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Le Book Club

Quatre vieilles copines (Diane Keaton, Jane Fonda, Candice Bergen et Mary Steenburgen) décident de pimenter les réunions hebdos de leur club de lecture en se mettant à lire 50 nuances de Grey…. A partir de ce pitch navrant, Le Book Club déroule des péripéties mécaniques de comédie romantique pour seniors, où quatre super mamies vont redécouvrir les joies de l’amour et de la sexualité grâce à une poignée de vieux beaux (Andy Garcia, Don Johnson…).

Frédéric Foubert
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Football Infini

Après son documentaire intimiste sur le foot (Match retour, où son père, ancien arbitre, et lui-même, commentaient un match datant de 1988), Porumboiu attaque cette fois le sujet par le biais d’un portrait subtil et cocasse, où s’imbriquent théorie du sport et parabole politique. Gravement blessé sur un terrain de foot dans sa jeunesse, Laurentiu Ginghina est resté totalement obsédé par l'idée d’en changer les règles. Devenu gratte papier pour le gouvernement roumain, il se compare volontiers aux super-héros.

Eric Vernay
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Hedy Lamarr, From Extase to WIFI

Et si on vous disait que celle qui a inspiré le visage de Blanche-Neige est aussi l’inventrice d'un système secret de communication applicable aux torpilles radio-guidées qui a engendré la création du Wifi? Vous n’y croiriez pas, hein? Et si on ajoutait qu’elle a aussi fait scandale en jouant le premier orgasme féminin du cinéma non X dans un film austro-tchécoslovaque des années 30, qu’elle fut mariée six fois et qu’elle a fini sa vie en recluse dans sa maison, cela deviendrait complètement fou, n’est-ce pas? Et pourtant Hedy Lamarr, c’est tout ça à la fois.

Perrine Quennesson
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Alberto Giacometti, The Final Portrait

Dans la famille « biopic », il y a ceux qui font le choix du portrait par le détail, l'anecdote, la petite tranche de vie qui doit tout concentrer : The Final Portrait est de ceux-là, et narre les difficultés d’Alberto Giacometti à terminer le portrait de l'écrivain James Lord dans son atelier parisien en 1964 -deux ans avant la mort de l’artiste, d'où le titre funèbre. Le film, coincé dans un atelier poussiéreux et glacial, aux couleurs désaturées, traite la pulsion artistique exclusivement à travers le doute.

Sylvestre Picard
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Le voyage de Lila

Lila est l’héroïne d’un livre pour enfants qui se retrouve soudain propulsée dans le monde réel. Menacée par les oiseaux de l’oubli, elle part à la recherche de Ramon, un petit garçon qui lisait ses aventures quelques années plus tôt mais a fini par l’oublier… Malgré quelques baisses de rythme, ce dessin animé colombien est une belle fable initiatique et symbolique sur les pouvoirs de la lecture, des récits et de la mémoire. Recommandé aux petits à partir de cinq ans.

Frédéric Foubert
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La Légende

Est-ce le fait d’avoir été trop gourmand et de jouer les cumulards pour son premier long métrage : réalisateur, scénariste et acteur principal ? Toujours est-il que Florian Hessique passe totalement à côté de cette histoire d’as du basket qui, bien que courtisé par les plus grandes équipes, décide de retourner dans son club formateur, fraîchement promu au plus haut niveau.

Thierry Chèze
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Una questione privata

D’entrée, une brume grise empêche de voir l’horizon. Tout au plus distingue-t-on deux silhouettes qui gravissent une montagne. Presque à l’aveugle. Nous sommes à l’été 43 dans le Piémont. L’Italie tout entière nage dans un épais brouillard. Les deux hommes en question sont des partisans qui luttent contre le fascisme. L’un finit par rebrousser chemin. L’autre se retrouve bientôt devant une fière bâtisse. Et soudain tout s’éclaire. Le cadre retrouve toute ses couleurs.

Thomas Baurez
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The Cakemaker

Oren, un jeune pâtissier allemand, entretient une liaison avec un homme marié israélien qui vient régulièrement à Berlin pour affaires. Puis, un jour, cet amant ne donne plus signe de vie. Oren découvre qu’il est mort dans un accident de voiture et décide de partir pour Jérusalem pour apprendre à connaître l’autre vie de celui qu’il aimait. Et en taisant sa réelle identité, il entre peu à peu dans le quotidien de sa veuve Anat en se faisant engager comme pâtissier dans son petit café.

