Affiche Welcome

Welcome : critiques

Les critiques de Premiere

(2) 4
  • 3
    Plus la filmographie de Philippe Lioret avance, plus elle gagne en noirceur et en épure. Tournant autour de trois personnages dans trois décors principaux (un appartement, une piscine, un port), Welcome parle de l’état du monde et de la complexité de l’âme avec un minimalisme admirable. Aux dialogues explicatifs, Lioret préférera toujours un visage expressif, un plan de coupe évasif mais significatif, un silence éloquent. Le cinéma, pour le réalisateur de Mademoiselle, c’est l’art de la litote. La thématique du secret, moteur de ses deux précédents films (L’Équipier et Je vais bien, ne t’en fais pas), trouve ici un pendant cinématographique par l’usage subtil de l’ellipse.
  • 4
    Là, c’est sûr, on ne pourra plus ignorer le talent de Philippe Lioret. Après Je vais bien ne t’en fais pas, le réalisateur français revient avec un drame solide. Autour d’une amitié entre un jeune irakien soucieux de traverser la Manche et un maître-nageur peu versé dans les problèmes des sans-papiers, il livre une réflexion intelligente sur le problème de l’immigration en France. Renforcé par les interprétations convaincantes de Vincent Lindon et Firat Ayverdi, Welcome s’impose comme le film français de ce début d’année.

Les autres avis de la presse

(7) 3
  • Télé 7 jours () 3
    Avec [une] acuité sensible, Lioret éclaire les tourments de son héros et le sort tragique des réfugiés. Et nous offre bien plus qu'un drame intime doublé d'un manifeste humaniste bouleversant : le plus beau film du moment. Que Vincent Lindon y soit mêlé n'a rien d'étonnant.
  • Elle () 4
    Il y a plusieurs façons de se prendre Welcome en pleine figure. Comme une histoire d'amour, comme une déclaration politique, comme un chagrin d'amour mal cicatrisé, mais surtout comme un terrible drame humain.
  • Le Monde () 2
    Welcome est nourri d'une colère qui va croissant au fil de séquences de plus en plus tendues. (...) La réussite de Welcome, sa faculté à rendre évidente l'aspiration de Bilal à franchir la mer et la résolution de Simon à l'aider, tient aussi aux acteurs. Vincent Lindon incarne comme personne aujourd'hui la solitude, le désarroi, le désenchantement.
  • Télérama () 4
    Ce n'est pas un pamphlétaire, Lioret, mais un philosophe : il sait bien que chacun a ses raisons, même s'il arrive que tout le monde ait tort... Son film, intense et beau, donne le frisson. Il finit mal, bien sûr, parce qu'il ne saurait en être autrement. Mais, comme dans ces vieux chefs-d'oeuvre italiens où il suffisait qu'un gamin glisse sa main dans celle de son père humilié pour que l'espoir renaisse, ce sont des fragments de fraternité que l'on emporte.
  • Paris Match () 3
    Tressant son scénario avec la corde raide de la réalité, les barbelés de la répression et les fils de soie de l'amour, Lioret déroule la trame d'une histoire poignante et tragique où les destins individuels se heurtent, pauvres esquifs, aux tankers inhumains d'une politique mal menée et malmenante.
  • Fluctuat () 2
    L'auteur de Je vais bien, ne t'en fais pas s'essaie au drame engagé avec Welcome, sur les sans-papiers de Calais. Malgré une ouverture forte, le film de philippe lioret s'enlise dans un sentimentalisme agaçant.Welcome débute fort et bien. Des plans saisissants nous montrent l'oppression des clandestins cernés par les policiers, dans une ville fantôme au bord de la Manche. Bienvenue à Calais, 2008. En pleine nuit, ces sans-papiers grelottants doivent déjouer les contrôles de brigades qui leur sont dédiées, en montant à l'arrière de camions de marchandise. Pour ne pas déclencher les détecteurs de CO2, ils ont trouvé une méthode : se passer un sac plastique sur la tête, au risque d'y rester. Mais quand on a déjà parcouru 4000 km à pied, le risque, on le prend... Le malaise qu'inspire cette ouverture âpre et réaliste se dilue progressivement, à mesure que le film se « mélodramatise » et que la mise en scène de Philippe Lioret se démobilise. Original, le synopsis tient en peu de mots sur le dossier de presse: « Pour impressionner et reconquérir sa femme, Simon (Vincent Lindon), maître nageur à la piscine de Calais, prend le risque d'aider en secret Bilal, un jeune réfugié kurde qui veut traverser la Manche à la nage. » A la nage, carrément, et pour une raison de coeur évidemment (retrouver sa copine). L'amour fait donc à la fois prendre conscience à Simon que la France maltraite les immigrés clandestins, mais également s'entêter Bilal dans un infatigable dépassement de soi. Le film aurait pu être à la fois drôle et tragique comme le récent The Visitor, mais même gavé aux bons sentiments, Welcome échoue à émouvoir : on ne s'attache jamais à ces personnages simplistes, dénués d'aspérités et d'humour - d'humanité, en somme. Pour ce qui est du constat politique, le film pâtit de la naïveté des dialogues et des lourdeurs de la mise en scène. L'oppression policière, les délits de faciès, l'encouragement à la délation, tous ces thèmes rappelant les sinistres heures de l'Occupation sont certes abordés, mais en marge du récit et de manière maladroite (le ridicule sermon asséné par la femme de Simon au supermarché), voire caricaturale (l'affreux voisin raciste). La réalisation passe-partout de Lioret se contente de nous montrer des gens qui s'aiment malgré leurs différences et/ou la distance, sur un ton souvent plombant, avec musique au diapason, et son lot inévitable de regards intenses qui en disent long. L'ennui n'est jamais loin.WelcomeDe Philippe Lioret Avec Vincent Lindon, Firat Ayverdi, Audrey DanaSortie en salles le 11 mars 2009Illus. © Guy Ferrandis Eric Vernay- Exprimez-vous sur le forum cinéma- Lire le fil réalisateur sur le blog cinéma
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