Affiche Mia et le lion blanc
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Mia et le lion blanc

Mia, 11 ans, grandit aux côtés d’un lionceau, jusqu’au jour où elle comprend, horrifiée, quel sort attend celui-ci si elle ne l’aide pas à fuir le soi-disant « refuge » tenu par son père. Scandalisés par le braconnage qui sévit en Afrique du Sud, Gilles de Maistre et sa femme Prune, venus du documentaire, ont eu envie d’écrire une fiction qui dénoncerait ces pratiques cruelles tout en montrant une enfant et un animal sauvage évoluant en duo.

Elodie Bardinet
affiche le retour de mary poppins
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La suite de Mary Poppins avance à peu près masquée. L'illusion ne dure pas très longtemps, en fait. On se réjouissait que Le Retour de Mary Poppins accepte le fait qu'il se soit écoulé quarante ans depuis la sortie du premier film : Michael et Jane Banks sont devenus adultes et doivent faire face à la vente de la maison familiale de Cherry Tree Lane face à la cupidité des banquiers pendant la Grande dépression.

Sylvestre Picard
AFFICHE
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L'Empereur de Paris

La dernière fois qu’on a vu Vidocq au cinéma, c’était dans l’adaptation de Pitof, qui tentait de ressusciter le genre feuilletonesque avec un imaginaire techno-romantique et une esthétique de clip un peu trop bouillonnante.Du passé (et de ce film-ci particulièrement),L’Empereur de Paris fait table rase.Pas de kung-fu sur éclairages néons, pas de surenchère pyrotechnique.

Pierre Lunn
Wildlife une saison ardente affiche
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Wildlife : Une saison ardente

Il y a dix ans, à l’époque de Little Miss Sunshineet There will be blood, Paul Dano aurait sans doute pu tenir le rôle principal de Wildlife, celui de cet ado au teint pâlichon, qui regarde, interdit et anxieux, le mariage de ses parents se déliter sous ses yeux.

Frédéric Foubert
The Happy Prince affiche
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The happy Prince

À première vue, The Happy Princeressemble à ce que les Anglo-Saxons nomment « vanity project ». Un film taillé sur mesure par et pour son cteur/réalisateur/scénariste principal, souvent pour flatter son ego et montrer l’ampleur de son talent au public. Ici, il s’agit de Rupert Everett, qui incarne avec grandiloquence le poète Oscar Wilde dans les dernières années de sa vie, après sa condamnation et son emprisonnement pour homosexualité.

Sylvestre Picard
The Bookshop affiche
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The Bookshop

À Hardborough, à la fin des années 1950, Florence Green, une veuve de guerre, ouvre, non sans peine, une librairie dans la plus vieille demeure de la bourgade. Les notables n’apprécient guère le vent de nouveauté qu’elle fait souffler. C’est cependant la mise en vente du Lolita de Nabokov qui les fera définitivement sortir de leurs gonds. Mais tout doucement, sous cape. Car le film d’Isabel Coixet, adapté du roman de Penelope Fitzgerald, préfère jouer sa partition en sourdine. Il privilégie les sous-entendus, les non-dits et les sourires éteints.

Perrine Quennesson
Mon père affiche
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Mon père

Le jeune Segundo porte bien son nom. Toujours collé aux basques de son père, que les villageois appellent « maestro », il tente d’apprendre à son tour l’art du retable andin, petit autel multicolore garni de figurines folkloriques. Dans ce monde rural, fruste et brutal, où l’homme se doit de savoir boire, se battre et trousser les jupons, la sensibilité et la minutie du paternel le remplissent d’adoration. Jusqu’au jour où il est témoin d’un acte interdit qui fait vaciller sa foi.

