3 Billboards, La surface de réparation, Last Flag Flying : les films au cinéma cette semaine

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Ce qu’il faut voir cette semaine.

L’ÉVENEMENT

3 BILLBOARDS, LES PANNEAUX DE LA VENGEANCE ★★★★☆ 
D’Alexander Payne

L’essentiel
Une fable tragi-comique entêtante qui confirme les espoirs placés en Martin McDonagh après Bons Baisers de Bruges.

Le réalisateur Martin McDonagh est-il la meilleure porte d’entrée dans une critique dithyrambique de 3 Billboards : les panneaux de la vengeance ? Pour appâter le chaland, on ferait peut-être bien de vous prévenir que Frances McDormand trouve dans ce film son plus beau rôle depuis Fargo ». Ou que Sam Rockwell, l’éternel second couteau azymuté du cinéma US, y livre la performance de sa vie. Ou encore que Woody Harrelson va vous faire pleurer toutes les larmes de votre corps grâce à une scène, une seule, à classer immédiatement parmi les plus belles de toute sa filmo.
Frédéric Foubert

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PREMIÈRE A ADORÉ

LA SURFACE DE RÉPARATION ★★★★☆
De Christophe Regin

Convaincu que les meilleures oeuvres sur le football préfèrent montrer l’envers du décor plutôt que glorifier les buts d’anthologie, Christophe Regin suit les pas de Franck, ex-espoir du centre de formation du F.C. Nantes ayant échoué à devenir joueur professionnel et vivotant depuis dans l’ombre du club. Soit un authentique antihéros, réduit à exécuter pour la direction de basses besognes (comme espionner les joueurs à la sortie des boîtes de nuit) sans jouir d’aucun statut officiel.
Damien Leblanc

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LAST FLAG FLYING ★★★★☆
De Richard Linklater

2003. De la guerre du Vietnam au conflit irakien, rien n’a changé. D’un bourbier à l’autre, persistent les mêmes douleurs, les mêmes mensonges, les mêmes camaraderies viriles. Eternels recommencements. Last Flag Flying se pose d’abord en regard sur les séquelles guerrières. En plus de la pluie, tout le poids du monde semble s’abattre sur les frêles épaules de Larry Sheperd. Veuf depuis peu, « Doc » (Steve Carell) vient de perdre son fils en Irak. Alors que le corps du soldat de 21 ans est sur le point d’être rapatrié aux Etats-Unis, l’ancien médecin de la Navy décide de prendre son courage à deux mains, et d’aller demander à deux amis vétérans du Vietnam de l’accompagner aux funérailles.
Éric Vernay

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THE LAST FAMILY ★★★★☆
De Jan P. Matuszynski

Trente ans dans la vie de Zdzisław Beksiński, peintre surréaliste polonais dont les visions d’enfer feraient passer H. R. Giger pour un enfant de chœur, reclus notoire et filmeur compulsif, qui n’assista jamais à ses vernissages et fut assassiné à coups de couteaux... Il y avait là matière à un biopic pépère révélant l’homme derrière l’artiste, l’époque à travers l’œuvre et le sens caché des monstres qui habitent ses toiles. Autant d’angles porteurs que Matuszynski a radicalement ignoré pour son premier long-métrage. En partageant son attention entre Zdzisław, son épouse Zofia et leur fils Tomasz, il cherche un nouvel espace entre vérité documentaire et abstraction fictionnelle. Comblant les trous entre les images amassées par le peintre, il capte, dans des intérieurs étroits et détaillés, la circulation des énergies entre ces êtres aussi unis qu’isolés, solidaires mais toujours coiffés d’un voile invisible. Dans cette « dernière famille », la fatalité de la mort est la seule donnée stable, et la vie, un courant qu’on doit suivre jusqu’au précipice, certains « assis sur un fauteuil », d’autres « sur un cactus » (métaphore énoncée dans le film, qui ne manque pas d’humour cinglant). Entre Zdzisław l’impassible qui observe sa vie à travers un objectif, Tomasz le torturé qui ne trouve de répit que dans la pop music, et Zofia qui se cache et s’efface peu à peu, ce sont autant de manières de « faire avec » la mort qu’interroge The Last Family. D’une rigueur formelle rare, hypnotique et anti-sentimentale, ce faux biopic invoque le vertige existentiel là où d’autres tricotent des notices Wikipédia.
Michaël Patin

