Affiche All inclusive
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All inclusive

On résume le début de l’intrigue spoiler-free : Bruno doit partir en vacances avec sa fiancée (Maïwenn passée cachetonner discrètement) mais celle-ci se rend compte à l’aéroport que son passeport est périmé et largue sa moitié. "Sale pute", lâche Balasko en touriste spectatrice, plantant là son personnage de mégère vulgaire avide de rencontres. Très vite, Bruno est collé par un type étrange en parka, Jean-Paul Cisse (oui, c’est un jeu de mots sur le pape), qu’on incruste de force dans son bungalow nuptial. Le principe du duo mal assorti, ressort éternel de la comédie, est posé.

Sophie Benamon
Alita : Battle Angel
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Alita : Battle Angel

Robert Rodriguez et James Cameron signent un vrai film de science-fiction, excitant et généreux, qui tranche avec les blockbusters actuels.

Sylvestre Picard
Vice
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Vice

Recevant un Golden Globe pour son interprétation de Dick Cheney dans le nouveau film d’Adam McKay, Christian Bale a remercié Satan de l’avoir « inspiré pour préparer ce rôle » ! Il s’est même demandé si, après avoir incarné celui qui fut le vice-président des États-Unis de l’administration de George W. Bush, il ne pourrait pas s’attaquer à Mitch McConnell, l’actuel chef de la majorité au Sénat américain, « autre méchant sans charisme », précise-t-il.

Thomas Baurez
AFFICHE
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Ralph 2.0

Ralph la casse, sorti de son jeu vidéo vintage pour aider son amie Vanellope, la reine du bolide, a sauvé sa borne d’arcade. Les visiteurs affluent mais un volant casse. Malheureusement, on ne peut trouver cette pièce, qui permettra à la princesse des slaloms de rester active, que sur eBay. Passée cette introduction un peu poussive, dès que le duo s’embarque dans l’univers d’internet, les clins d’oeil s’enchaînent joyeusement. Par son inventivité, le scénario de ce deuxième épisode dépasse l’original, et recèle deux pépites.

Sophie Benamon
AFFICHE
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Dans la terrible jungle

Pour leur premier long métrage, Ombline Ley et Caroline Capelle ont posé leur caméra dans un institut médico-éducatif du Nord pour y suivre des adolescents pensionnaires. Pas dans l’idée d’un film à thèse-antithèse-synthèse à la première personne du pluriel, mais en laissant au contraire les commandes à celles et ceux qu’ils filment et qui en donnent le la, au propre comme au figuré (la musique tient une place essentielle dans leur quotidien).

Thierry Chèze
Le Silence des autres affiche
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Le silence des autres

Doit-on tout oublier -surtout le pire- au nom de la réconciliation nationale ? Ce dilemme, l’Espagne l’a réglé de façon drastique en votant, deux ans après la mort de Franco, une loi d’amnistie interdisant tout jugement des crimes commis sous cette dictature. Une nouvelle plongée en enfer pour les victimes de ce quotidien d’exécutions sommaires et de torture. Produit par Almodóvar, ce documentaire raconte le combat de certains d’entre eux, forcés de saisir la justice depuis l’Argentine pour briser ce pacte de l’oubli.

Thierry Chèze
Deux fils
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Deux fils

Dans ses meilleures performances en tant qu’acteur (À trois on y va, Gaspard va au mariage, Simon et Théodore), Félix Moati a souvent tendance à bomber le torse et froncer le sourcil, comme pour mieux mettre en avant son intensité, sa maturité et contrebalancer ainsi sa dégaine de glandeur sympa. Son premier long métrage de réalisateur cherche lui aussi d’emblée à donner au spectateur des gages de sérieux.

Frédéric Foubert
Affiche Drapeaux de Papier
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Les drapeaux de papier

Il aura donc fallu seulement attendre février pour découvrir la première grande révélation française de cette année ciné 2019. Nathan Ambrosioni qui, du haut de ses 19 ans, nous offre ce premier long dont il assure et assume tout à la fois le scénario, la réalisation et le montage avec un refus de l’épate... assez épatant. Son récit débute par un retour. Celui de Vincent (Guillaume Gouix, impressionnant) chez sa sœur cadette, Charlie (Noémie Merlant, saisissante), qu’il n’a pas vue depuis douze ans. Le temps d’une longue peine passée derrière les barreaux.