Thierry Chèze
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Trois visages

C’était la star par défaut du dernier Festival de Cannes. Assigné à résidence dans son pays (comme son homologue russe, Kirill Serebrennikov, lui aussi en compétition sur la Croisette avec Leto), le cinéaste iranien Jafar Panahi a une nouvelle fois étonné, sinon ébloui, les observateurs non pas tant pour la qualité intrinsèque –et réelle- de Trois visages que pour son existence même : rappelons qu’il est interdit de tournage depuis 2010 et que, depuis cette date, il a réalisé quatre longs métrages dont l’acclamé Taxi Téhéran !

Chrsitophe Narbonne
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Champions

Viré d'un club prestigieux, un entraîneur de basket borderline se retrouve à la tête d'une équipe amateur remplie de bras cassés. Pire pour ce coach irascible, celle-ci est composée de joueurs handicapés et il doit les préparer en un temps record pour un championnat. Vous la voyez venir, cette histoire casse-gueule au goût de déjà-vu ? Et bien non, Javier Fesser désamorce tous les clichés attendus dans ce feel good movie très efficace, grâce à son autodérision mordante et un humour cash servis par des dialogues hilarants.

François Rieux
Affiche Realive
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Realive

Mark est malade. Il ne lui reste qu’un an à vivre. Il décide de faire congeler son corps pour avoir un espoir de guérir grâce aux avancées de la science. 60 ans plus tard, il est ranimé. Mateo Gil, scénariste complice d’Alejandro Amenabar (Ouvre les yeux, Mar Adentro, Agora) renoue avec la science-fiction. Si le présupposé (comment échapper à la maladie ?) et les conséquences qu’il induit est passionnant, le récit vire lègèrement au monologue monocorde sur la bioéthique.

Sophie Benamon
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Volontaire

La comédienne Hélène Fillières signe ici son deuxième long-métrage de réalisatrice. Et déjà l’affirmation d’une auteure au sens où les deux films semblent se répondre.  Une histoire d’amour d’après un roman de Régis Jauffret lui-même inspiré de l’affaire Edouard Stern, s’interrogeait sur l’abandon physique, le don de soi, la violence passionnelle et pulsionnelle.

Thomas Baurez
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Je vais mieux

Quelques mois après le succès de son deuxième long métrage Jalouse (co-réalisé avec son frère Stéphane), revoici des nouvelles de David Foenkinos sur grand écran. Mais cette fois- ci comme auteur d’un de ses romans publiés en 2013, adapté et porté à l’écran par Jean-Pierre Améris. L’histoire d’un quinqua soudain en proie à un mal de dos fulgurant qu’aucun médecin ne parvient à guérir. Et pour cause : l’origine de cette douleur est purement psychologique.

Thierry Chèze
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Opération Beyrouth

Le hasard de la programmation voit la sortie le même mois de deux films traitant du conflit israélo-palestinien à l’époque où il commençait à s’exporter dans le monde entier. Mais là où Otages à Entebbe, de José Padilha, reconstitue un événement historique, Opération Beyrouths’appuie sur les faits pour imaginer une fiction complexe, propulsée par un héros qui ne l’est pas moins.

Gérard Delorme
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My Pure Land

L’histoire, tirée d’une histoire vraie, est incroyable : trois femmes, une mère et ses deux filles, retranchées dans leur maison, combattirent, armes à la main, 200 bandits menés par leur oncle qui revendiquaient les terres de son frère, injustement emprisonné. Le film illustre les tentatives de spoliation qui sont monnaie courante au Pakistan, l’un des pays les plus corrompus au monde –l’oncle bénéficiait du soutien du commissaire local. Anglais d’origine pakistanaise, Sarmad Masud a tourné sur place dans des conditions rocambolesques qui mériteraient un film à part.

Christophe Narbonne
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L’HOMME DAUPHIN, L'Homme dauphin : sur les traces de Jacques Mayol

Jean-Marc Barr retrace la vie de l’homme qui inspira Le Grand Bleu. En 1988, le grand public découvre l’existence du plongeur apnéiste Jacques Mayol à travers le films culte de Luc Besson. Ses plongées font rêver les ados aux sons de la musique flamboyante d’Eric Serra. Mais le modèle se révèle encore plus passionnant. C’est ce que nous explique le documentariste Lefteris Charitos en mêlant des images d’archives et témoignages inédits. Entendre le véritable Enzo Molinari (interprété à l’écran par Jean Reno) raconter leur rivalité est captivant.

