Nom de naissance Boyer
Genre Homme
Profession(s) Dramaturge
Avis

Biographie

Claude Boyer naît en 1618 à Albi dans une famille de notables et dans un contexte difficile du fait des guerres incessantes qui minaient la plupart des provinces. Il a marqué le théâtre de la lourde tâche qu’il s’est assigné, celle de concilier l’art dramatique et la religion.Claude Boyer suit une instruction catholique des plus poussées, au sein de la Compagnie de Jésus, fondée près d’un siècle auparavant. Fort de son grade de bachelier en théologie, il est introduit alors qu’il n’a que vingt-quatre ans auprès du Conseil privé du Roi, en qualité de député pour les affaires diocésaines. Claude Boyer s’illustre alors par son éloquence et son aisance à la plume, si bien qu’il parvient à intégrer les milieux littéraires mondains des salons où se côtoient artistes, intellectuels et gens de la haute bourgeoisie. Il devient un assidu de l’un de ces salons, l’Hôtel de Rambouillet.C’est dans ces rencontres que Boyer trouve l’inspiration de ses premiers poèmes et tragédies. Il dédie en 1646 sa première pièce, La porcie romaine, à la maîtresse des lieux, la belle et cultivée Marquise Catherine de Rambouillet (fille de Jean de Vivonne, marquis de Pisani). Arthénice, anagramme du prénom de la marquise, avait fait de son salon le rendez-vous incontournable des lettrés et des bien nés. Les moqueries étant inévitables pour ces endroits qui se voulaient très éclectiques et qui voyaient se côtoyer des genres très divers, Molière fit de ce salon l’objet de la plus célèbre d’entre elles dans une pièce de théâtre Les Précieuses Ridicules.Claude Boyer, comme la plupart des habitués de l’Hôtel de Rambouillet, devint la cible des attaques acerbes de ses rivaux contemporains, à l’image de Nicolas Boileau et de Jean Racine, mais aussi d’historiens littéraires et de critiques qui lui sont postérieurs, parmi lesquels Antoine de Léris : « Pendant cinquante ans, il travailla pour le Théâtre, sans que la médiocrité du succès l’ait jamais rebuté. »On lui reprochait aussi ce grand écart entre la scène et l’Eglise, à une période où cette dernière était particulièrement puissante, et pour ne rien arranger, les adversaires de Claude Boyer se servirent de sa réputation d’infatigable séducteur pour alimenter leurs railleries à son encontre.Malgré tout, il est incontestable qu’il a pu se faire un nom aussi bien au sein de l’Eglise catholique que dans le théâtre du XVIIème siècle. Sa mort le 22 juillet 1698 à Paris, met fin à une production prolifique de près d’une trentaine de pièces de théâtres dont La mort de Démétrius, ou le rétablissement d’Alexandre, roy d’Epire, Policrate, Les Amours de Jupiter et de Sémélé, Méduse mais aussi de poèmes. Claude Boyer est un Immortel de la littérature depuis son élection à l’Académie française en 1666.