Thierry Chèze
L'Illusion verte : Affiche
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L'illusion verte

Et si on arrêtait de culpabiliser le consommateur et de le rendre responsable de la transition écologique ? C’est à la recherche des gros pollueurs que se lancent Werner Boote et sa complice Kathrin Hartmann en dénonçant particulièrement ceux qui ont une image verte. Ainsi, le duo parcourt-il le monde pour exposer tel poids lourd de l’industrie agro-alimentaire qui brûle des forêts ou tel autre qui ne respecte pas ses engagements. On nous ment. Le réalisateur dénonce aussi les lobbies.

Sophie Benamon
Moi, Maman, ma mère et moi : Affiche
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Moi, maman, ma mère et moi

« On revient toujours gueuler sur la tombe de sa mère », écrivait Romain Gary dans La Promesse de l’aube. La relation mère-fils est certainement le terreau le plus riche du cinéma mondial. Pour son premier film, Christophe Le Masne a décidé d’apporter sa pierre à l’édifice. Il tisse joliment mais maladroitement l’histoire d’un secret qu’une mère a confié à son fils et qu’elle essaie de lui faire avouer de l’au-delà à l’occasion de la mise en vente de la maison familiale.

Sophie Benamon
Affiche Long Way Home
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Long way home

Ce premier long métrage n’a pas volé ces honneurs tant Jordana Spiro parvient à livrer un récit rempli d’émotions fortes et contradictoires, en plaçant sous le feu des projecteurs des personnages peu présents sur les écrans du cinéma américain, sans pourtant céder à la facilité du film à thèse cochant toutes les cases du « socialement correct ». On y suit une ado de 18 ans sortant de prison où elle a été incarcérée pour détention d’armes. Mais ce retour à la liberté n’a rien d’un long fleuve tranquille car elle reste hantée par un passé violent. Dès lors, quelle voie prendre ?

Thierry Chèze
The Raft : Affiche
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The Raft

Pouvons-nous faire sans la guerre ? C'est la question fondamentale que se posait Santiago Genoves en embarquant sur son radeau en 1973. Anthropologue spécialiste des comportements violents, cet universitaire avait choisi de regrouper 11 personnes, dont lui-même, sur une embarcation spartiate dans le but traverser l'Atlantique. Le vrai objectif de l'expédition était de découvrir l'origine de la violence et de l'attraction entre les individus, choisis pour leur diversité culturelle, religieuse et sexuelle.

Jean-Baptiste Tournié
Un ange affiche
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Un ange

Ce film est inspiré d’une histoire aussi vraie que tragique. Celle du coureur cycliste belge Franck Vandenbroucke, vu comme l’un des possibles successeurs du mythique Eddy Merckx avant qu’il ne bascule dans le dopage et la drogue et soit retrouvé mort à 34 ans dans la chambre d’une prostituée au Sénégal. Ce destin brisé a inspiré un roman que Koen Mortier (Soudain, le 22 mai) porte à l’écran avec un côté sage et scolaire en total décalage avec le parcours explosif de ce sportif brisé par ses addictions.

Thierry Chèze
Comme un seul homme : Affiche
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Comme un seul homme

Il en est donc des plus grands exploits sportifs comme des meilleures intentions : ni les uns ni les autres ne suffisent pas à faire de grands films. Eric Bellion en apporte une nouvelle preuve à son corps défendant. Pour ce documentaire, il a décidé de se filmer pour sa toute première participation au Vendée Globe, le célèbre tour du monde à la voile en solitaire, sans assistance et sans escale. Tout au long de ces 99 jours épiques, on suit donc de l’intérieur face caméra ses émerveillements, ses doutes, ses rages, ses peines… Les férus de voile y trouveront peut-être leur compte.

Thierry Chèze
AFFICHE
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Dragons 3 - Le monde caché

Dans Dragons (2010), le jeune Viking Harold et le petit Krokmou, en s’apprivoisant, remettaient en cause des siècles d’animosité entre humains et monstres cracheurs de feu. Quatre ans plus tard, Harold retrouvait sa mère et devenait chef d’une communauté mixte, avec le soutien actif de Krokmou, relégué au rôle de sidekick. Au tour de ce dernier d’occuper le haut de l’affiche dans cet ultime opus (en tout cas, pensé comme tel) qui voit le Furie Nocturne s’émanciper à son tour.