Michaël Patin
4 Maya

Partir. Disparaître. Le cinéma de Mia Hansen-Løve n’est fait que de mouvements : intérieurs, forcément, puisque c’est cette part indicible des êtres qui préside à sa réflexion de cinéaste, d’où parfois cette impression de torpeur et d’affectation. Les mouvements sont aussi purement physiques et concrets. Ici, un reporter de guerre français fraîchement libéré après des mois de captivité en Syrie, part à Goa en Inde. Pas de Fête de la pleine lune cependant, mais une maison vide, un hôtel dépeuplé et une rencontre avec une jeune Indienne.

Thomas Baurez
Grass affiche
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Grass

Troisième film de Hong Sang-soo à sortir cette année sur les écrans français, après Seule sur la plage la nuitet La Caméra de Claire, cet opus en noir et blanc s’ouvre sur des pots d’herbes situés devant un café où des conversations mélodramatiques prennent rapidement place. Les disputes entre âmes solitaires s’accompagnent d’une musique souvent grandiloquente, manière pour le cinéaste de refuser la banalité et l’anecdotique.

Damien Leblanc
affiche basquiat
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Basquiat, un adolescent à New York

1978, Lower East Side. L’explosion de la pauvreté et de la drogue pousse la population blanche à l’exode. Dans les rues désertes, entre les clubs underground et les motels défoncés, un petit gars, afro-américain, bariole les murs de graffitis sous le blaze de SAMO. À coups d’archives et d’intervenants prestigieux (dont Jim Jarmusch), Basquiat, un adolescent à New Yorkrevient avec brio sur les années de formation de l’artiste, durant lesquelles il hantait les rues de la Grosse Pomme.

François Rieux
L'Oeil du tigre affiche
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L'œil du tigre

Laurence fête ses 50 ans entourée d’amis dans sa ferme au fin fond de la Mayenne. Ce n’est pas la dernière des fêtardes. Ni des fumeuses. Elle a deux ados accros aux jeux vidéo et peu passionnés par les devoirs. Une vie des plus banales, en somme. Sauf que Laurence a un but, devenir championne de viet vo dao, un art martial vietnamien. Un défi d’autant plus grand que cette sportive sur le tard est, de surcroît, non voyante depuis plus de quinze ans.

Perrine Quennesson
Affiche Spider-Man New Generation
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Spider-Man : New Generation

Encore un nouveau Spider-Man ?

Edouard Orozco
Mortal Engines
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Mortal engines

A l’heure où les adaptations de comics, suites et remakes se multiplient à Hollywood, Mortal Engines augurait un peu de fraîcheur, avec son histoire de mégalopoles roulant sur la Terre pour dévorer de plus petites villes, son design steampunk et son casting rempli de jeunes acteurs méconnus.

Elodie Bardinet
affiche Rémi sans famille
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Rémi sans famille

Vous connaissez sans doute l’histoire : un orphelin est vendu à un saltimbanque, musicien et montreur d’animaux dressés. Les voilà partis sur les routes de France et d’Angleterre pour découvrir le secret des origines de Rémi...

Sylvestre Picard
AFFICHE
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Rêver sous le capitalisme

Des travailleurs de tous horizons confient leurs rêves morbides : un type défonce ses collègues à coups de pelle, une femme est obsédée par le bruit de sa caisse enregistreuse, un autre trimballe le cadavre d’un employé... Témoignages audio ou de face se succèdent au gré d’images de bureaux, de chantiers, de parkings commerciaux qui font état d’une aliénation collective, renforcée par un travail sur le son obsédant et inquiétant. Répétitif, le dispositif suscite néanmoins une foule d’interrogations.

Christophe Narbonne
AFFICHE
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Une affaire de famille

Dans un vieux « Cinéastes, de notre temps », Éric Rohmer montre à la caméra du documentariste André S. Labarthe les cahiers dans lesquels il note ses idées de films. Une étagère de petits cahiers noirs. Il en ouvre un au hasard et lit : « “Une fille rencontre un garçon dans un salon de coiffure.” Voilà, dit-il, ça a donné Conte d’hiver. » Un autre cahier, une autre page : « “Un garçon rencontre une fille dans un magasin de chaussures.” Ah, celui-là, finalement, je ne l’ai pas tourné... » Ceci est une parabole des metteurs en scène de petites variations.

