Un éclair de génie : critiques
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Les autres avis de la presse
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Fluctuat () 3Annoncé sans tambour ni trompette, Un éclair de génie et son portrait désillusionné de l'American Dream est une vraie bonne surprise.On voit trop rarement Greg Kinnear. Alors quand déboule Un éclair de génie, où pour une fois il porte le film seul, d'un bout à l'autre, on saute sur l'occasion. Double : d'abord pour le plaisir de suivre celui tant aimé dans Deux en un, La Ville fantôme ou Sabrina, le remake mésestimé de Pollack. Ensuite parce qu'on n'avait jamais entendu parler du film ni son auteur, Marc Abraham, producteur passant pour la première fois derrière la caméra. Et la surprise fût doublement bonne, pour l'un qui emmène le film sans faillir, pour l'autre qui sans révéler un immense talent caché, s'en sort avec plus que les honneurs. Question de forme, sans prétention, en osmose totale avec son matériau d'origine : un article du New Yorker retraçant l'histoire de Dennis Kearns, universitaire et inventeur des essuie-glaces à balayage intermittent désormais installés sur chaque automobile. Naïf et rêveur, il croyait monter sa compagnie et fournir les plus grands industriels du secteur. C'était sans compter sur Ford qui profita de son inexpérience pour lui voler son invention (Chrysler et les autres ont suivi). Le film reprend ainsi une construction classique en trois parties : 1, l'ascension, euphorie du quand tout paraît possible. 2, la chute, menant vers la dépression, l'hôpital et la dissolution familiale. 3, le salut, lorsque après des années de batailles juridiques, de déconvenues, de propositions à coups de chéquier, Kearns peut enfin traîner Ford devant les tribunaux. En s'étalant sur une quinzaine d'années, des 60's aux 70's, à Detroit, au sein d'une petite famille typique pour qui le rêve américain a du sens, Un éclair de génie tient de la mini fresque. Quelque part entre Zodiac, pour la lente et laborieuse procédure judiciaire se diluant dans le temps, et Tucker, pour le portrait d'un entrepreneur solitaire broyé par le système. Le film n'a pas l'ampleur ni l'ambition du Fincher ou du Coppola, mais il creuse son sillon : en captant élégamment une lumière pour façonner l'ambiance, en cadrant les choses avec un souci de composition sans coquetterie, par sa capacité à tailler le récit à coups d'ellipses en allant droit à l'essentiel sans négliger le détail, l'écriture simple et évidente d'un motif à la compréhension limpide. Abraham dresse un portrait mélancolique et plein d'amertume d'une époque où des hommes honnêtes furent dupés par une idéologie en laquelle ils croyaient aveuglément. C'est un film de la déception, du regret, rendant hommage et justice à ces milliers d'inventeurs spoliés. Mais sa carte maîtresse, c'est Kinnear, parfait en candide têtu, fruit d'une génération forcée d'assumer une violente désillusion, pour lui et face à sa famille (tout un modèle s'effondre). Son jeu, en faiblesses, maladresses, exprime avec précision et sensibilité chaque étape de cet homme ordinaire humilié dont l'invention a changé le quotidien. Simple, mais plutôt beau.Un éclair de génie De Marc AbrahamAvec : Greg Kinnear, Dermot Mulroney, Lauren GrahamSortie en salles le 27 mai 2009[mediabox id_media="94681" align="null" width="500" height="333"][/mediabox] Illus © Universal Pictures International France Jérôme Dittmar- Exprimez-vous sur le forum cinéma- Lire le fil acteur sur le blog cinéma
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