Christophe Narbonne
affiche Nuestro Tiempo
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Nuestro tiempo

Le Mexicain Carlos Reygadas, découvert en 2002 avec Japón, s’est imposé au fil d’une imposante filmographie comme un pilier du Festival de Cannes où sa Lumière silencieuse a obtenu un Prix du jury en 2007 et son Post Tenebras Lux celui de la mise en scène en 2012. Un statut de grand auteur international qu’il doit autant à son inspiration qu’à la pseudoradicalité d’un cinéma qui aime défier les lois de l’attraction (longs plans séquences, apparitions sauvages, nombrilisme assumé...).

Thomas Baurez
AFFICHE
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Nicky Larson et le Parfum de Cupidon

Au départ, c’est le fantasme d’un trentenaire biberonné au Club Dorothée à qui tout réussit, au point d’envisager très sérieusement d’adapter sur grand écran Nicky Larson, dessin animé japonais fétiche des kids des années 90. Un projet a priori un peu zinzin que Philippe Lacheau (Babysitting, Alibi.com) transforme pourtant en sympathique comédie d’action hybride, autant construite sur ses souvenirs de môme devant les programmes de TF1 (les caméos et références pullulent) que sur le personnage inventé par le mangaka Tsukasa Hojo.

François Léger
affiche my beautiful boy
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My beautiful boy

En trois films consécutifs (La Merditude des choses, Alabama Monroe, Belgica), le Belge Felix Van Groeningen s’est imposé comme le portraitiste inspiré – et mélomane – des familles dysfonctionnelles, aspirées par les trous noirs de l’atavisme et de la dépendance. Adepte d’un cinéma total, euphorisant et plombant, trivial et mythologique, déconstruit et narratif, FVG se distingue aussi par son amour de la culture américaine, patent à travers ses personnages de rednecks flamands fans de Roy Orbison dans La Merditude...

Christophe Narbonne
AFFICHE
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La Favorite

Entre les surpuissantes Élisabeth Ière et Victoria, la reine Anne a bien eu du mal à se faire un nom dans la généalogie britannique. C’est donc d’abord avec curiosité qu’on découvre cette monarque, dernière héritière de la lignée des Stuart qui, malgré ses attaques de goutte et sa timidité, aura régné au début du XVIIIe siècle alors que la Grande-Bretagne se hissait parmi les plus grandes puissances mondiales. Pour autant, résumer La Favorite  à un simple film historique serait mensonger. Ce qui a intéressé Yórgos Lánthimos c’est le rapport au pouvoir.

Sophie Benamon
AFFICHE
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Arctic

Dans l’enfer blanc de l’Arctique, un homme creuse péniblement une tranchée. Il va et vient sans relâche, déblayant la neige et perforant le sol glacé pendant des heures. Une fois le labeur terminé, une vue aérienne dévoile ces trois lettres : S.O.S. Premier long métrage de Joe Penna, Arctic remplit le cahier des charges de l’odyssée en solitaire d’un homme face à la dangerosité de l’environnement. Pêche routinière, pointage des jours qui défilent et tentatives avortées d’établir un contact avec la civilisation...

François Rieux
affiche Une intime conviction
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Une intime conviction

Dans les écoles de cinéma, les professeurs mettent souvent en garde leurs élèves débutants contre un sous-genre réputé le plus difficile à mettre en scène : le film de procès. Et de fait, les pièges ne manquent pas : espace confiné, multiplication des protagonistes et donc des points de vue, complexité du récit... Pour son premier long métrage, Antoine Raimbault passe outre et revient sur l’affaire Suzanne Viguier, du nom de cette mère de trois enfants dont le corps a disparu en février 2000.

Thomas Baurez
La Dernière folie de Claire Darling affiche
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La dernière folie de Claire Darling

La vieille maison familiale est un port d’attache où viennent forcément accoster les joies et les peines d’existence (dé)croisées. Ce film marque le retour au cinéma de fiction de Julie Bertuccelli qui adapte un roman de l’Américaine Lynda Rutledge qu’elle transpose dans un village de l’Oise dont le nom sonne comme un sortilège : Verderonne. La notion de temps est convoquée dès les premières secondes avec le tic-tac d’une horloge préfigurant les voyages entre passé et présent.