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PREMIÈRE A AIMÉ

LE RIRE DE MA MÈRE ★★★☆☆
De Colombe Savignac et Pascal Ralite

Marie est belle et exubérante –Suzanne Clément dans son élément. Son fils Adrien, préado tourmenté, parle peu, sauf à cette mère entière qui occupe tout l’espace. Le père, Romain, a refait sa vie avec une peintre taiseuse. Présent, les pieds sur terre, il a du mal à communiquer avec ce garçon que la nouvelle de la maladie de Marie va pousser à embrasser la vie. À la façon de Noémie Lvovsky dans Demain et tous les autres jours, Colombe Savignac et Pascal Ralite adopte le point de vue de l’enfant confronté au désordre, mental ou physique, d’une maman condamnée à lâcher prise. Avec une rare justesse, et malgré quelques béquilles scénaristiques éculées (les scènes de piscine purificatrices, l’art comme facteur d’épanouissement personnel), ils parviennent à capter ce terrible flottement existentiel s’intercalant entre les intenses moments de vie et la mort qui rôde, et qui s’accompagne d’une redistribution des cartes affectives : il va s’agir pour Adrien d’entamer une véritable relation avec son père et de tisser avec sa belle-mère des liens nouveaux et durables. D’une facture solide et évitant le piège de la joliesse, Le Rire de ma mère fait exister les personnages dans toute leur complexité -certains en une scène, comme les parents à cran de Marie. On en retient les performances de Pascal Demolon, bouleversant en père maladroit et ex bienveillant, et de Sabrina Seyvecou, qui donne une épaisseur inattendue au rôle ingrat de la belle-mère rivale.
Christophe Narbonne

ENQUÊTE AU PARADIS ★★★☆☆
De Merzak Allouache

Son film le plus connu est bien évidemment Chouchou avec Gad Elmaleh. Mais depuis ses débuts dans les années 70 et en parallèle de ses comédies, Merzak Allouache s’emploie à scruter les maux violents qui secouent son pays natal, l’Algérie, à travers des fictions (le remarquable Le repenti…) et des documentaires. C’est ce dernier format qu’a choisi ici le cinéaste pour parler des singulières représentations du paradis véhiculées via la toile par la propagande islamiste et les prédicateurs salafistes du Maghreb comme du Moyen- Orient. Et pour cela, il suit les pas d’une jeune journaliste d’investigation algérienne qui mène l’enquête auprès des principaux concernés pour tenter de les confronter au tissu d’énormités qu’ils balancent avec le plus grand sérieux pour semer la terreur. Instructif, non dénué d’humour, Enquête au Paradis raconte aussi la difficulté pour une journaliste femme d’être reçue et prise au sérieux sans la présence d’un homme à ses côtés. Le tout sans facilité démonstrative ni voix off scolaire. Le sujet est tellement vaste que les 2h15 paraissent à la fois bien courtes et un peu longues. Tant, en l’état, le film donne l’impression de pouvoir tenir en 1h30 ou au contraire se décliner en une série de plusieurs heures. Mais ce défaut de construction pèse peu face à ce qui est montré et dit par des interlocuteurs tellement dans leur monde qu’ils paraissent finir par croire dur comme fer à leurs propres mensonges bellicistes et meurtriers.
Thierry Cheze

LA JUSTE ROUTE ★★★☆☆
De Ferenc Török

Il y a d’abord ce noir et blanc un poil factice qui fait craindre une esthétique purement décorative. Et puis à la façon de Michael Haneke et de son Ruban Blanc - film lui-aussi circonscrit aux seuls contours d’un petit village en marge de l’Histoire -, cette imagerie induit vite une étrangeté et une pesanteur qui finissent par étreindre le spectateur. Nous sommes en 1945, dans un petit bourg au cœur de la Hongrie. La Seconde Guerre Mondiale vient de se terminer. Un mariage s’apprête à être célébré. Et puis, tels des fantômes sortis de nulle part, deux hommes entreprennent une lente marche vers le village. Qui sont ces figures muettes dont le regard indique tout à la fois souffrance et gravité ? Les habitants s’agitent, s’affolent et s’organisent. Tout le monde les a reconnus : « Ce sont des juifs déportés qui viennent récupérer leurs biens. » Face au silence des victimes, à leur dignité écrasante, la tension monte. Certains (un peu) culpabilisent, d’autres (beaucoup) paniquent. Un monde est sur le point de vaciller. La caméra du hongrois Ferenc Török ausculte ces rapports de force à l’aide d’une mise en scène sobre mais efficace. Sa caméra sait garder ses distances avec ce qui se joue et ne cherche jamais à battre la mesure de ces protagonistes déboussolés.  Elle préfère au contraire les enfermer dans ses propres cadres implacables de précision au sein desquels ils butent sans cesse. Au centre de cette agitation, l’acteur Peter Rudolf - en ordure accomplie – propose une composition déconcertante de cruauté.  A noter que la Hongrie est aujourd’hui encore, un des pays européens les plus en retard dans la restitution des biens spoliés durant la Seconde Guerre Mondiale.
Thomas Baurez

