The reader : critiques
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Les critiques de Premiere
(2) 2-
Stéphanie
Lamôme
1
(...) un indigeste best-of socio-historico-psycho-philosophique qui écrase et annihile sa portée sous le poids de sa propre importance. Daldry alterne tout en permanence : les actions (faire la lecture ou l’amour), les époques (années 50-60 ou années 90), les genres (histoire d’amour taboue ou mélodrame historique avec un crochet par le nec plus ultra du film de procès, celui contre les crimes de guerre nazis !), et le casting (Anglo-saxons ou vrais Allemands, avec Bruno Ganz en caution germanique). Impression désagréable d’être sur un pont suspendu entre deux rives, c’est-à-dire nulle part.
-
Didier
Roth-Bettoni
3
De Stephen Daldry, on avait adoré Billy Elliot et The Hours, œuvres aussi singulières que brillantes. (...) Le cinéaste n’a rien perdu de son savoir-faire technique ni de son habileté à entremêler les époques, The Reader jouant des flash-back et des passages des années 90 aux années 50-60 avec une fluidité étonnante. Daldry affirme aussi son goût pour les plans très pensés, à la limite du symbolique, et sa capacité à s’entourer des meilleurs techniciens. Il confirme enfin son talent de directeur d’acteurs : ce n’est pas pour rien que Kate Winslet a remporté un Oscar pour ce rôle, comme Nicole Kidman en avait eu un pour The Hours.
Mais on ne peut évidemment se contenter de regarder The Reader d’un simple point de vue technique ou esthétique. Comme le livre dont il est issu, le film porte à nouveau le fer là où ça fait mal, dans la plaie jamais cicatrisée de l’histoire allemande. (...) Il interroge la question jamais résolue de la culpabilité individuelle et collective des Allemands dans les crimes nazis. Il sonde également la monstruosité ordinaire ainsi que les rapports complexes entre les générations nées après la guerre et celle de leurs parents ayant participé, de près ou de loin, à l’extermination des juifs. Le livre de Schlink était assez ambigu sur ces thèmes-là, faisant de ses lecteurs les otages d’une émotion omniprésente et d’une empathie irrésistible envers Hanna, tout à la fois bourreau et victime. Même s’il souffre de défauts similaires, le film de Daldry transcende le roman en créant un malaise durable...
Les autres avis de la presse
(9) 2-
Pariscope (Arno Gaillard) 2Dernier film produit par Sydney Pollack et Anthony Minghella, « The reader » a valu cette année à Kate Winslet l’Oscar du meilleur rôle féminin. Une fois de plus, Ralph Fiennes prouve qu’il est un immense acteur dans le rôle de Michael Berg, cet homme habité par un amour et un secret enfouis, une culpabilité que seule une mort et un voyage à New York chez une rescapée d’Auschwitz libèreront enfin. Bruno Ganz dans un second rôle, celui d’un professeur de droit qui accompagne les doutes de son jeune élève est comme souvent remarquable. Stephen Daldry, à qui l’on doit « The hours » et l’inoubliable « Billy Elliot », réalise avec maestria un film courageux sur un thème très sensible : la responsabilité du peuple allemand face à la Shoah.
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Télé 7 jours (Julien Barcilon) 3Metteur en scène au talent sûr, Stephen Daldry adapte le best-seller de Bernhard Schlink et livre un drame sensible où l'émotion nourrit la réflexion. Ici, l'intime et l'Histoire entrent en collision et questionnent (un peu vite) la part de monstruosité tapie en chacun. Récompensée par un Oscar pour ce rôle de femme dont les mots ont "pensé" les maux, Kate Winslet porte ce film avec une belle intensité.
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Journal du dimanche (Jean-Pierre Lacomme) 1S'il n'y a pas grand chose à redire du point de vu artistique, le fond, en revanche, est plus problématique. Daldry privilégie plus le drame personnel d'Hanna à la tragédie vécue par les prisonnières qu'elle gardait.
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Elle (Helena Villovitch) 3Inspiré du roman de Bernhard Schlink, ce très beau portrait d'une époque dépassée par ses contradictions émeut et intrigue jusqu'au dénouement final.