Thierry Chèze
affiche Kabullywood
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Kabullywood

En Afghanistan, dans les années 2000, après le départ des talibans, l’espoir était revenu. Le Français Louis Meunier y était et a imaginé une folle entreprise, comme un acte de résistance contre le fondamentalisme : tourner une fiction qui raconte la réouverture d’un cinéma de Kaboul, tout en le reconstruisant. En 2014, le réalisateur y est parvenu malgré les obstacles (incendies, attentats, menaces...). Certains ont d’ailleurs été intégrés au scénario. Kabullywood, c’est l’espoir de voir l’art l’emporter sur l’obscurantisme. Le film est joyeux, romantique, grave.

Sophie Benamon
Affiche La cabane aux oiseaux
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La cabane aux oiseaux

La cabane aux oiseaux est à la fois tributaire et victime de son format. Le moyen-métrage d'animation de Célia Rivière propose un patchwork de petites fables colorées que l'on déguste un chapitre à la fois. Le dessin et les animations minimalistes n'enlèvent en rien au charme de ces vignettes qui, sous leur aspect enfantin, abordent des thématiques essentielles de respect et de tolérance. Séduisant dans la finesse de ses thèmes musicaux et dans la candeur de son humour, ce recueil de contes enfantins souffre tout de même de la durée éclair de chaque pastille qu'il présente.

Jean-Baptiste Tournié
AFFICHE
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Mango

On connaissait le talent des Anglais pour le cinéma ancré dans le monde d’aujourd’hui qui fait cohabiter humour et conflits sociaux. Voici désormais qu’il s’applique à l’animation en stop motion (autre domaine où les British ne sont pas manchots). Mango est une taupe pas comme les autres. Alors que tout le monde se ravit de travailler à la mine, lui n’a qu’un rêve : devenir footballeur. Forcément, une utopie pour quelqu’un qui ne voit rien le jour ! Sauf que, quand la mine est menacée de fermeture, les talents de Mango vont soudain s’avérer utiles.

Sophie Benamon
Tout ce qu’il me reste de la révolution
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Tout ce qu'il me reste de la révolution

Elle a le physique et l’intellect de Diane Keaton dans Annie Hall et le romantisme de la râleuse Bridget Jones. Voici Angèle. Urbaniste au chômage, fille d’un ancien révolutionnaire, perdue dans ses idéaux. À travers ses rencontres et ses repas de famille, on découvre comment réconcilier les utopies avec la société d’aujourd’hui. Car Angèle est en décalage. Elle ne veut pas entrer dans cette société de consommation qui pousse à vouloir toujours plus, elle refuse aussi le culte de la performance. Mais va réussir à trouver sa place dans un groupe de marginaux comme elle.

Sophie Benamon
Affiche Un coup de maitre
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Un coup de maître

Repéré avec sa très bonne comédie Citoyen d’honneur en 2016, l’Argentin Gastón Duprat revient avec peu ou prou la même arme : un artiste vieillissant mêlé involontairement à une série de quiproquos. Dans ce Coup de maître, c’est Renzo, un peintre sans concession et bougon qui, suite à un accident, va perdre la mémoire et voir miraculeusement son inspiration et sa cote s’envoler à nouveau. Duprat entend ici dénoncer le monde de l’art où les goûts et les couleurs se vendent comme de vulgaires marchandises.

Thomas Baurez
Qu'est-ce qu'on a encore fait au bon Dieu ?
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Qu’est-ce qu’on a encore fait au bon Dieu ?

Près de cinq ans après le succès monstre de Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ? et ses douze millions d’entrées, Philippe de Chauveron réunit de nouveau les Verneuil et les Koffi dans une suite dont les mécaniques n’ont pas bougé d’un poil. Cette fois Claude et Marie Verneuil sont tourmentés par le départ prochain de leurs quatre gendres, décidés à quitter la France avec femmes et enfants pour tenter leur chance à l’étranger.

François Léger
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le grand bain

Bien que cerné par les idées noires, Le Grand Bain est un feel-good movie pétaradant.

Frédéric Foubert
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Si Beale Street pouvait parler

Remis sous le feu des projecteurs avec le docu de Raoul Peck, I am not your Negro, l’écrivain américain James Baldwin n’avait jamais vu une de ses oeuvres portée sur grand écran aux États-Unis, jusqu’à présent. C’est Barry Jenkins (Moonlight) qui s’attaque à ce Si Beale Street pouvait parler, déjà adapté au cinéma, mais à Marseille, par Robert Guédiguian (À la place du coeur). Jenkins, lui, replace le récit dans son contexte originel : les rues de Harlem au début des années 70.

Thierry Chèze