- Fluctuat 0
Les autres avis de la presse
(1) 0-
Fluctuat () 0Révélé en France par Tetsuo, Gemini et Bullet Ballet, Shinya Tsukamoto, avec Tokyo Fist, laisse sur les rétines une étrange impression d'inachevé. Bâti autour d'un trio malsain - Tsuda, employé d'une entreprise de Tokyo, sa compagne, Hisaru, et Kojima, un boxeur professionnel -, Tokyo Fist reproduit la thématique chère à Tsukamoto : rancoeurs refoulées, pulsions sexuelles que le "vernis" de la société recouvre, existence aseptisée.
De la cohue des rues de la mégalopole japonaise au silence des salles d'entraînement, la fureur est là, tapie dans l'ombre. Tels des doigts accusateurs pointés vers le ciel, les tours de verre de Tokyo agissent comme des miroirs, et renvoient cette fureur. Ronde infernale, Tokyo Fist est l'alcôve d'une société qui, n'évacuant jamais les tourments qui la tiraillent, s'autoréprime, s'autodétruit.Au-delà des déluges d'hémoglobine, des visages rougis, boursouflés, de la sueur qui se mélange au sang, Tsukamoto capture des instants de toute beauté, beauté qui se donne et se refuse tout à la fois dans les éclairs de violence, les combats de boxe. Certains trouveront que Tokyo fist fait résonance à Fight club et ils n'auront sans doute pas tort. Toutefois, alors que David Fincher exhibait la violence clandestine d'écorchés vifs en marge de la société, Tsukamoto fait preuve d'une sensibilité plus viscérale même si, parfois, le film vire quelque peu à l'hermétisme. Le cinéaste japonais est comme fasciné par ce qu'il peut y avoir de mécanique, de pulsionnel dans l'homme. D'ailleurs il s'obstine à raconter l'histoire de ce trio dont on sait qu'elle sert de tremplin, de mise en abîme de la violence.Et la morale ? Le film ne débouche sur rien. Il ne distille aucun message. Pas d'autre finalité pour cette violence brute, rageuse, que la violence elle-même, que la violence se contemplant. On ne sait pas trop qu'en dire.
Remplit-elle des existences vides en apparence si pleines, si occupées ? On ne sait jamais si elle s'exprime comme une sorte d'ultime effort pour briser l'écorce de la routine ou comme l'écho d'une vanité humaine qui croit retarder la victoire de la mort, de l'ennui. Tsukamoto semble récuser toute idée d'explication. La violence, comme la vie, impose son sens par sa seule présence. Une fois la sueur épongée sur les corps fourbus, une fois le sang nettoyé sur le ring, tout recommence. La spirale de la violence reprend, de même le cycle de la vie, de même le cheminement des hommes.On pourrait épiloguer des heures sur cette atmosphère énigmatique, pesante, électrique. Hélas, trop statique, le film n'évolue guère. Et la furie poétique, au final, lasse plus qu'elle n'envoûte.Tokyo Fist
De Shinya Tsukamoto
Avec Kahori Fujii, Shinya Tsukamoto, Kohji Tsukamoto
Japon, 1995, 1h27.
Cannes live !
-
Christa Theret, négligée
26/05/2012 - 16h14 -
Les scènes de sexe à Cannes
26/05/2012 - 15h23 -
Janet Jackson épiée par les paparazzi
26/05/2012 - 15h21 -
Alex Aja invité dans Cannes I Come
26/05/2012 - 14h40 -
Reese W., rayonnante face à Matthew M
26/05/2012 - 14h26
> Tout le Festival de Cannes
Bandes-annonces
> Toutes les bandes-annonces
Plus de cinéma