Guillaume Bonnet
AFFICHE
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Nous, les coyotes

Peut-on repartir de zéro quand les bases de sa vie sont branlantes ? C’est le thème de ce premier film qui se penche sur le parcours de deux « coyotes » (des jeunes marginaux), déterminés à réussir sous le soleil de Californie. Sur place, c’est la désillusion : la tante d’Amanda voit d’un mauvais oeil l’intrusion chez elle de sa nièce et de son compagnon, Jake, rejeté par la famille. Les galères commencent pour ce couple confronté en 24 heures à la paupérisation et à la perte de ses idéaux.

Christophe Narbonne
Utoya, 22 juillet affiche
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Utøya, 22 juillet

En dépit de sa forme singulière, ce sixième film du norvégien Erik Poppe s’intègre dans un ensemble très cohérent, fruit de réflexions approfondies sur la subjectivité comme amplificateur émotionnel. Il avait déjà pris cette direction dans L’Épreuve, une fiction semi-autobiographique (il a lui-même été photographe de guerre) avec Juliette Binoche. Avec Utøya, 22 juillet, il poursuit à l’extrême une approche immersive et sensorielle en filmant ses acteurs au plus près.

Gérard Delorme
Oscar et le monde des chats affiche
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Oscar et le monde des chats

Un chaton d’appartement -couvé par son père terrifié par le monde extérieur depuis la mort accidentelle de sa mère- décide un beau jour de partir à l’aventure, loin de son cocon paisible. Direction… Catstopia, un monde merveilleux peuplé uniquement de ses congénères. Gary Wang raconte ici ce voyage évidemment riche en rebondissements d’un rejeton casse-cou et d’un paternel angoissé lancé à sa course. Le résultat se révèle loin d’être désagréable mais dégage une furieuse impression de déjà (beaucoup) vu.

Thierry Chèze
Pachamama
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Pachamama

Conte initiatique à hauteur d’enfants, Pachamama de Juan Antin met en scène une Amérique du Sud précolombienne avec pour ambition de rendre toute sa place à une civilisation malmenée par les livres d’histoire. Au cœur de ce récit, Tepulpaï et Naïra, deux petits Indiens de la cordillère des Andes, partis récupérer la Pachamama, totem protecteur de leur village.

Perrine Quennesson
Mowgli d'Andy Serkis Netflix affiche
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Mowgli, la légende de la jungle

Cinq ans après son tournage, Mowgli arrive enfin à l'écran.

Elodie Bardinet
affiche les confins du monde
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Les confins du monde

Il y a cette image incroyable à l’orée du film : Gaspard Ulliel, en position christique, plein cadre, s’effondre. Dès cette ouverture, lente et majestueuse, on sait que l’on va, non pas suivre, mais être Tassen, ce soldat déphasé qui entame son voyage (venger son frère mort dans un massacre indochinois en retrouvant ses bourreaux). Guillaume Nicloux fait dériver ses spectateurs avec son héros, glissant de station hallucinée en station hallucinée, de fumerie d’opium en villages détruits, à la recherche d’un ennemi qui va finir par le dévorer.

Gael Golhen
4 Leto

Le premier plan de Leto (« été », en russe) est stupéfiant : trois groupies dans une arrière-cour, en noir et blanc, tentant d’entrer en douce dans une salle de concert. On pourrait être à Liverpool en 64, à Londres en 76, à Manchester en 88. On pourrait être dans Control, A Hard Day’s Night, Velvet Goldmine, Désordre, Not Fade Away... Sauf qu’on est à Leningrad au début des 80s, un espace-temps pas vraiment répertorié dans les encyclopédies rock.