L’ENFANT DE GOA ★★★☆☆
De Miransha Naik

L’envers des paradis touristiques lointains n’est souvent pas joli-joli. Miransha Naik montre celui de Goa, station balnéaire prisée aux abords de laquelle affluent de toute l’Inde des déshérités en mode survie. Considérés par les locaux comme des immigrés corvéables à merci, ils sont entassés dans des bidonvilles placés sous la coupe de marchands de sommeil violents et sans scrupules. Juze est l’un de ceux-là qu’un ado rebelle, Santosh, va défier au péril de sa vie. Avec un réalisme cru (le film montre sans filtres que l’exploitation des pauvres est aussi sexuel), Naik propose une vision terrible de la société indienne, enferrée dans des problématiques d’un autre âge, corrompue jusqu’à la moelle, structurellement incapable de protéger les plus démunis.
Christophe Narbonne

PREMIÈRE A MOYENNEMENT AIMÉ

AMI-AMI ★★☆☆☆
De Victor Saint-Macary

Après une rupture douloureuse, Vincent décide de renoncer pour un temps à toute velléité de vie en couple et de s’installer avec sa meilleure amie, Néféli jeune avocate bien secouée. Tout va pour le mieux dans le meilleur de leurs mondes avec comme perspective à court terme un feu d’artifice d’histoires sans lendemain. Sauf que Vincent tombe réellement amoureux et n’ose pas l’avouer à sa coloc’. Débute alors un festival de trouvailles rocambolesques à souhait pour ne pas se faire gauler. Pas désagréables à regarder… à un détail près. Et de taille. On ne comprend pas dans l’écriture des personnages et de leur relation pourquoi Vincent ment à Néféli. Le cinéma et la comédie romantique ne sont certes jamais jugés à l’aune du seul réalisme. Mais là (paresse au scénario ? simplification au montage ?), c’est sa colonne vertébrale que perd quasiment d’emblée Ami-ami, réduit alors à n’être qu’une succession de sketchs d’ailleurs plutôt réussis mais auxquels manque l’essentiel : l’empathie pour les personnages et ce qu’ils vivent. Dommage pour le tandem savoureux, William Lebghil et Margot Bancilhon.
Thierry Cheze

TROIS SILENCES ★★☆☆☆
D’Alain-Julien Bellaïche, Diana Rudychenko, Nikolaus Roche-Kresse

Trois silences rassemble deux courts-métrages et un moyen-métrage liés par un thème : le silence. Si les deux premiers films répondent parfaitement à la problématique, ce n’est pas le cas du dernier -sauf si l’on prend le mot « silence » au premier degré. Entre longueurs et fausses révélations le scénario de Chani est bancal. A l’inverse, Yushka est une véritable immersion. C’est comme si la réalisatrice avait posé sa caméra et l’avait laissée tourner, laissant le public en témoin impuissant de la vie d’un homme. Concernant l’Automne de Zao, c’est le plus joli des trois films. Il retranscrit avec une vision d’enfant la maladie sans être aussi triste qu’il en a l’air.
Alexandre Bernard

PREMIÈRE N’A PAS AIMÉ

IN THE FADE ★☆☆☆☆
De Fatih Akin

« Né » à Berlin en 2004 avec Head-On (Ours d’Or), confirmé à Cannes en 2007 avec De l’autre côté (Prix de la Mise en Scène), célébré à Venise en 2009 avec Soul Kitchen (Grand Prix du Jury), Fatih Akin est ce qu’on appelle péjorativement un « cinéaste de festival », c’est-à-dire un grand auteur qui pense le monde d’un point de vue singulier. Avec ce portrait d’une veuve réclamant justice après l’attentat terroriste ayant coûté la vie à son mari d’origine turque et à leur enfant, le réalisateur allemand fait dans la démonstration pataude.
Christophe Narbonne

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