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L'héritage des 500 000

Inédit en France, le seul et unique de l’acteur Toshiro Mifune débarque enfin dans nos salles. La star japonaise y incarne un militaire de formation forcé par des gangsters de retourner aux Philippines pour y déterrer le mythique “Or de Yamashita”, un trésor de guerre enfoui par l’ancien occupant japonais... Dans la lignée du Trésor de la Sierra Madre et anticipant la vague des “salopards” américaine, ce film d’aventures de 1963 brille par sa direction d’acteurs et par l’efficacité de sa narration.

Christophe Narbonne
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Mon Inconnue

En 2019, le cinéma français aime s’aventurer sur des terrains où il s’est souvent interdit d’aller. Ces fameux films que soi-disant « on ne sait pas faire » ici : le film de sous-marin avec Le Chant du loup et la comédie romantique avec Mon inconnue, domaine a priori réservé des Anglo-Saxons. Hugo Gélin est un amoureux fou du genre. Cette passion aurait pu l’enfermer dans des références écrasantes et l’empêcher de développer un récit original. On sait vite qu’il n’en sera rien.

Thierry Chèze
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Curiosa

En art, le terme « curiosa » désigne une représentation, écrite ou visuelle, érotique, voire pornographique. L’écrivain Pierre Louÿs (1870-1925), érotomane convaincu, en était adepte et réalisa notamment des photos de ce type. Certaines d’entre elles mirent en scène sa maîtresse, Marie de Régnier, fille du poète José-Maria de Heredia, avec laquelle Louÿs noua une passion dont Lou Jeunet fait le cœur battant de son premier film de cinéma, une ode à l’amour fou et à l’art comme source d’aliénation et de manipulation.

Christophe Narbonne
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La lutte des classes

Pendant quarante-cinq minutes, on pense tenir le grand film de ce début d’année. Une comédie d’actu qui capte l’air du temps et sur laquelle flotte un parfum de réel entêtant, marié à des effets poétiques et un sens de l’observation suraigu. Comme toujours chez Leclerc, il y a cette incroyable capacité à mêler politique, autobiographie et douceur. Il est question cette fois-ci de l’école et surtout de nos fantasmes, de nos peurs et crispations quand il s’agit de confier nos gamins à une institution qui dévisse.

Gael Golhen
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Comme si de rien n'était

C’est l’histoire d’une femme bien dans sa peau et dans son corps. Une femme aimée et aimante, dont l’existence bascule tragiquement... sans qu’elle veuille l’admettre. Cette nuit où après un dîner entre anciens camarades de classe, l’un d’eux, aussi alcoolisé qu’elle, se fait un peu trop pressant et la viole. Pour elle, ça ne fait aucun doute : la vie doit continuer, même si elle se retrouve à croiser chaque jour son agresseur à son travail. Jusqu’à ce que le déni devienne intenable. Car plus elle cherche à reprendre le contrôle de sa vie, plus celle-ci lui échappe...

Thierry Chèze
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La Flor - Partie 4

Après plus de cent vingt ans d’existence, on pourrait croire avoir tout vu et tout entendu au cinéma. Penser, à entendre certains esprits chagrins, que tous les films ont été faits. Et que les créateurs sont donc désormais condamnés à se répéter avec plus ou moins de bonheur. Venu d’Argentine, La Flor met une claque vivifiante à ces idées reçues, aux tenants du « ce ne sera jamais mieux qu’avant », à ceux qui croient dur comme fer que le cinéma a définitivement rendu les armes et abandonné à la série toute velléité créative.

Thierry Chèze
Dumbo Affiche principale
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Dumbo

Avouons-le d’entrée : on allait à reculons voir le nouveau Tim Burton, qui balbutie son cinéma depuis pas mal de temps. La promesse de féérie, d’humour et d’émotions n’était plus vraiment au rendez-vous, fini la team Tim, la critique dans son ensemble se détournant progressivement de celui qui avait été son enfant chéri dans les années 90 -d’Edward aux mains d’argent à Sleepy Hollow. Sur le papier, Dumbo n’était pas fait pour les réconcilier. Encore une adaptation live d’un classique Disney après le boursouflé Alice au pays des merveilles ?

Christophe Narbonne
Boy Erased : Affiche
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Boy erased

Révélation de Manchester by the Sea, Lucas Hedges est devenu en une poignée de films le visage officiel de l’ado « à problèmes » dans le cinéma américain contemporain. Après Ben is back, où il était le fils junkie de Julia Roberts, et en attendant 90’s de Jonah Hill, le 24 avril, dans lequel il incarne un jeune homme fruste et violent, il joue dans Boy Erased un homosexuel de 19 ans envoyé par ses parents, pieux et puritains, dans un centre de réorientation sexuelle, où d’autres jeunes gays sont coachés pour rentrer dans le droit chemin de l’hétérosexualité.

