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On vous aide à faire votre choix, parmi les nouveaux dramas proposés cet automne.

Depuis quelques jours, les grandes chaînes américaines dévoilent une à une leurs nouveautés, pour la saison 2016-2017. Et cet automne, il y a de la quantité, mais aussi de la qualité. Alors comment faire son choix ? Après avoir passé en revue les comédies, voici notre sélection des nouveaux dramas à découvrir en cette rentrée.

La plus palpitante : DESIGNATED SURVIVOR

Le retour de Kiefer Sutherland était attendu au tournant. Et il n'a pas déçu. Deux ans après avoir raccroché le gun de Jack Bauer, l'acteur britannique se met cette fois dans le costume du Président des Etats-Unis. Tout commence le jour du Discours sur l'État de l'Union. Tom Kirkland (Sutherland) est un simple secrétaire d'Etat à l'urbanisme, qui va se faire virer, parce qu'il souhaite mettre en place une politique engagée, pour les logements sociaux. Sauf que durant son grand discours, le Président, ainsi que le Vice-Président, les ministres, les Sénateurs et les Députés américains sont tous tués, au cours d'une gigantesque explosion, qui souffle le Capitole. Resté en retrait comme "Designated Survivor" (comprenez celui qui assurera la continuité de l'exécutif, si tout le monde meurt), Kirkland se retrouve tout à coup propulsé Président des USA. Le voilà brutalement soumis à une pression phénoménale, d'autant que l'Amérique se doit de réagir, après cet attentat sans précédent...

On en pense quoi ?
Producteur d'Esprits Criminels et Quantico, Mark Gordon s'associe cette fois au scénariste des derniers X-Men, Simon Kinberg, pour sortir cette nouvelle grosse série à suspense, quelque part entre Homeland, À la maison blanche, et 24 Heures chrono. Tout est assez prévisible et semble un peu déjà vu. Mais là n'est pas vraiment la question. Designated Survivor a l'art et la manière de faire grimper la tension, comme peu de dramas savent encore le faire aujourd'hui. De la première à la dernière minute, on se laisse emporter par une excitation frénétique terriblement jouissive, parfaitement mise en valeur par la mise en scène ultra-nerveuse de Paul McGuigan (habituellement réalisateur principal de Sherlock). Le charisme naturel d'un Kiefer Sutherland plus séduisant que jamais, fait le reste.

Diffusée chaque mercredi soir, sur ABC. En France sur Netflix.

La plus émouvante : THIS IS US

C'est l'un des phénomènes de la rentrée, aux États-Unis. Personne ne l'avait vraiment venir et pourtant, This is Us pourrait bien être le gros carton de la saison 2016-2017. Ce drama à l'ancienne raconte l'histoire de plusieurs individus, dont certains partagent la même date de naissance. Il y a un couple qui s'apprête à accueillir un heureux événement. Un acteur de sitcom qui déteste son travail, très proche de sa sœur en surpoids, mal dans sa peau. Et aussi un riche financier afro-américain, qui retrouve son père biologique, qui l'avait abandonné le jour de sa naissance, dans une caserne de pompiers...

On en pense quoi ?
Scénariste chez Disney, mais aussi du génial Crazy, Stupid, Love (2011), Dan Fogelman a un talent certain pour construire des personnages attachants. Et cette fois encore, il fait mouche. Dans la veine de la très belle série familiale Parenthood, son This is Us joue admirablement avec notre corde sensible, en n'ayant jamais honte de faire dans le mélo. D'accord, tout ça est un peu "cheesy", mais la série ne glisse jamais vers le soap bon marché. Il se dégagerait même plutôt de ce pilote une émotion sincère et charmante. Et ce n'est pas tout : l'épisode recèle un étonnant twist final, qui fonctionne à la perfection et qui offre tout à coup un regard totalement neuf sur la série. On ne vous en dira pas plus...

Diffusée chaque mardi soir, sur NBC.

La plus inattendue : THE EXORCIST

On ne va pas se mentir : les adaptations de films en séries donnent rarement de grands chefs-d'oeuvre. Alors cette version de L'Exorciste pour la Fox a quelque chose d'une bonne surprise. L'histoire se déroule du côté de Chicago. Une femme d'affaire, Angela Rance, constate des phénomènes inquiétants, alors que sa fille aînée, rentrée de la Fac suite à un accident, semble étrangement renfermée. Est-elle possédée ? Très pieuse, Angela s'interroge et va faire appel au jeune prêtre de sa paroisse pour la conseiller. Mais ce dernier se retrouve démuni face au Mal qu'il rencontre pour la première fois. C'est alors que lui apparaît en rêve le Père Marcus, un exorciste aguerri, qui combat le Démon aux quatre coins du Monde...