Sophie Benamon
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L'extraordinaire voyage du Fakir

Comment est-ce qu'un sympathique arnaqueur des rues se retrouve coincé dans une armoire Ikea ? Et comment se retrouve-t-il baladé dans toute l'Europe, à partager le sort des migrants clandestins et à en tirer une leçon de vie ? Si Le Voyage du fakir réussit à dépasser son statut de feel good movie en guimauve à la Jean-Pierre Jeunet, c'est grâce à son héros joué par Dhanush, superstar du cinéma tamoul dotée d'un charme ahurissant. Il porte brillamment le film sur son bagout. On le suivrait n'importe où, même dans une armoire.

Sylvestre Picard
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Retour à Bollene

Pour son premier long métrage, Saïd Hamich (coproducteur du Much loved de Nabil Ayouch) s’aventure sur un terrain ô combien miné : la question de l’identité et des communautarismes. Mais en lieu et place du flot de théories répétées en boucle jusqu’à l’épuisement sur ce sujet, il fait le –bon- choix de le traiter en partant d’une situation concrète. En l’occurrence, le retour de Nassim, trentenaire vivant à Abu Dhabi avec sa fiancée américaine, à Bollène où il a grandi. Un retour aux sources qui ne sera pas de tout repos.

Thierry Chèze
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Une année polaire

Si vous connaissez le travail de Samuel Collardey, son nouveau film ne vous surprendra guère. Comme dans L’Apprenti et Tempête, il s’agit pour lui de produire de la fiction avec du réel : l’instituteur danois qui choisit d’enseigner aux Inuits dans un bled paumé du Groenland, c’est Anders Hvidegaard rejouant des scènes tirées de sa propre vie – ou de celles de collègues sur lesquels Collardey s’est documenté au préalable.

Christophe Narbonne
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Les Rives du destin

Après son divorce, Samira quitte la province où elle vivait pour retourner vivre avec sa fille à Téhéran. Violent, son ancien époux s’oppose à son retour et emmène de force leur enfant chez la sœur de Samira. Pas à son coup d’essai (Les Rives du destin est son huitième film), Abdolreza Kahani met en image le quotidien de cette femme indépendante, prête à braver vents et marées pour se reconstruire et s’émanciper, malgré sa précarité. Ce long-métrage témoigne avec force de la façon dont les mentalités conservatrices en Iran sont en train d’évoluer.

Alexandre Bernard
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Mon Ket

On pourrait résumer Mon Ket comme ça : c’est l’histoire de Dany Versavel (François Damiens), un voyou qui s’évade de prison pour retrouver son fils de 15 ans dont il vient de perdre la garde. Ce papa fruste et violent a des problèmes de communication avec son gamin (son « ket », en argot bruxellois) et pas mal de temps perdu à rattraper. Suspense, action, émotion : le film est un update contemporain des Fugitifs, ou une variation belge sur La Poursuite impitoyable.

Frédéric Foubert
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SOLO : A STAR WARS STORY

"Réalisé par Ron Howard". Ce nom au générique suffira à faire rager ceux qui voulaient que Solo soit shooté par les deux réals hype de 21 Jump Street et La Grande Aventure Lego, Phil Lord et Chris Miller, virés en plein tournage pour avoir oublié qu'ils ne faisaient pas un film à eux, à la déconne, mais qu'ils étaient employés de Lucasfilm pour faire un boulot. Le vétéran Howard, lui, est là pour faire le job.

Sylvestre Picard
1 LE CIEL ETOILE AU-DESSUS DE MA TETE

Dans une société où tout le monde se regarde vivre selon des critères hyper normés, subsistent encore quelques punks, des rebelles, des purs. Bruno est de ceux-là. Quinquagénaire fringant, il passe sa vie chez lui en slip, à se faire du thé et à écrire son nouveau roman. Il y a vingt ans, Bruno a commis Le ciel étoilé au-dessus de ma tête, qui l’a propulsé au sommet de la gloriole littéraire. Mais depuis, rien. Zéro. Délaissé par la win, Bruno gribouille, jette et recommence. Sans thune, seul, refusant tout compromis, il s’acharne.

