Visage : critiques
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La critique de Premiere
(1) 1- Gérard Delorme1En plein trip arty, le Taïwanais a enregistré une série de tableaux insolites qui ont plus leur place dans un musée d’art contemporain que dans une salle de cinéma. Pas de scénario, mais le dossier de presse donne une idée de ce qui a pu convaincre les producteurs de mettre la main au portefeuille : Lee Kang-Sheng, l’acteur fétiche du cinéaste, incarne un réalisateur qui cherche à tourner Salomé en France.
Les autres avis de la presse
(15) 2- StudioCiné Live (thierry chèze) 1Ses interminables 2h20 se résument à une succession de tableaux parfois sublimes mais à travers lesquels Tsai Ming-Liang dévoie son génie, en laissant traîner les scènes comme gage de sa virtuosité. Visage à ceci d'agaçant que chacun de ses plans semble crier : "admirez-moi". Une art-naque.
- Journal du dimanche (Barbara Théate) On tente de suivre les errances d’un réalisateur taïwanais venu tourner un film sur Salomé au Louvre. Tsai Ming-liang aligne les scènes interminables et grotesques pendant deux heures vingt de vacuité abyssale. En guise d’hommage à la nouvelle vague, il transforme Jean-Pierre Léaud en vieux bouffon pathétique et Fanny Ardant court après un cerf nommé Zizou! Du Louvre (qui produit le film), on ne voit que les chaufferies où Laetitia Casta se coince la robe. A la fin du film, Zizou est retrouvé. La pauvre bête voulait s’échapper du film. Comme nous.
- Les Inrocks (jb morain) 4Tsai Ming-liang a fait de Léaud un clochard céleste, un poète habité, un fantôme éternellement jeune quoique blessé par la vie, un être magique qui ne pouvait se satisfaire de l’existence du commun des mortels. Certes, on pourrait trouver cela romantique, ridicule. Mais regardez seulement ce que fait Léaud dans le film : rien avec lui n’est anodin. On ne sait jamais vraiment s’il joue ou s’il se joue. La présence de Fanny Ardant à ses côtés, les apparitions drôles de Nathalie Baye et de Jeanne Moreau, les photos de Truffaut ne font qu’ajouter à cette danse poétique à Paris, menée de main de maître, souvent “à la Godard” des années 80, par la fraîcheur et le tranchant du regard de Tsai Ming-liang.
- A voir à lire (Marine Bénézech) 3Dans Visage, les personnages ne parlent presque pas, non parce qu’ils s’expriment dans des langues différentes mais parce que les fantasmes qu’ils développent se passent de mots et que l’essentiel de leurs émotions transparait sur leurs visages. Pour l’admirateur de Truffaut, qu’est Tsaï Ming-Liang, celui-ci a parfaitement su tirer de ses comédiens le meilleur, à l’instar des considérations de son réalisateur de référence : « L’acteur qui joue un personnage est plus important que le personnage ». Des interprétations subtiles, dans une atmosphère éthérée, à ne plus savoir où sont les frontières du merveilleux, Visage est bien le film le plus abouti de Tsaï Ming-Liang depuis Vive l’amour.
- Fluctuat.net (Damien Leblanc) 3Etablissant des allers-retours permanents entre le désir et la mort, le cinéaste exalte l'impossibilité du contact physique (un voile, un scotch ou un pansement viennent toujours s'interposer entre les corps). Mais, parallèlement à ce constat d'échec, Tsai Ming-liang fait triompher la coexistence de deux sources d'inspirations culturelles : la « seconde Nouvelle Vague taïwanaise », dont il fait partie, et la Nouvelle Vague française, à laquelle il rend hommage à travers la figure tant aimée de François Truffaut, qui revient plusieurs fois dans le film.
- Le Figaro (Eric Neuhoff) Un réalisateur essaie de tourner au Louvre un remake de Salomé. Etait-ce bien nécessaire? [...] On a droit à une fuite d'eau dans la cuisine, au dégivrage d'un frigo en temps réél. Cela doit être de l'art et essai. La preuve: il y a Jean-Pierre Léaud. Il est tout le temps en train de dormir sur sa chaise. C'est lui qui a raison. Au secours.
