Affiche Silent Voice
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Silent Voice

Handicap, harcèlement scolaire et rédemption sont au programme de cette remarquable adaptation d’un manga en 7 tomes, énorme succès d’édition au Japon. L’histoire de la relation mouvementée entre Nishimiya, jeune élève douce et attentionnée et Ishida, camarade de classe cossard qui a décidé d’en faire sa souffre-douleur en se moquant de façon humiliante de sa surdité avant que ses camarades ne le mettent à son, tour à l’écart. Un épisode qui va le hanter longtemps avant que des années plus tard il décide d’apprendre la langue des signes et de partir à sa recherche.

Thierry Chèze
affiche blackkklansman
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BlacKkKlansman : j'ai infiltré le Ku Klux Klan

D’une histoire 70’s à dormir debout – un flic noir infiltré dans les rangs du Ku Klux Klan ! – Spike Lee tire un thriller carburant (un peu trop) aux ruptures de ton.

Frédéric Foubert
Les Vieux fourneaux affiche
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Les Vieux fourneaux

Ca ne commence pas très bien. Pierre Richard essaye de saboter une agence bancaire avec un guetteur en déambulateur, puis va récupérer Eddy Mitchell à la sortie de la maison de retraite Meuricy (entendre « meurs ici », lol). L’esprit gaguesque de la BD d’origine, porté par des dialogues “à la Audiard”, est certes respecté mais le passage des cases aux plans et des bulles aux punchlines fait comme souvent craindre le pire en matière d’incarnation.

Christophe Narbonne
Affiche du film Lukas
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Lukas

Licencié pour bagarre, un videur de boîte de nuit sur le retour trouve un nouveau job dans une boîte de strip-tease bruxelloise tenue par la mafia et devient indic malgré lui. Rien à dire sur la performance de Jean-Claude Van Damme, dans sa veine JCVD, évidemment bouleversant de crédibilité dans la peau du videur ; c'est le reste du film qui pose problème. Lukas est un polar à twists particulièrement mal écrit, aux dialogues souvent consternants et à la mise en scène clinquante (l'attaque de la maison en plan-séquence brille par son inutilité).

Sylvestre Picard
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La Belle

Chaque année, l’été, sort en salles une pépite oubliée, un trésor caché du septième art que les cinéphiles découvrent fébrilement. C’est le cas de cette Belle, inédit en France, illustration par l’excellence de ce qu’ont pu produire les pays de l’est dans les années 60 -c’est un film lituanien, il pourrait être tchèque ou polonais. La Belle du titre, surnommée ainsi par ses amis, est une adorable fillette qui va perdre son insouciance au contact d’un nouveau garçon chagrin (il la trouve laide) et de la mélancolie de sa mère seule.

Christophe Narbonne
Affiche En eaux troubles
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En eaux troubles

Voilà un film qui est beaucoup moins bête qu'il n'en a l'air : du point de vue des producteurs, ce n'est pas idiot de penser qu'en plein été le public (surtout asiatique vu le nombre de stars orientales et de placements de produits éhontés) apprécierait beaucoup d'aller voir Jason Statham affronter un requin préhistorique de vingt mètres de long surgi du fond des flots et avide de chair fraîche.

Sylvestre Picard
affiche O Grande Circo Místico
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O Grande Circo Místico

Héraut du Cinéma Novo, Carlos Diegues revient douze ans après son dernier long, Le Plus Grand Amour du Monde. Adapté d’un poème de Jorge de Lima, O Grande Circo Mistico raconte cent ans de la vie d’un cirque brésilien, à travers les portraits de plusieurs générations d’artistes. On pense bien sûr au réalisme magique et au Cent ans de solitude de Gabriel Garcia Marquez, pour les visions baroques, la folie douce, l’ambition totalisante.

Frédéric Foubert
AFFICHE
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Le monde est à toi

Il y a huit ans, Romain Gavras nous retournait la tête avec Notre jour viendra, road-movie absurde dans lequel deux têtes brûlées se vengeaient de la société qui méprise les roux... Plus “classique” dans son esprit, Le monde est à toi (on remarquera le côté affirmé des titres) met en scène François, un doux rêveur qui veut devenir distributeur des glaces Mr Freeze au Maghreb. Pour cela, il doit réunir une somme coquette que ne veut pas lui donner sa mère, la chef d’un gang de voleuses professionnelles.