Frédéric Foubert
AFFICHE
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Cassandro, the Exotico !

Flamboyant. Physique. Exubérant. Tel est Cassandro, le héros du documentaire de Marie Losier. Ce catcheur mexicain apparaît dans son Lycra rose serti de flammes, les cheveux parfaitement bouclés et maintenus fermement par une quantité de laque à faire flipper n’importe quelle couche d’ozone. Cassandro est un performeur autant sur le ring que dans la vie, ressentant intensément et assumant tout, vraiment tout, les blessures comme les victoires, avec un panache déconcertant.

Perrine Quennesson
Pig affiche
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Pig

Téhéran, de nos jours. Un groupe de préadolescentes voilées marchent dans la rue en se chamaillant, les yeux rivés sur leurs portables, quand soudain un attroupement les détourne des préoccupations de leur âge (mecs et « likes ») ; elles s’approchent et découvrent, horrifiées, une tête coupée sur le trottoir, portant sur le front l’inscription « cochon » en persan. Claquant la porte au réalisme social iranien, Mani Haghighi (huit films à son actif) choisit le cadre de la comédie sanglante pour dérouter d’un même geste les censeurs et nos attentes.

Michaël Patin
affiche pupille
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Pupille

De Jeanne Herry, réalisatrice du bancal Elle l’adore, on n’attendait pas ça. Pas ça ? Du réalisme documentaire, de l’ambition formelle, un découpage audacieux, des contre-emplois emballants (Gilles Lellouche en parent d’accueil, renversant)...

Christophe Narbonne
Marche ou crève affiche
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Marche ou Crève

Il y a d’abord les cris, les crises et le regard des autres. Puis l’impossibilité d’aller de l’avant, l’envie de respirer, trouver une échappatoire à la routine mécanique et pesante. C’est le quotidien d’Élisa, 17 ans, obligée de s’occuper de sa sœur aînée, Manon, qui est handicapée, alors que leurs parents sont en pleine séparation. Avec Marche ou crève, Margaux Bonhomme signe un premier film réaliste et sans fard, chronique d’une famille déchirée par le handicap d’un de ses membres.

François Rieux
Ma mère est folle affiche
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Ma mère est folle

Cool mais désordonnée, Nina accepte de faire un go fast à Rotterdam pour en rapporter de la drogue. En chemin, elle s’arrête chez son fils Baptiste qu’elle ne voit plus et qui va l’assister dans sa mission... Le film de réconciliation familiale se double ici d’un road-movie burlesque et mouvementé : une greffe improbable qui trouve sans doute son origine dans la genèse bicéphale du projet, produit par Diane Kurys et Alexandre Arcady.

Christophe Narbonne
Monsieur affiche
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Monsieur

Voilà pile un an, disparaissait une des grandes plumes de la littérature française, Jean d’Ormesson. Une des plus populaires et médiatiques aussi. On ne sera donc pas surpris qu’il ait lui-même suggéré à Laurent Delahousse que ce projet de documentaire qu’ils évoquaient régulièrement dans leurs discussions soit à destination du cinéma. Et ce premier long métrage se révèle une belle réussite, tranchant avec le travail du présentateur sur “Un jour, un destin”. Nulle trace ici de voix off explicative ou de récit scolairement construit.

Thierry Chèze
Assassasination nation
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Assassination Nation

Dans la ville de Salem, les hommes prennent les armes pour lyncher quatre jeunes filles accusées d’avoir piraté les données personnelles des habitants. Le chaos s’installe. Il n’y a pas grand-chose à sauver de ce film, qui tente désespérément de choquer par tous les moyens. Les tirades sur le féminisme et le harcèlement donnent l’impression de fiches Wikipédia mal recrachées. Le film, version prétentieuse d’American Nightmare, bascule à quelques minutes de la fin dans une violence nauséabonde, jamais interrogée ni même bien filmée.

Sylvestre Picard