Frédéric Foubert
Companeros
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Compañeros

En Uruguay, après le coup d’État du 27 juin 1973, des milliers de prisonniers politiques viennent remplir les geôles de la dictature militaire. Compañeros raconte les douze années d’enfermement de trois d’entre eux, dont José « Pepe » Mujica, futur président du pays. Le film est porté par un évident geste mémoriel : voilà une œuvre qui pourra être montrée dans les lycées, qui accompagnera des débats historiens. Très bien. Mais Alvaro Brechner (Sale temps pour les pêcheurs) est d’abord préoccupé par des questions de cinéma.

Frédéric Foubert
Styx affiche
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Styx

D’abord, un peu de grec. Le Styx est le fleuve qui relie le monde des vivants à l’Enfer. Ce voyage vers l’abîme, l’héroïne de cette épopée maritime en solitaire va en faire l’expérience. Un compas sur une carte trace d’abord la route à suivre, depuis Gibraltar en passant par les côtes africaines jusqu’à un petit point perdu dans les mers du Sud. Rike, 40 ans, médecin urgentiste en Allemagne, met les voiles. À l’écran, peu voire pas de dialogues, juste le bruit de la mer et du vent. La mise en scène joue intelligemment la carte du réalisme, donc de l’immersion.

Thomas Baurez
C'est ça l'amour : Affiche
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Claire Burger a l’art du titre explicite : ceux de ses courts métrages (ForbachC’est gratuit pour les filles, coréalisés avec Marie Amachoukeli) et de son premier long (Party girl, coréalisé à trois, avec Samuel Theis en plus) annonçaient d’emblée la couleur. Ne pas se fier cependant au titre de son premier film en solo qu’on pourrait croire péremptoire en l’absence de point d’interrogation. C’est ça l’amour et puis c’est tout. Non. Il faut plutôt l’entendre au sens polysémique de la formule.

Christophe Narbonne
Mon meilleur ami : Affiche
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Mon meilleur ami

L’argument a été vu mille fois : l’intrusion d’un élément exogène, possiblement destructeur. Il prend les traits d’un jeune en difficulté, recueilli par une famille moyenne argentine. Cet électrique Caíto sympathise avec Lorenzo, adolescent sage et studieux qui va tenter de le cadrer avec la bénédiction de ses parents. Le réalisateur décrit cette amitié teintée d’attirance avec la pudeur requise mais avec une absence totale de lyrisme ou de mystère. Un peu court.

Christophe Narbonne
Gentlemen cambrioleurs : Affiche
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Gentlemen cambrioleurs

Michael Caine commence à avoir pas mal de films de casse au compteur. L’or se barre, Un hold-up extraordinaire, Le chat croque les diamants... Le dernier, Braquage à l’ancienne, est sorti chez nous il n’y a même pas un an. Gentlemen cambrioleurs refait le coup du gang de pépés braqueurs en entourant l’icône d’autres vieilles canailles du cinéma british, de Tom Courtenay à Ray Winstone.

Frédéric Foubert
Cacophonie du Donbass affiche
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La cacophonie du Donbass

Et si tout avait commencé à cause d’un film ? C’est l’idée de cette Cacophonie du Donbass qui prétend qu’une œuvre de propagande du cinéaste soviétique Dziga Vertov serait le lointain point de départ de la guerre ravageant ce petit bout d’Ukraine depuis 2014. Le documentaire revient d’abord sur La Symphonie du Donbass, un film des années 30 vantant la beauté de la région et les mérites des mineurs du coin présentés comme des demi-dieux. La réalité ne collait pas à la légende.

Gael Golhen
Cacophonie du Donbass affiche
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La cacophonie du Donbass

Et si tout avait commencé à cause d’un film ? C’est l’idée de cette Cacophonie du Donbass qui prétend qu’une œuvre de propagande du cinéaste soviétique Dziga Vertov serait le lointain point de départ de la guerre ravageant ce petit bout d’Ukraine depuis 2014. Le documentaire revient d’abord sur La Symphonie du Donbass, un film des années 30 vantant la beauté de la région et les mérites des mineurs du coin présentés comme des demi-dieux. La réalité ne collait pas à la légende.