Christophe Narbonne
Affiche Sur la plage de Chesil
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Sur la plage de Chesil

Ils étaient a priori faits l’un pour l’autre. Florence, violoniste élevée dans une famille fortunée et conservatrice et Edward, aspirant écrivain d’origine plus modeste, tombés fous amoureux dans cette Angleterre du début des années 60, corsetée par des conventions sociales étouffantes. Mais à 20 ans, on ne connaît pas grand-chose de la vie et encore moins de la sexualité. Et ils vont vivre une nuit de noces catastrophique qui va impacter douloureusement la suite de leurs existences.

Thierry Chèze
Affiche Une valse dans les allées
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Une valse dans les allées

Cherchez bien. Au cœur de l’été se trouvent parfois quelques pépites (trop) bien cachées. C’est le cas de cette petite merveille venue d’Allemagne. Une drôle d’histoire d’amour dans un drôle de lieu pour un drôle de film. Christian a 27 ans. Timide et solitaire, il vient de perdre brutalement son emploi sur un site de construction et trouve un travail dans un univers totalement nouveau pour lui : un supermarché. Sur place, un chef de rayon le prend sous son aile et lui apprend les rudiments du métier.

Thierry Chèze
affiche Under the tree
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Under the Tree

La guerre des voisins pourrait être le sous-titre de ce long métrage islandais dans lequel un mari un peu trop coureur, viré de chez lui par sa femme, se voit forcé d’emménager chez ses parents. Un retour dans le cocon familial qui ne sera pas de tout repos puisqu’à son corps défendant, il se retrouve plongé dans une querelle de voisinage autour de… l’ombre d’un arbre entre deux maisons. Under the tree met en scène cette escalade sans fin de la banale invective jusqu’à une guerre où tous les coups sont permis.

Thierry Chèze
AFFICHE
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L' Âge d'or des ciné-clubs : l'affaire Annabella Miscuglio

Le sixième long-métrage d’Emanuela Piovano joue sur la nostalgie du cinéma mais n’en tire pas grand-chose. Sid est chargé de décider du sort de l’Arena, ciné-club d’un petit village des Pouilles laissé orphelin par le décès d’Arabella, sa mère. Les amis de l’ex-gérante le convaincront-ils de ne pas vendre ? Le film navigue péniblement entre une réflexion sur la relation mère-fils et un hymne à la gloire du septième art, sans jamais convaincre ni dans l'un ni dans l'autre registre. 

Maxime Grandgeorge
affiche detective dee 3 - 2
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Détective Dee : La légende des rois célestes

Bien établie, la recette d'un Detective Dee ne varie pas : le héros du titre, magistrat-enquêteur à l'instinct aussi infaillible que son kung fu- enquête sur un mystère d'apparence surnaturelle qui menace la cour impériale. Par conséquent, la recette d'une critique de Detective Dee ne va pas varier non plus comparé aux deux splendides volets précédents (Le Mystère de la flamme fantôme et La Légende du dragon des mers).

Sylvestre Picard
affiche L'espion qui m'a larguée
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L'espion qui m'a larguée

Une comédie d’espionnage où les femmes prennent le pouvoir dans cet univers – y compris dans ses parodies – où le mâle est généralement roi. Sur le papier, cet Espion qui m’a larguée donnait forcément envie ! Deux trentenaires californiennes s’y retrouvent menacées par une équipe d’assassins aux trousses de l’ex petit ami de l’une d’elle et embarquées pour un périple mouvementé à travers le monde où rien moins que la survie du monde est en jeu ! Seulement, deux heures apparaît bien vite comme une durée bien longue pour ce genre de film.

