Titre original Wajib
Date de sortie 14 février 2018
Réalisé par Annemarie Jacir
Avec Mohammad Bakri , Rana Alamuddin , Saleh Bakri
Scénariste(s) Annemarie Jacir
Distributeur Pyramide
Année de production 2017
Pays de production Palestine
Genre Drame
Couleur Couleur

Synopsis

Abu Shadi, 65 ans, divorcé, professeur à Nazareth, prépare le mariage de sa fille. Dans un mois, il vivra seul. Shadi, son fils, architecte à Rome depuis des années, rentre quelques jours pour l’aider à distribuer les invitations au mariage, de la main à la main, comme le veut la coutume palestinienne du Wajib. Tandis qu’ils enchainent les visites chez les amis et les proches, les tensions entre le père et le fils remontent à la surface et mettent à l’épreuve leurs regards divergents sur la vie.

Critiques

  1. Première
    par Damien Leblanc

    En suivant le trajet en voiture d’un professeur divorcé qui s’en va distribuer en mains propres - et conformément à la tradition palestinienne du « wajib » - les invitations au mariage de sa fille, accompagné de son fils (architecte trentenaire parti vivre à Rome), le troisième long métrage d’Annemarie Jacir dresse un saisissant portrait de l’actuelle ville de Nazareth : appartenant à l’État d’Israël mais peuplée de Palestiniens chrétiens et musulmans, la cité apparaît ici pleine d’exaspérations sociales, de promiscuité menaçante mais aussi de vitalité démographique. Au cœur de ces tensions habilement retranscrites par la mise en scène, la réalisatrice (révélée en 2008 avec Le Sel de la mer) s’appuie d’abord beaucoup sur les dialogues pour exhiber les oppositions politiques et générationnelles qui séparent ce père et ce fils réunis le temps de quelques jours ; puis le truculent sens des situations tragi-comiques finit par rendre vibrantes les souffrances enfouies de cette famille qui ne peut pas faire abstraction de l’Histoire récente si tourmentée de la Palestine. Et c’est par la grâce de prodigieux acteurs que la lucidité et la franchise l’emportent sur les non-dits. Père et fils associés pour la première fois à l’écran, Mohamad Bakri (qui a démarré il y a 35 ans dans Hanna K. de Costa-Gavras) et Saleh Bakri (déjà brillant chez Elia Suleiman ou Radu Mihaileanu) donnent ainsi tout son mordant à cette délicate chronique du déchirement des âmes palestiniennes d’aujourd’hui.