On en pense quoi ?
Réalisateur de La Planète des singes : Les Origines, Rupert Wyatt est aux commandes de ce pilote. Et bonne pioche, il réussit à tirer le meilleur de l'histoire créée par William Peter Blatty en 1973 et qui a inspiré le film culte. Ne vous méprenez pas : hormis quelques petits clins d’œils dans la photographie ou quelques notes de piano ici et là, cette série n'a pas grand chose à voir avec le long-métrage de William Friedkin. Le créateur Jeremy Slater jongle plutôt avec les poncifs de l'hommage, pour mettre en place sa propre mythologie. L'ambiance très classique du film d'horreur à l'ancienne fait son petit effet. Wyatt joue astucieusement avec la lumière pour nous plonger dans cette sombre histoire prometteuse. Et la justesse du casting (la vétérante Geena Davis tient parfaitement son rôle, face aux envoûtants Alfonso Herrera et Ben Daniels) ne gâche rien. Malheureusement, il faut bien avouer que tout ça n'est pas très effrayant et semble parfois un peu daté, par rapport au rock n'roll Preacher ou au torturé Outcast.

Diffusée chaque vendredi soir, sur Fox.

La plus périssable : PITCH

Si vous ne connaissez rien du tout au baseball, vous risquez d'avoir un peu de mal à vous passionner pour Pitch. Ce drama sportif raconte la vie - fictive - de Ginny Baker, qui devient la première femme à rejoindre une équipe professionnelle américaine majeure. Lanceuse de talent, entraînée comme une forcenée par son père, depuis son plus jeune âge, Ginny intègre l'équipe de baseball des San Diego Padres. Symbole fort pour toutes les femmes de la planète, la jeune sportive se retrouve alors au centre d'une attention médiatique phénoménale. Simple produit marketing ou effet de mode, elle va devoir prouver au monde du sport et surtout à ses coéquipiers, qu'elle a le talent nécessaire pour jouer avec eux. Et le terrain sera seul juge.

On en pense quoi ?
Oui, il vaut mieux savoir ce qu'est un "strike" ou un "ball", avant de regarder Pitch, une série au thème indéniablement universel, mais au contexte très américain. Pour autant, ce drama d'anticipation signé Dan Fogelman (le même scénariste qui est derrière This is Us, et qui a donc réussi l'exploit de caser deux nouveautés, sur deux chaînes différentes, en une rentrée) est assez attrayant. On se laisse prendre au jeu de l'évolution inexorable du sport moderne. La mixité, c'est l'avenir, et arrivera forcément un jour où une féminine fera ses premiers pas dans un club de Ligue 1. En attendant de voir ça dans la réalité, on s'amuse des conséquences et complications d'un tel bouleversement, dans l'un des derniers bastions machistes de la société. Ce premier épisode va déjà assez loin et ratisse large, de l'intégration au sein d'une équipe d'hommes, jusqu'à la pression des premiers matchs. Le pilote de Pitch se laisse donc voir comme un gentil petit film de sport sans prétention, avec ses clichés, ses échecs, ses climax, et même son twist final. Et après ? Comment va faire Pitch pour rester pertinent après trois épisodes ? On se pose sérieusement la question. Et la réponse vers laquelle semble tendre le drama n'a rien de rassurante : on suivra vraisemblablement les histoires amoureuses inappropriées de Ginny avec ses coéquipiers. La série sportive risque donc de se transformer en soap douteux, entre deux matchs de baseball. Out !

Diffusée chaque jeudi soir, sur Fox.

La plus ringarde : BULL

Souvenez-vous du film Le Maître du jeu (Runaway Jury), qui réunissait John Cusack et Rachel Weisz, en 2003. Gene Hackman y incarnait un comportementaliste à la solde des lobbies du tabac, capable de cerner et choisir judicieusement les jurés d'un procès, pour en manipuler le verdict. Michael Weatherly reprend le flambeau dans Bull. Sauf que cette fois, c'est lui le héros. Il joue un psychothérapeute clairvoyant, à la tête d'une équipe spécialisée, a même de faire basculer n'importe quel procès. On suivra donc une nouvelle affaire chaque semaine.

On en pense quoi ?
Au-delà des questions morales franchement douteuses, sur lequelles semblent s'asseoir la série (la justice n'est pas équitable ? Et alors ? La vie est injuste !), Bull n'a clairement aucune ambition. Elle se contente d'empiler les gros clichés vus et revus dans mille autres séries judiciaires, avec ses personnages jetables, d'une semaine à l'autre. Tout est tellement caricatural, que certaines scènes font même carrément penser au Grinder de Rob Lowe (un faux drama judiciaire hilarant sur lequel était basé la géniale sitcom du même nom). Michael Weatherly cabotine à outrance et pire que tout, il semble même souvent imiter maladroitement Simon Baker dans Mentalist. Mais l'ancien Agent du NCIS a encore des millions de fidèles outre-Atlantique, qui devraient malheureusement se laisser convaincre par cette production facile à consommer.

Diffusée chaque mardi soir, sur CBS.

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