Gael Golhen
Still recording affiche
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Still recording

C’est un document bien plus qu’un documentaire. Deux heures parmi les 450 tournées de 2011 à 2015 par Saaed Al Batal et Ghiath Ayoub, qui racontent de l’intérieur l’enfer quotidien vécu par les Syriens. Les mots que l’on peut lire dans les articles sur ce pays en guerre depuis tant d’années deviennent ici des images. Violentes, forcément. Confuses aussi, car rien ne ressemble plus à une journée de chaos qu’une autre journée de chaos. Surréalistes parfois, comme dans ces dialogues récurrents par radio interposée entre un pro et un anti-Bachar El Assad.

Thierry Chèze
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Synonymes

En deux longs métrages (Le Policier, L’Institutrice), Nadav Lapid s’est imposé comme l’une des voix les plus originales du cinéma israélien. Avec Synonymes, il pose pour la première fois sa caméra en France pour raconter Yoav, jeune Israélien arrivant à Paris dans l’espoir que notre pays le guérisse de la folie de son pays qu’il fuit au point de refuser désormais de parler hébreu. L’ouverture de ce récit vous happe. Yoav y déambule en panique dans un immense appartement vide d’un immeuble bourgeois qui le semble tout autant.

Thierry Chèze
Sergio et Sergei : Affiche
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Sergio et Sergei

En 1991, la dislocation de l’URSS eut des dommages collatéraux jusque dans l’espace, où elle menaça le retour sur Terre de la station Mir avec à son bord Sergei Krikalev. Après Andrej Ujica avec son docu Out of the Present, Ernesto Daranas (Chala,une enfance cubaine) s’empare de cette drôle d’épopée à travers une fiction à la mise en scène soignée, centrée sur l’amitié – née de leurs échanges radio – entre Krikalev et Sergio, un Cubain (prof de marxisme) qui l’aidera à revenir chez lui sain et sauf (avec l’aide d’un autre radioamateur... américain !).

Thierry Chèze
AFFICHE
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La Flor - Partie 3

Après plus de cent vingt ans d’existence, on pourrait croire avoir tout vu et tout entendu au cinéma. Penser, à entendre certains esprits chagrins, que tous les films ont été faits. Et que les créateurs sont donc désormais condamnés à se répéter avec plus ou moins de bonheur. Venu d’Argentine, La Flor met une claque vivifiante à ces idées reçues, aux tenants du « ce ne sera jamais mieux qu’avant », à ceux qui croient dur comme fer que le cinéma a définitivement rendu les armes et abandonné à la série toute velléité créative.

Thierry Chèze
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Sunset

Budapest à la veille de la Première Guerre mondiale. Irisz, une jeune chapelière, revient dans le grand magasin de chapeaux qui a appartenu à sa famille et y réclame sa place qu’elle estime légitime. Mais elle va se heurter aux secrets des nouveaux dirigeants. Quatre ans après avoir plongé sa caméra dans le cœur d’Auschwitz avec Le Fils de Saul, László Nemes semble radicalement changer d’espace-temps : une Budapest Belle Époque et estivale à la place des camps. Pourtant, le réalisateur nous enferme toujours dans le souvenir de la Shoah.

Sylvestre Picard
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Cómprame un revólver

Découvert à la Quinzaine des réalisateurs, ce septième long métrage de Julio Hernández Cordón, cinéaste mexicain méconnu sous nos latitudes, raconte la survie d’une jeune fille dans un univers hostile : un terrain de baseball au coeur du Mexique, squatté par une bande de narcotrafiquants et tenu par son père junkie. Après avoir vu sa femme et sa fille aînée enlevées, ce dernier tente tant bien que mal de protéger sa petite dernière en la faisant passer pour un garçon, tout en redoutant le moment où elle lui sera aussi enlevée.

Thierry Chèze
Us (affiche)
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Us

Plus rien n’arrête Jordan Peele. Deux ans à peine après le succès de Get Out, et alors qu’il supervise, via sa boîte de prod’ Monkeypaw, tout un tas de projets excitants (l’anthologie Weird City sur YouTube, un reboot de la Twilight Zone pour CBS…), l’homme décoche déjà un nouveau long-métrage.

Frédéric Foubert
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Sauvages

Sauvages se regarde et se vit comme une expérience sourde. Deux femmes aux destins brisés se rencontrent, l’une sort de prison après un vol qui a mal tourné, l’autre est une artiste recluse dans une maison. Dans ce huis clos, les deux protagonistes tentent de s’apprivoiser, tantôt en se balançant des banalités, tantôt en se réfugiant dans le silence. Le scénario semble glisser vers une histoire d’amour sulfureuse. Mais les scènes s’enchaînent sans force et sans trame cohérente, et rendent difficile à supporter ce duel dont on ne comprend pas les enjeux.