- Nouvel Obs (Jean-Philippe Guerand) 2Cet éternel dilemme du cinéma d’auteur contraint à la compromission pour pouvoir survivre donne lieu ici à un superbe effet miroir où la mise en scène ose prendre son temps, luxe suprême que ne s’autorisent plus que quelques rares créateurs. "Visage" est une déambulation erratique et visionnaire ponctuée çà et là d’étonnants intermèdes musicaux qui célèbrent la beauté de Laetitia Casta en une étourdissante mise en abyme.
- Libération (Gérard Lefort) 3(...) ce Visage peut aussi se scruter comme un long cortège funèbre amenant au tombeau aussi bien un certain cinéma qu'une folle cinéphilie. On flâne dans la coulisse obscure du Louvre, on s'égare dans les bas-fonds, jusqu'à un boyau inondé où Laetitia entonne son lamento sur le gisant d'un fiancé mis à nu. (...) Diva Casta.
- 20 Minutes (Stéphane Leblanc) 1Un hommage à la Nouvelle Vague, et plus précisément à François Truffaut ? Pourquoi pas. Mais le cinéaste taïwanais Tsai Ming-liang s'est perdu dans ce beau projet.[...] Les acteurs s'ennuient : «Je suis fatiguée», se plaint Fanny Ardant. «Moi aussi», lui répond Jean-Pierre Léaud. Et le public aussi d'attendre que Tsai donne un sens à ce qu'il filme.
- L'Express (Eric Libiot) En fait de miroir, ce Visage est plutôt un écran de fumée derrière lequel s'accumulent des scènes sans queue ni tête, ne cessant de rappeler la vacuité du projet mis en scène par un réalisateur chéri de la critique, qui pense et qui atteint là les limites d'un univers esthétique ne dépassant pas le bout de la chaise.
- Télérama (Jacques Morice) 3Visage est un poème d'hiver, de neige et de miroir. A partir d'une commande du musée du Louvre, le réalisateur taïwanais a imaginé une histoire de tournage, sorte de féerie autour du mythe de Salomé [...] Cinéma en panne cocasse - rien ne va, chacun attend ou dort. Ou bien mémoire du cinéma, hommage sensible à un grand absent, François Truffaut, dont Les Quatre Cents Coups ont marqué l'enfance de Tsai Ming-liang. Le souvenir de François Truffaut plane à travers la présence de Jean-Pierre Léaud, mais aussi de Fanny Ardant, de Jeanne Moreau et de Nathalie Baye. [...] Ce film, hélas trop long dans sa seconde moitié, recèle des images de toute beauté.
- Le Monde (Isabelle Regnier) 3ll faut remonter à loin, très loin dans l'histoire du cinéma, pour trouver une actrice dont la beauté irradie à ce point la pellicule. Dans la peau de Salomé, rôle que lui offre Tsai Ming-liang dans Visage, Laetitia Casta rivalise avec les plus grandes stars de l'âge d'or d'Hollywood. [...] La nostalgie est balayée, surtout par le délire pop des tableaux chorégraphiés, par le faste des costumes signés Christian Lacroix et des décors, par la beauté de Laetitia Casta. Propulsée par le cinéaste taïwanais dans la position d'héritière impossible des actrices de Truffaut avec qui elle partage l'écran, l'ancien mannequin pourrait s'effondrer. Mais c'est tout le contraire qui se passe. Cette icône de la culture pop apparaît ici comme le pilier du film, le dernier élément de stabilité dans un monde qui part en vrille. Main dans la main avec Tsai Ming-liang, elle invente la figure de la star de demain.
- Les Cahiers du cinéma (stephane delorme) Le naufrage de Visage tient au moins à deux raisons. La mauvaise alliance entre une institution et un cinéaste semblant soudain naviguer sans contrainte. La caution artistique autorise Tsai Ming-Liang à égréner des "visions" ou des "caprices" sans queue ni tête(...). L'autre raison est plus embarrassante. Tsai Ming-Liang succombe, comme Nobuhiro Suwa en son temps, aux sirènes de la nostalgie Nouvelle Vague, et en cette période anniversaire, c'est de circonstance. Mais de là à collectionner les comédiennes de Truffait comme on épingle des papillons au mur, il y a un grand pas.
