Kamini
Mars Films

Son biopic, Bienvenue à Marly-Gomont, sera diffusé ce week-end sur TF1.

Etre noir et vivre dans un village picard de 445 habitants ; être campagnard et faire du rap : voilà les paradoxes exposés par Kamini dans son tube humoristique "Marly-Gomont", sorti en 2006. Si le succès a été au rendez-vous, dix ans plus tard, le rappeur de campagne était tombé dans l'oubli. Enfin, c'est ce qu'on s'imaginait, jusqu'à ce que son histoire soit portée au cinéma dans Bienvenue à Marly-Gomont, qui sera diffusé pour la première fois en clair dimanche soir sur TF1.

La bande-annonce de Bienvenue à Marly-Gomont de Julien Rambaldi :

 

Alors, qu'est devenu Kamini ?

Né le 8 décembre 1979 au Nouvion-en-Thiérache, Kamini Zantoko pour l'état civil est le fils d'un médecin généraliste qui a quitté la République du Congo pour s'installer à Marly-Gomont, petit village perdu dans l'Aisne.

C'est cette histoire que celui qui se fait appeler Kamini raconte dans "Marly-Gomont". Le titre humoristique dans lequel il rappe sa vie dans un village où personne n'a jamais vu de Noir, ne convainc pas les maisons de disques. Mais rapidement, "Marly-Gomont" fait le tour du Web et Kamini s'impose comme un des premiers buzz de l'ère 2.0. Quelques mois plus tard, il est sacré aux Victoires de la Musique pour le clip du son dans lequel il déclame "J'viens pas d'la cité, Mais le beat est bon, J'viens pas d'Paname, Mais d'Marly Gaumont".

Bande-annonce Bienvenue à Marly-Gomont : la dure installation de Kamini en France

 

Malgré son disque de platine et ses 20 millions de vues sur YouTube, le rappeur au T-shirt jaune poussin ne parvient pas à percer dans la musique. Quelques tentatives de singles - "J'suis blanc", "Un Ptit Coup De Motherfuck", "Parce qu'on est cons" - et voilà le rappeur rural tombé aux oubliettes.

Mais Kamini n'a jamais cessé d'y croire.

Après avoir animé des émissions de télévision locale et participé à des projets de doublage, celui qui confiait à PureCharts que "Marly-Gomont lui avait rapporté beaucoup d'argent" qu'il avait "investi dans l'immobilier" a pris le temps de plancher sur un one-man-show et de se rôder en faisant le tour de France des restos U.

 

Son gros projet est au cinéma, avec Bienvenue à Marly-Gomont, qui a intrigué plus de 500 000 spectateurs au cinéma il y a deux ans. Dans cette comédie douce-amère, dont il est co-scénariste, Kamini rend hommage à son père, décédé dans un accident de voiture en 2009. Bienvenue à Marly-Gomont raconte l'histoire de Seyolo Zantoko, médecin congolais qui quitte Kinshasa pour s'installer dans un désert médical du Nord de la France, se retrouvant confronté au racisme et la méfiance des villageois, dont il doit gagner la confiance. Le père de Kamini est joué par Marc Zinga (Qu'Allah bénisse la France, 007 Spectre), et c'est Aïssa Maïga qui incarne sa mère. Kamini fait la voix-off du film qu'il a vendu en 2012 lors du Marché du Film de Cannes et qu'il présente comme ''l'histoire d'amour entre deux cultures différentes, un village et une famille, un village et son médecin".

 

Bienvenue à Marly-Gomont
Mars Films
Bienvenue à Marly-Gomont : l'étonnante carrière de Marc Zinga, de Dheepan à James Bond

Depuis la sortie du film, Kamini a ressorti un morceau, en juin dernier, intitulé "Eul'Vraie France". Parodiant le style trap à la mode autant en France (PNL, MHD), il propose un nouveau titre sur la France rurale, plus amère que Marly-Gomont. Extrait : "Pas de boîte branchée ? Eul'Vraie France ! Peur des étrangers ? Eul'Vraie France ! Front National en tête ? Eul'Vraie France ! Bienvenue dans le monde rural, où il se passe que dalle .On parle de ton bled que si y a un scandale, un crime brutal qui frôle la démence."