Anouk Féral
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LE CERVEAU DES ENFANTS

Des neuroscientifiques et des psys expliquent comment les émotions liées à l’enfance façonnent l’identité des futurs adultes que nous sommes... Une approche intéressante (mais galvaudée maintenant) que la cinéaste traite de façon un peu trop sérieuse et universitaire. Et pourquoi n’avoir choisi que des intervenants américains dont la conception des choses repose sur des valeurs assez conservatrices ?

Christophe Narbonne
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MANIFESTO

A l’origine, Manifesto est une installation cinématographique de l’artiste Julian Rosefeldt. On y voit Cate Blanchett interprétant 13 personnages, allant du punk au sans-abri, en passant par une scientifique, une présentatrice télé ou une veuve. Chacun d’entre eux récite, à sa façon, des manifestes connus, politiques, artistiques ou autres, dans des segments d’une durée fixe de 10min et 30 secondes.

Perrine Quennesson
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MUTAFUKAZ

Dans une ville tentaculaire et imaginaire de Californie, un mutant livreur de pizza est traqué par des Hommes en noir ultraviolents. La plongée dans l'univers visuel de ce film d'animation adapté d'une BD et produite par les français d'Ankama (Dofus) est un plaisir certain : animé à l'ancienne par une bande d'animateurs et de designers japonais au CV glorieux, cette relecture d'Akira en version trash est un très chouette bonbon visuel. Le décor de Dark Meat City, délire cyberpunk parfum West Coast, est une vraie création, sale et vivante, digne héritière du Néo-Tokyo d'Otomo.

Sylvestre Picard
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GUEULE D’ANGE

Vanessa Filho vient de la photographie et du clip. Un péché véniel pour nombre de critiques au festival de Cannes (où il était présenté dans la section Un Certain Regard) qui ont descendu en flammes l’esthétique jugée trop clippesque de sa première réalisation. Un raccourci un brin convenu et simpliste car, à travers ce parti pris d’une atmosphère colorée et clinquante, flirtant volontairement avec le kitsch, Vanessa Filho ne fait que traduire le monde tel que le voit son héroïne.

Thierry Chèze
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LA FETE DES MERES

Est-on obligé d’aimer son enfant tout de suite? Qu’est-ce que ça fait de voir sa mère vieillir ? A travers les destins croisés de plusieurs mamans d’aujourd’hui, Marie-Castille Mention-Shaar tresse la toile d’une communauté de femmes qui se débattent avec la maternité. Il y a d’abord, le symbole : la femme présidente de la République (Audrey Fleurot). Elle vient d’accoucher et doit apprendre à concilier sa fonction aux contraintes qu’implique un nouveau-né. Il y a la femme sacrifice (Carmen Maura) qui toute sa vie s’est dévouée pour ses enfants et les enfants des autres.

Sophie Benamon
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BIENVENUE EN SICILE

Pif, aka Pierfrancesco Diliberto, est une personnalité inconnue de ce côté-ci des Alpes que ce film ne devrait pas contribuer à populariser. Auteur, réalisateur et acteur de cette farce poussive, il incarne un soldat américain d’origine italienne qui s’engage dans l’armée en 1943 pour rencontrer le père sicilien de celle qu’il convoite. Sous couvert de dénoncer le pacte passé par l’armée US avec la Mafia pour faciliter le débarquement en Méditerranée, Pif s’attache surtout à caricaturer ses compatriotes avec un humour régressif assez pitoyable. Bienvenue chez les beaufs.

Christophe Narbonne
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QUIET PEOPLE – UN JOUR A ZAGREB

Tabassé par un étudiant de son lycée, le jeune Tomitza décède à la suite de ses blessures. Long à démarrer, le film de Ognjen Svilicic qui s’inspire de faits réels, met en scène Ivo et Maya, les parents du défunt abandonnés par les institutions alors qu’ils tentent d’honorer la mémoire de leur fils. Malgré cette intrigue forte et une interprétation bouleversante, Quiet People - Un jour à Zagreb tombe un peu à plat : des dialogues plus inspirés et plus « d’action » n’auraient pas nui. La fin du film, palpitante, en apporte la preuve.

Alexandre Bernard