Thierry Chèze
Affiche du film Under the silver lake
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Under the Silver Lake

En stricts termes géographiques, Silver Lake est un quartier branché de l’est de Los Angeles, sis entre Echo Park et Loz Feliz, tenant son nom du grand réservoir d’eau bâti en son centre. En termes cinéphiliques, pour y aller, c’est très simple. Vous descendez Mulholland Drive, prenez à gauche sur Sunset Boulevard, débouchez sur Chinatown, continuez tout droit sur la voie express Raymond Chandler. Quelques mètres après le rond-point Inherent Vice, faites bien attention d’éviter l’impasse Southland Tales, et vous voici arrivé.

Frédéric Foubert
Mary Shelley affiche
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Mary Shelley

Et si les poètes bohèmes vivant d’amour, de poésie et d’eau fraîche étaient aussi des connards égoïstes ? C’est l’une des idées intéressantes de ce sympathique biopic de Mary Shelley (interprétée par Elle Fanning, excellente comme toujours), l’auteur de Frankenstein. La réalisatrice Haifaa Al-Mansour (l’excellent Wadjda, en 2012) parvient en deux heures denses à démystifier à la fois l’acte créatif (pas de miracle mais beaucoup de travail et de frustrations) et la vie d’artiste.

Sylvestre Picard
AFFICHE
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Le Poirier sauvage

Elle court, elle court, la rumeur cannoise. Le Poirier sauvage était trop long (3h08), trop bavard (tartiné de dialogues), trop tard (présenté le dernier jour). Selon toute apparence, NBC (pas la chaîne américaine, le réalisateur turc) sortait un peu froissé de son séjour Croisette.

Guillaume Bonnet
Affiche Darkest Minds: Rebellion
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Darkest mines : Rébellion

Dans le futur, les Etats-Unis voient apparaître des enfants doués de super-pouvoirs (télékinésie, télépathie...). La réaction du gouvernement un brin fasciste est de les coller dans des camps de concentration où on canalise leurs pouvoirs en les rangeant dans des catégories de couleur. Une ado élevée dans ces camps va s'échapper pour rejoindre la rébellion.

Sylvestre Picard
affiche Les versets de l'oubli
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Les versets de l'oubli

Le traumatisme des années Pinochet n’en finit pas de hanter le cinéma chilien comme dans ce portrait d’un vieux gardien de cimetière confronté au corps inconnu d’une civile abattue par des miliciens. Il va essayer de lui rendre son identité et, par-delà, sa dignité. Les gens ne sont pas nommés (le gardien a oublié jusqu’à son nom), voire n’ont pas de visages (le héros dialogue régulièrement avec un fossoyeur dont on n’entend que la voix), dans ce qui s’apparente à une allégorie sur un peuple sacrifié et, au-delà, à une tentative de catharsis nationale.

Chrsitophe Narbonne
Affiche Une famille italienne
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Une famille italienne

Repéré en 2001 avec le délicieux Juste un baiser (Prix du public à Sundance), l’italien Gabriele Muccino a dès lors beaucoup posé sa caméra Outre-Atlantique à l’invitation notamment de Will Smith (A la recherche du bonheur, 7 vies…). Avec à la clé une série de mélos sirupeux – à peine interrompue par Encore un baiser, suite ratée de son premier succès - qui donnait l’impression d’une longue et inéluctable dégringolade. Avec son grand retour sur le sol italien, on espérait le voir repartir sur de nouvelles bases.

Thierry Chèze
Affiche Mario
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Mario

Footballeur professionnel en devenir, Mario tombe amoureux de Leon, le nouvel attaquant allemand de son équipe auquel il ne va pas rester longtemps insensible… Traiter de l’homosexualité dans le foot est, sur le papier, une idée passionnante. Marcel Gisler aborde cette question assez frontalement en posant les enjeux dans des scènes un peu trop explicites, sinon appuyées : le père de Mario demande à Leon s’il est sûr de la couleur jaune de sa chambre (les deux joueurs cohabitent) ; le même père s’indigne des penchants de son fils tandis que la mère « ne pense qu’à son bonheur ».

