Villa Amalia : critiques
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La critique de Premiere
(1) 3-
Didier
Roth-Bettoni
3
Du roman de Pascal Quignard auquel il est très fidèle, Benoît Jacquot a tiré un film qui, à l’instar de son personnage,
se dépouille progressivement de ses artifices pour s’ouvrir à l’essentiel : la lumière, l’espace, le silence, la liberté.
Les autres avis de la presse
(7) 3-
Pariscope (Arno Gaillard) 2Adapté d’un roman de Pascal Quignard, ce beau film nous donne à nouveau l’occasion d’admirer tout le talent d’Isabelle Huppert, qui, pour la cinquième fois, tourne avec Benoît Jacquot. Elle est magistrale dans le rôle de cette femme qui veut un ailleurs, un autre monde, un autre temps. Georges, le confident, interprété par Jean-Hugues Anglade qui trouve avec ce personnage un grand rôle, lui demande : « Mais pourquoi tu veux tout quitter ? », « Je ne sais pas, je veux éteindre ma vie d’avant » lui répond Juliette. Un « voyage en Italie » mais fait cette fois-ci par une femme en solitaire qui, parfois, nous rappelle aussi Ingrid Bergman sur le volcan de « Stromboli ». Cette quête, dans la lumière méditerranéenne magnifiquement filmée par Caroline Champetier, et bien d’autres choses, font de cet itinéraire d’une autre enfant gâtée, un grand moment de cinéma.
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Elle (Florence Ben Sadoun) 3Ca commence par un cri à la mort et ça finit par un souffle de vie. Cette Villa Amalia, c'est un pur désir de vie.
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Le Monde (Jean-Luc Douin) 2Le film, c'est une de ses qualités, va vite. Il est tranchant, aligne des émotions imprévisibles sans s'épancher, sans expliquer. C'est un film sans psychologie, où Benoît Jacquot saisit des états d'âme, ou plutôt une métamorphose d'états d'âme. (...) Villa Amalia est un film déroutant, la démarche de cette femme échappe à l'ordinaire, et on n'est pas invité à comprendre mais à ressentir, happer des sensations, déceler des connivences par fragments, faire inconscient commun.
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Télérama (Aurélien Ferenczi) 3Une femme qui part et se transforme : c'était déjà le sujet des deux précédents films de Benoît Jacquot. Mais, ici, le processus est si accompli qu'il autorise même, passé la tentation quasi mystique de la vie d'ermite, une acceptation du monde un temps rejeté. (...) Le cinéaste semble contempler cette métamorphose avec la même sidération que le spectateur : le périple qu'il donne à voir est aussi celui d'une immense actrice s'appropriant un personnage, le conduisant haut dans l'éther pour mieux le ramener sur terre, parmi nous.
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Paris Match (Alain Spira) 2On a tous rêver de tout plaquer ; ce film à la photographie superbe réalise ce fantasme en dessinant un beau portrait de femme. Un rôle sur mesure pour Isabelle Huppert, la meilleure pleureuse du cinéma français.
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Fluctuat () 4Spécialiste du portrait de femme à la dérive, Benoît Jacquot abandonne sa nouvelle muse Isild le Besco pour retrouver son autre actrice fétiche, Isabelle Huppert. Ample et tendu, mental et physique, Villa Amalia se joue des paradoxes pour former un saisissant moment de cinéma.Le nouveau film de Benoît Jacquot, le 34e de ce stakhanoviste du cinéma français, est une pure merveille. Dans la lignée de son dernier sommet, A tout de suite, avec Isild le Besco, Villa Amalia raconte la fuite d'une femme, asphyxiée par un quotidien qui l'oppresse. Adapté du roman éponyme de Pascal Quignard (scénariste pour Alain Corneau), le film n'a d'yeux que pour son personnage principal, Ann, incarné par une Isabelle Huppert impressionnante, plus opaque que jamais.Les premiers plans, nocturnes, pourraient sortir d'un thriller. Ann conduit sur l'autoroute, en chasse d'une autre voiture. La caméra frémit, et la musique de Bruno Coulais angoisse déjà, sans qu'on sache bien pourquoi. On est à Choisy-le-Roy, sous la pluie. Cachée derrière le grillage d'un pavillon, Ann surprend un homme (qu'on sait instantanément être son mari) avec une femme, en train de s'embrasser. Surgit alors, de nulle part, Georges (Jean-Hugues Anglade), un ami d'enfance qu'elle avait complètement oublié. Il l'invite à boire un thé chez lui, la tutoie d'office, mais Ann ne peut s'empêcher de le vouvoyer. Déjà en décalage. Son regard est fuyant, ses pensées ailleurs, loin, très loin de ce présent qu'elle a déserté depuis longtemps. Sans faire de psychologie, Jacquot ausculte en plans incisifs le visage d'Huppert, traque la moindre de ses expressions (un sourire fugace, un regard oblique, une coulée de larmes), surprend ses mouvements, souvent en cours. Le style est nerveux, coupant, la tension permanente. Ann ne dit pas grand chose, mais bouge beaucoup, pressée d'en finir avec son ancienne vie, et surtout de s'en inventer une nouvelle, quelque part. Mais, comme lui fait remarquer son nouvel ami Georges, dévoué et déjà amoureux, disparaître n'est pas si facile, de nos jours. Il lui faut couper sa ligne de téléphone, changer de nom, retirer son argent de la banque, jeter sa carte Visa, quitter son métier de grande pianiste reconnue, et vendre son appartement, après en avoir évacué son encombrant mari (Xavier Beauvois), toujours épris d'elle. On suit intensément cette suite de gestes précis, organisés, mécanique enclenchée pour déconstruire, repartir de zéro, avec pour acmé la violente mais libératrice coupe de cheveux, documentaire, d'Isabelle Huppert.Cinéaste de la sensation et du mouvement, Jacquot filme un personnage seul, hermétique, mais en même temps ouvert au monde, et dont les actions plus que les paroles distillent des émotions. Lorsqu'elle part de chez elle, vers l'Allemagne, puis l'Italie, Ann rencontre la nature, s'y mêle, fait l'amour à un homme dans les montagnes, puis la planche, seule au milieu de l'immense océan. Cette table rase du passé, vertigineuse, jamais loin de la folie, s'accompagne de relents de la vie d'avant, qui agissent comme des piqûres de rappel. Georges, ou les parents d'Ann, lui renvoient d'autres facettes d'elle-même, parfois douloureuses, mais le plus dur est fait : détruire ce qui est mort en soi, se jeter à l'eau, pour mieux muer, et reconstruire ensuite. Viva Amalia est un magnifique éloge de la fugue - quête de soi synonyme de liberté - qui prend aux tripes et émeut sans prévenir.Villa AmaliaDe Benoît JacquotAvec Isabelle Huppert, Jean-Hugues Anglade, Xavier BeauvoisSortie en salles le 8 avril 2009[mediabox id_media="90710" align="null" width="500" height="333"][/mediabox]Illus© EuropaCorp DistributionEric Vernay- Exprimez-vous sur le forum cinéma- Lire les fils réalisateur, actrice sur le blog cinéma- Benoit Jacquot sur Flu : lire les critiques de La fausse suivante (2000), Sade (2000), A tout de suite (2004), L'Intouchable (2006)
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