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Les Ardennes par Christophe Narbonne

Ce résumé cerne les enjeux shakespeariens évidents du premier film du surdoué Robin Pront. Élevés par une mère mal-aimante (et un brin caricaturale; les scènes les moins réussies sont avec elle), Kenneth et Dave sont les produits d’un environnement sociofamilial défaillant sur lequel ne s’appesantit pas le réalisateur. Celui-ci préfère mettre méthodiquement en place les pièces de la tragédie annoncée.

Christophe Narbonne
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Visites ou mémoires et confessions par Bernard Achour

Réalisé en 1982 à condition de n’être diffusé qu’après sa mort, cet inédit du maître portugais revisite avec style sa vie et sa conception du cinéma. Un testament essentiel pour ses admirateurs, mais impénétrable pour tous les autres. 

Bernard Achour
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L'Académie des muses par Julia Beyer-Agostini

Un prof de philologie entend convoquer les muses antiques pour dresser une éthique poétique et amoureuse. Il faut s’accrocher pour suivre le fil de cet essai cinématographique. 

Julia Beyer-Agostini
3 La Sociologue et l'ourson par Christophe Narbonne

Super idée : mettre en scène des marionnettes débitant des dialogues tirés des conversations téléphoniques entre Mathias Théry et sa mère, la sociologue Irène Théry, à propos du mariage pour tous. Le dispositif, amusant et pédagogique, est cependant limité du fait que les échanges, peu contradictoires, donnent lieu à un timide débat. 

Christophe Narbonne
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Parfum de printemps par Damien Leblanc

En 2010 à Tunis, "Zizou" devient installateur d’antennes et tombe amoureux d’une demoiselle en détresse. Observant les dernières semaines de la dictature de Ben Ali, le réalisateur d’Un été à la Goulette signe une fable comique et éclairée sur les causes et les espoirs qui déclenchèrent les Printemps arabes. 

Damien Leblanc
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Mandarines par Eric Vernay

Dans les 90s en Abkhazie, une guerre oppose Caucasiens (les séparatistes abkhazes associés à l’armée russe) et Géorgiens. Le film rejoue ce conflit dans la ferme tenue par un vieil homme qui aide son voisin à récolter des mandarines. Sans grande audace, mais attachant. 

Eric Vernay
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Truth par Frédéric Foubert

Spotlight est encore dans toutes les têtes, mais voici déjà l’autre film de journalistes de la saison. Son pedigree est parfait : réalisé par le scénariste de Zodiac, il se déroule dans les coulisses de 60 Minutes, comme Révélations ; et Robert Redford, quarante ans après avoir été Bob Woodward, incarne une autre légende de la presse, Dan Rather, un PPDA king size, le Elvis du JT.

Frédéric Foubert
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A Bigger Splash par Caroline Veunac

Vous avez vu La Piscine? A Bigger Splash modernise le thriller thermo-sexuel de Jacques Deray. Le couple Delon-Schneider est remplacé par Tilda Swinton, rock star aphone en retraite sur une île italienne, et Matthias Schoenaerts, son jeune amant. Quant à Ralph Fiennes, il reprend à Maurice Ronet le rôle de l’ex-fouteur de merde qui débarque avec sa fille (Dakota Johnson). Tout cela serait parfaitement inutile si Luca Guadagnino n’avait pas son petit style.

Caroline Veunac
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Eva ne dort par Eric Vernay

La mort ne suffit pas toujours à tuer quelqu’un. Elle contribue parfois à son immortalité. C’est ce que raconte ce film fascinant, à travers le mythe d’Eva Perón, alias Evita, dont la disparition, en 1952, n’a pas empêché son spectre de hanter les dictatures argentines postérieures.

Eric Vernay
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Sauvages par Christophe Narbonne

En d’autres temps, nous aurions qualifié ce film d’ovni, mais le terme est largement galvaudé. Sorte de robinsonnade aux confins du fantastique, Sauvages met en scène un couple qui semble vivre en harmonie avec la nature mais dont certains dysfonctionnements font douter de la santé mentale. Les meilleures scènes sont celles où Tom Geens, dans une démarche plastique et sensible, qui rappelle celle de Peter Strickland (The Duke of Burgundy), filme bibliquement les deux personnages, Adam et Eve des temps modernes.

Christophe Narbonne
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Truman par Vanina Arrighi de Casanova

Sensation 2015 du cinéma espagnol qui lui a décerné cinq prix à sa cérémonie des Goya, Truman est un drame doux et léger sur l’amitié, la mort, la résilience, et repose essentiellement sur son duo de comédiens. La star argentine Ricardo Darín incarne le malade, un acteur divorcé vivant avec son chien (le Truman du titre), en plein face-à- face avec la mort, et Javier Camara, son ami de toujours expatrié au Canada, mis à l’épreuve par le sort et le fatalisme de son vieux copain.