- Positif (adrien gombeaud) 1Au final, le seul intérêt de Visage est donc d'incarner jusqu'à l'absurde le mécanisme burocratico-mondain qui lui a donné la vie.
- Fluctuat (De Almeida Daniel) 3Quand Tsai Ming-liang tourne à Paris, la lenteur et les silences courent le risque d'égarer le spectateur. Mais Visage n'exige qu'un peu de patience pour dévoiler des trésors de grâce fragile.Si Le Voyage du ballon rouge (2007) était une commande passée par le Musée d'Orsay au cinéaste taïwanais Hou Hsiao Hsien, Visage constitue cette fois une commande du Louvre à son compatriote Tsai Ming-liang. Bénéficiant d'une liberté artistique totale, le réalisateur de La Saveur de la pastèque a imaginé l'histoire d'un artiste taïwanais (joué par Lee kang-sheng, éternel alter-ego filmique de Tsai Ming-liang) qui réalise à Paris un film sur le mythe de Salomé. Très avare de dialogues, Visage n'explicite jamais cette situation narrative, préfèrant enchaîner de longs plans fixes et picturaux, qui ont tant indisposé le public cannois en mai dernier. Entre les personnages du cinéaste, de l'actrice top-model (Laetitia Casta), de la productrice débordée (Fanny Ardant) et de l'acteur expérimenté/tourmenté (Jean-Pierre Léaud), les liens se dessinent effectivement davantage par les images que par la narration ou la parole.Revendiquant la prédominance de la forme sur le récit, Tsai Ming-liang développe à nouveau ses thématiques de prédilection, que sont la solitude et l'angoisse de l'incommunicabilité. Les personnages de Visage se trouvent entièrement livrés à eux-mêmes, prisonniers d'un cadre qui les enferme parfois dans l'inaction totale. Si un tel projet artistique entraîne nécessairement ce qu'on appelle des « longueurs », la sensualité finit par affleurer. Le lent crépitement du désir au sein du froid hivernal, la confiance émue qui s'installe timidement entre deux regards, les déambulations crépusculaires dans les sous-sols du Louvre...sont autant d'éléments qui forment une symphonie esthétique pleine de cohérence. Très réussis, les trois numéros musicaux de Laetitia Casta offrent ainsi de lumineuses bouffées fantasmatiques qui transpercent un monde habité par des fantômes impuissants. Etablissant des allers-retours permanents entre le désir et la mort, le cinéaste exalte l'impossibilité du contact physique (un voile, un scotch ou un pansement viennent toujours s'interposer entre les corps). Mais, parallèlement à ce constat d'échec, Tsai Ming-liang fait triompher la coexistence de deux sources d'inspirations culturelles : la « seconde Nouvelle Vague taïwanaise », dont il fait partie, et la Nouvelle Vague française, à laquelle il rend hommage à travers la figure tant aimée de François Truffaut, qui revient plusieurs fois dans le film. La séquence dans laquelle Fanny Ardant et Jean-Pierre Léaud (acteurs fétiches de Truffaut) se regardent dans un miroir pourrait ainsi relever du pur hommage théorique et froid, mais elle réussit à créer un parfum inédit, à l'image d'un film inclassable et finalement touchant.VisageDe Tsai Ming-liangAvec Lee kang-sheng, Laetitia Casta, Jean-Pierre LéaudSortie en salles le 4 novembre 2009[mediabox id_media="112285" align="null" width="500" height="333"][/mediabox] Illus © Rezo Films Damien Leblanc - Exprimez-vous sur le forum cinéma- Suivez les fils festival de cannes, asie sur le blog cinéma- Tsai Ming-liang sur Flu : lire les critiques de The HoleEt là-bas, quelle heure est-il ? (1998), (2001), Goodbye, Dragon Inn (2003), La Saveur de la pastèque (2005), I Don't Want to Sleep Alone (2007)
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