Sophie Benamon
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L'homme qui a surpris tout le monde

Difficile de parler de ce film sans en déflorer l’intrigue. Essayons. Lorsqu’un garde-forestier, atteint d’une maladie incurable, décide de recourir à une “technique” païenne pour tromper la mort, il provoque l’incompréhension puis la colère des villageois du coin de Sibérie où il vit avec sa famille... Mélange de folklore local et de commentaire politique sur la situation des marginaux en Russie, ce deuxième film d’un couple de cinéastes évoque en sourdine le cinéma codifié et secrètement explosif d’un Sergei Loznitsa. Il n’en a cependant pas l’ampleur dramatique ni onirique.

Christophe Narbonne
Leur souffle
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Leur souffle

Comment soulever chez le spectateur la question du divin ? Ou plutôt comment trouver la forme juste pour capter le souffle particulier qui est censé animer ceux qui se consacrent à Dieu ? Les deux réalisateurs de ce documentaire ont passé des heures au sein d’une abbaye bénédictine comme coupée du monde pour décrire le quotidien des sœurs : prière, atelier de peinture, cuisine, repas, et même partie enflammée de balle au prisonnier... Le tout au milieu des décors majestueux et ensoleillés du Sud de la France.

Thomas Baurez
dernier amour
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Dernier amour

Alors que les rapports hommes-femmes constituent le cœur de son cinéma, il était logique de voir Benoît Jacquot se confronter un jour à la figure du séducteur par excellence, Casanova. Il se penche ici sur un moment précis de sa vie, lors de son exil à Londres, où il va tomber sur un os : la Charpillon, prostituée dont le charme envoûtant lui fait soudain oublier toutes les autres femmes. Seul hic, la demoiselle ne s’en laisse pas compter.

Thierry Chèze
AFFICHE
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La Flor - Partie 2

Après plus de cent vingt ans d’existence, on pourrait croire avoir tout vu et tout entendu au cinéma. Penser, à entendre certains esprits chagrins, que tous les films ont été faits. Et que les créateurs sont donc désormais condamnés à se répéter avec plus ou moins de bonheur. Venu d’Argentine, La Flor met une claque vivifiante à ces idées reçues, aux tenants du « ce ne sera jamais mieux qu’avant », à ceux qui croient dur comme fer que le cinéma a définitivement rendu les armes et abandonné à la série toute velléité créative.

Thierry Chèze
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M

M, c’est une référence à M le maudit, ce film de Fritz lang qui suit un tueur d’enfants. M, c’est Menahem, le héros du film. Quand il était enfant, Menahem habitait Bnei Brak, une banlieue de Tel Aviv où résident les juifs ultraorthodoxes, les haredim. Il était connu pour sa gentillesse, son sens de l’étude et sa voix d’or qui résonnait dans la synagogue. Mais il gardait pour lui son secret : pendant des années, il a été violé par des membres de la communauté.

Sophie Benamon
AFFICHE
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Qui m'aime me suive

Simone est mariée depuis toujours à Gilbert, retraité aigri. Alors quand part le fougueux Étienne, son amant et voisin d’en face, et ami d’enfance de Gilbert, Simone décide de s’en aller. Qui l’aime la suive... On pourrait résumer le nouveau film du rare José Alcala (l’intéressant Coup d’éclat date de 2011) par la formule « Jules et Jim chez les seniors » : Daniel Auteuil et Bernard Le Coq se disputent les faveurs de Catherine Frot, insaisissable sexagénaire qui troque sa vie rangée pour la frivolité et la liberté.

Christophe Narbonne
AFFICHE
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Le corps sauvage

Depuis 2005, Cheyenne Carron a réalisé dix films -dont neuf depuis 2010. Un rythme de stakhanoviste pour cette réalisatrice atypique qui s’autoproduit et aborde des sujets plus ou moins radicaux. Dans Le corps sauvage, elle fait le portrait d’une jeune femme, Diane, chasseresse des temps modernes qui cherche un sens à sa vie dans un village près d’une forêt luxuriante. Sur place, Diane fréquente une communauté de jeunes écolos qui qui ne défendent pas tous la même idée de la chasse... Bavard, théorique, le film n’offre pas beaucoup l’occasion de vibrer ou de s’évader.

Christophe Narbonne