelle contre Voldemort, le face à face est d’une intensité et d’une noblesse qui réussit à en dire long sur les enjeux et les personnages... En quelques plans, on saisit ce qui était vraiment l’enjeu de la saga et ce que David Yates a réussi à accomplir comme aucun autre (à l’exception d’Alfonso Cuaron). Car ces deux scènes mettent le doigt sur ce qui fait la réussite de la saga. Avoir su capter la puissance de l’univers potterien, la violence des enjeux, tout en ne sacrifiant jamais les personnages et leurs émotions ! Saisir la vérité de l’enfance tout en l’inscrivant dans un environnement d’heroic fantasy impresionnant.

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Evidemment, le trio assure (surtout Radcliffe qui montre ici tout ce qu’il a dans le ventre). Mais tous, de Ralph Fiennes à Helena Bonham-Carter en passant par Warwick Davis sont formidables. On regrettera que quelques personnages n’aient pas l’importance qu’ils ont dans le roman, ou que certaines scènes aient dû être sacrifiées. Ou bien encore l’épilogue, pas plus nécessaire (et mieux amené) que dans le livre. Mais comme fin de saga, et comme pur objet de cinéma, Harry Potter et les reliques de la mort s’impose comme une vraie réussite. Ouf ? 
Par Pierre Lunn.

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