Christophe Narbonne
Affiche My Lady
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My Lady

Tiré du best-seller de Ian McEwan, à qui l’on doit également l’intrigue de Reviens-moi, My Lady vaut principalement pour la performance magistralement nuancée de son actrice principale, Emma Thompson. L’actrice y est Fiona Maye, une Juge de la Haute Cour, spécialisée dans les affaires familiales. Rompue aux décisions façon jugement de Salomon, elle doit cette fois décider du sort d’un jeune témoin de Jéhovah qui refuse une transfusion qui pourrait lui sauver la vie et, en même temps, faire face à la déliquescence de son mariage.

Perrine Quennesson
Affiche Happiness Road
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Happiness Road

Le titre est trompeur : de bonheur (“happiness”), il n’est question que de sa quête dans ce portrait éclaté d’une jeune femme, partagée entre deux cultures (celle de ses parents, taiwanais, et celle qu’elle s’est choisie, en Amérique), entre ses rêves fous et la morne réalité, entre le passé heureux et le présent compliqué. Plusieurs strates narratives et visuelles composent le récit, un brin décousu, qui dessinent au final une chronique douce-amère du passage à l’âge adulte, avec ses espoirs déçus, son deuil de l’enfance et la prise en main nécessaire pour s’accomplir.

Chrsitophe Narbonne
Affiche Mission : Impossible Fallout
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Mission : Impossible Fallout

Impressionnant jusqu'à la folie, le sixième Mission : Impossible reprend les meilleurs éléments des épisodes précédents.

Sylvestre Picard
AFFICHE
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Mamma Mia ! Here we go again

On prend les mêmes et on recommence. Mi-suite, mi-prequel, la comédie musicale de l’été reprend les recettes du succès de son aînée.

Christelle Devesa
Affiche Contes de juillet
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Contes de juillet

Sur les traces d’Eric Rohmer, Guillaume Brac filme des jeunes gens en fleur et les met à l’épreuve de leurs désirs et leur propre morale…

Thomas Baurez
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La saison du diable

Au départ, La saison du diable devait être un film noir. Mais Lav Diaz, choqué par les violences perpétrées par le shérif Duterte dans son pays, et plus généralement inquiet de la marche du monde symbolisée par l’accession de Donald Trump au pouvoir, s’est mis à composer des chansons engagées. 33 morceaux exactement.

Eric Vernay
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The Charmer

C’est l’histoire d’une fuite en avant dont on devine dès le départ qu’elle va droit dans le mur. La chronique d’une tragédie annoncée. Celle d’un jeune et charmant Iranien installé au Danemark où il travaille comme déménageur. En tout cas le jour puisque ses nuits, il les consacre à une autre quête : séduire des Danoises en espérant qu’une veuille l’épouser et lui permettre d’obtenir ce permis de séjour qui le protègerait d’une expulsion qu’il devine certaine à plus ou moins terme.

Thierry Chèze
affiche C'est qui cette fille
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C'est qui cette fille

Rom’ com’, thriller amoureux ou trip halluciné, l’ovni burlesque C’est qui cette fille ? ne choisit pas, fondant les genres pour un résultat radicalement loufoque. Pure émanation de la scène indé newyorkaise, le film suit une hôtesse de l’air américaine en escale à Paris. Après une nuit avec Jérôme (Damien Bonnard, super en goujat moustachu), Gina, sorte de Barbie abreuvée de comédies romantiques (Lindsay Burdge), décide de rester pour lui. Il n’en veut pas, elle va donc le harceler. De Paris, telle une touriste frappadingue, Gina ne veut voir que Jérôme.

Anouk Féral
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Vierges

Repéré avec L’aurore boréale, beau court réunissant Ana et Hippolyte Girardot, Keren Ben Rafael réussit son passage au format long avec ce singulier récit initiatique centré sur Lana, une ado de 16 ans étouffant dans la station balnéaire israélienne où elle vit tant tout n’y semble qu’immobilisme et résignation. Jusqu’au jour où la rumeur d’une sirène évoluant dans les parages va sortir ce petit monde de sa torpeur. Y compris les plus incrédules comme Lana. Entre réalisme trivial et fantastique fantasmé, la cinéaste a choisi ici… de ne pas choisir.

Thierry Chèze