Vanina Arrighi de Casanova
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High-Rise par Gérard Delorme

Depuis ses débuts, Ben Wheatley se pose en explorateur systématique d’aspects méconnus ou occultés de la culture britannique. À ce titre, il était idéalement placé pour adapter le roman de J. G. Ballard, satire mordante de l’Angleterre thatchérienne obsédée par la performance, le matérialisme et la méritocratie. Très fidèle au livre, Wheatley a conservé l’action dans les années 70 et reconstitué cet immeuble vertical qui reproduit physiquement l’organisation sociale de l’époque.

Gérard Delorme
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Divergente 3 : Au-delà du mur par Julia Beyer-Agostini

En se projetant au-delà du mur, les scénaristes franchissent surtout la limite du raisonnable en ce qui concerne l’avalanche d’effets numériques dont bénéficie ce fameux "dehors" que découvrent les héros. Entre des étendues de terrains vagues façon wasteland crados de jeux-vidéos (la métaphore du ciel qui saigne était pourtant bien trouvée sur le papier) et une architecture futuriste faussement orwelienne qui semble sortir directement d’un mauvais space-opéra pour la ville, les production design ne se sont pas foulés.

Julia Beyer-Agostini
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Le Coeur régulier par Vanina Arrighi de Casanova

À la mort de son frère, une mère de famille part sur ses traces au Japon où elle se ressource au contact du pays (le fi lm fait cet effet aussi). Un voyage spirituel qui aligne les clichés Orient versus Occident.

Vanina Arrighi de Casanova
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Un monstre à mille têtes par Hendy Bicaise

Le combat d’une femme contre une compagnie d’assurances pour sauver son mari agonisant. Le travail sur la profondeur de champ et les espaces vides évoque, en creux, le gouffre qui sépare les personnages, renforçant le caractère désespéré de cette vendetta. 

Hendy Bicaise
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Volta a Terra par Hendy Bicaise

Plácido fi lme des paysans au labeur avec un dynamisme formel étonnant. Une idylle adolescente naissante fait même lorgner le documentaire vers la fi ction, et plus précisément vers la nouvelle vague du cinéma italien (L’été de Giacomo, d’Alessandro Comodin). 

Hendy Bicaise
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This is my Land par Bernard Achour

L’idée est originale, stimulante, audacieuse : évaluer l’influence de l’enseignement de l’histoire sur l’actuel confl it israélo-palestinien. La documentariste/ chercheuse se rend ainsi dans des lycées des deux camps, mais le fruit de sa démarche n’est pas aussi probant qu’elle semblait le vouloir. 

Bernard Achour
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Soleil de plomb par Eric Vernay

1991, 2001 et 2011 : trois visages de la Croatie (de la guerre contre la Serbie à l’aprèsguerre) pour trois love stories sans lien entre elles, jouées par les mêmes acteurs. Stimulant en soi, le dispositif narratif est ici déroutant, car donné sans explication préalable. D’où un Soleil de plomb plus pesant que lumineux. 

Eric Vernay
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Baden Baden par Bernard Achour

Instable, indécise, incompétente, apathique… Portrait-robot de la "lose" affective et sociale contemporaine, Ana a tout pour énerver. Et pourtant non. Ana captive, Ana amuse, Ana bouleverse. Dès les premières minutes, un plan-séquence où elle fi nit par se prendre une dégelée professionnelle à en décoller le papier peint, le beau visage grave de l’actrice Salomé Richard et le regard que porte sur elle la cinéaste Rachel Lang instaurent une curiosité dont le pouvoir d’attraction ira crescendo jusqu’à la toute dernière – et tuante – image.

Bernard Achour
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Shadows Days par Isabelle Danel

Ce réalisateur venu du documentaire situe son deuxième long de fiction dans une petite ville du sud-ouest de la Chine, tout près de la frontière Birmane. Une ville fantôme, abandonnée par ses habitants, où règne en maître le maire qui applique implacablement la règle de l’enfant unique par famille. Arrive un couple : il est son neveu et a commis de troubles méfaits, sa compagne est enceinte. Chiens errants, rues sales, murs lépreux, maisons vides sur lesquelles on appose la mention "à détruire" : la caméra saisit la désolation comme un écho au passé tragique de la Révolution culturelle.

Isabelle Danel
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Taklub par Eric Vernay

Le typhon Haiyan a dévasté les Philippines en 2013. Fidèle à son style véloce aux accents documentaires, Mendoza sillonne la ville de Tacloban caméra à l’épaule, après la catastrophe : un entrelacs de corps suppliciés par les forces de la nature (brûlés, ensevelis, noyés), où les rescapés tentent de faire leur deuil et de se reconstruire dans un campement de fortune. Sans se vautrer dans le chromo esthétisant, le fi lm relate cet âpre quotidien fait de pillages et d’échanges kafkaïens avec une administration débordée par le chaos.

Eric Vernay
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Sunset song par Isabelle Danel

D’un classique de la littérature écossaise signé Lewis Grassic Gibbon, le réalisateur de Distant Voices – Still Lives fait son miel. Une ode à la vie empreinte de pureté et de cruauté qui, du début du XXe  siècle à la Première Guerre mondiale, conte un changement d’époque. Au centre du récit, Chris, une jeune femme qui mène de brillantes études pour devenir institutrice à la ville mais qui restera dans sa campagne natale… La somptueuse lumière de Michael McDonough, chef opérateur de Winter’s Bone ou des Poings contre les murs, rehausse la beauté des blés caressants, des ciels furieux.

Isabelle Danel
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East Punk Memories par Mathias Averty

Provocation oblige, être un punk engagé dans l’URSS des 80s supposait beaucoup de cran et parfois une certaine accointance avec l’extrême-droite. Oui, les vieux "keupons" hongrois (repentis ou presque), qui se succèdent devant la caméra de Lucile Chaufour, ont beaucoup de souvenirs à raconter. Et si l’on aimerait bien qu’ils saccagent un peu le cadre désespérément fixe où les enferme la cinéaste, entre quelques images d’archives, on ne peut être que captivés par le regard qu’ils portent sur la contre-culture et par l’expression de la révolte dans un système autoritaire.

Mathias Averty
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Good Luck Algeria par Isabelle Danel

Pour sauver leur fabrique savoyarde de skis, Stéphane persuade Samir de concourir pour les J.O. dans la catégorie ski de fond sous le drapeau algérien. Le scénario de cette comédie au fond social et sociétal, inspirée de l’histoire véritable du frère du réalisateur, aborde avec finesse et humour les thèmes de la binationalité, de la mixité etde l’intégration. "Ta mère et moi avons bossé toute notre vie pour que vous ayez le choix", dit le père de Sam. Les comiques de situation, servis par des dialogues brillants, sont joués par des comédiens formidables.

Isabelle Danel
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Five par Christophe Narbonne

Cinq amis sont colocataires d’un grand appartement payé en grande partie par le fils à papa de la bande. "Lâché" par son père, Samuel s’improvise dealer, en douce, pour acquitter le loyer... Créateur et acteur de la série Casting(s) avec Pierre Niney, Igor Gotesman retrouve son compère pour une histoire classique de potes qui part en vrille. Véhicule pour "Niney-acteur-de comédie" (il est, de fait, très drôle), Five est complètement déséquilibré (deux des cinq personnages existent à peine) et pas crédible pour un sou.

Christophe Narbonne
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Quand on a 17 ans par Christophe Narbonne

Cela commence comme Mes séances de lutte, de Jacques Doillon : un personnage des villes se confronte physiquement à un personnage des champs – en pleine montagne, Tom aide ses parents dans leur ferme isolée. Très vite, l’ambiguïté de leurs rapports ne fait aucun doute. Ces deux-là sont faits pour s’entendre mais ne savent l’exprimer autrement qu’à travers des corps-à-corps rugueux. Franche complicité ? Attirance?

Christophe Narbonne
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Le Sanctuaire par Sylvestre Picard

Adam, un ingénieur biologiste et sa femme s’installent avec leur bébé dans un coin de forêt irlandaise perdue (pléonasme) et réputée maudite par les gens du coin. Étudiant le terrain pour une entreprise de découpe de bois, Adam va vite découvrir une terrifiante saloperie qui se cache dans les fourrés. La première heure, un peu lente, est trop classique pour le genre (amusez-vous à repérer les acteurs de Game of Thrones, ici et là), mais les trente dernières minutes sont véritablement percutantes.

Sylvestre Picard
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Kung Fu Panda 3 par Isabelle Danel

Po rencontre son vrai père (qui n’est pas une oie, qui l’eût cru, mais un panda) et pour combattre l’horrible Kai et sauver les maîtres du kungfu, il doit d’abord découvrir qui il est. Animation véloce (les "visages" sont de plus en plus expressifs), combats saisissants, personnages secondaires emballants (les cinq acolytes plus une tribu d’ursidés noir et blanc impayables), dialogues brillants... Il y en a pour tous les goûts, pour grands et petits, et le scénario glisse mine de rien un message de bon aloi sur la différence et la force des faibles.

Isabelle Danel
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13 Hours par Sylvestre Picard

L’une des fausses pistes de la filmographie de Michael Bay serait de donner à croire que, depuis 2005, le réalisateur alterne des films plus indépendants – lisez: plus personnels, moins mainstream, plus intellectuels et fatalement plus réussis – avec un Transformers. Dans la première catégorie se rangeraient The Island, No Pain No Gain et, donc, 13 Hours. Le seul véritable point commun entre ces trois "récréations" de Bay sont leur résultat très bof, voire nul, au box office. En vérité ils s’inscrivent parfaitement dans l’œuvre du cinéaste.

Sylvestre Picard
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Yogananda par Isabelle Danel

Cette biographie, façon télé, du gourou du yoga des années 20 mélange images d’archives, événements (recréés) de la vie du maître et témoignages face caméra. Hagiographique, le film s’adresse à une audience restreinte, mais ne convaincra guère au-delà. « L’état dans lequel on n’a besoin de rien est yoga », dit un intervenant. Et si l’on manque de mise en scène ?

Isabelle Danel