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Télérama (Juliette Bénabent) 3Avec audace, The Reader ose faire des crimes nazis non pas son sujet principal, mais la toile de fond d'une histoire d'amour et de culpabilité. En s'étirant sur plusieurs décennies le film explore les questionnements de générations entières. Que pèse la connaissance charnelle que l'on a d'une personne en regard des actes qu'elle a commis ? Comment s'accommoder d'avoir aimé un monstre ? Jamais manichéen, d'une sobriété infaillible, le film s'abstient de toute réponse : implacablement, ces questions minées nous sautent à la figure.
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Télérama (Pierre Murat) 1Ici, c'est l'absence de regard qui glace : aucune aspérité, mais du sentimentalisme. Aucune audace, rien que de la joliesse gnangnan. Hollywood a toujours su aseptiser l'horreur : la preuve.
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Le Monde (Jean-Luc Douin) 2L'histoire de ce projet est édifiante, en ce qu'elle illustre la manière dont Hollywood peut pervertir les meilleures intentions du monde. Le réalisateur Stephen Daldry et son scénariste, David Hare, sont bien conscients qu'un tel sujet sensible n'autorise pas d'ambiguïté. Et pourtant, The Reader dérape...
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Paris Match (Alain Spira) 2En dépit des qualités du film, on ressent un malaise face à cette histoire qui nous impose d'avoir de l'empathie pour cette ancienne SS, responsable de la mort de centaines de juives et présentée en héroïne romantique sous les beaux traits de Kate Winslet. A vous de juger cette "Bienveillante"...
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Fluctuat () 4Après Billy Elliot et The Hours, Stephen Daldry adapte l'histoire complexe d'un amour de jeunesse sur fond d'Allemagne nazie. Un scénario qui aurait pu tomber dans le mélo, mais dont sort un film fort à la narration et l'image parfaitement maîtrisées.Trois films seulement et déjà Stephen Daldry s'impose comme une valeur sûre. Créant la surprise en 2000 avec Billy Elliot, il avait su toucher de sa patte anglaise un conte à l'américaine et en faire un film multi-récompensé. Deux ans plus tard, en s'attelant à l'adaptation de The Hours, il évite la facilité et réussit, avec son scénariste David Hare, à retranscrire l'indécelable avec le portrait croisé de trois femmes du XXème siècle. Aidé de Meryl Streep, Julianne Moore et d'une Nicole Kidman méconnaissable, il dépeint déjà la puissance de la littérature qui sera la base de The Reader.Allemagne de l'Ouest, après la seconde guerre mondiale. La rencontre entre une femme célibataire et un lycéen de bonne famille laisse entrevoir une histoire d'amour. Différence d'âge, conflit de statut social, la passion amoureuse est mise à mal par le poids des conventions de l'époque. Heureusement, le point d'ancrage sera la lecture que le jeune Michael fait à sa dulcinée, comme un moyen de lui faire la cour avant des instants plus charnels. Stephen Daldry offre des plans d'une rare beauté sur la nudité des comédiens, montrant sans exhiber, filmant des moments crus avec une pudeur étonnante. La complicité du couple n'en est que plus forte et laisserait penser que leur amour sera le centre du film. Pris par la main, le spectateur se croit alors en terrain conquis dans cette histoire qu'il pense déjà connaître au risque de ne pas être surpris.Mais là est l'originalité du livre de Bernhard Schlink. Déboussolant le spectateur, Daldry laisse passer quelques années et ouvre un pendant historique qui donne du remous à son scénario. Kate Winslet, dans un rôle ambigu d'ancienne nazie, joue un mutisme convaincant face au jeune acteur allemand David Kross, qui passe de la candeur adolescente à la détermination de l'adulte avec autant de justesse. L'actrice porte quant à elle son personnage jusqu'à son âge le plus avancé et réussit à susciter identification et antipathie quasi au même instant. La force de la réalité historique aide son jeu à prendre tout son sens et son Oscar de la meilleure actrice ne semble pas volé. Daldry sait également doser ses effets en étant capable de jouer sur les non-dits tout en filmant des scènes fortes, comme la visite d'un camp de concentration. Habile manipulateur, le cinéaste avait réussi à nous inclure dans le couple et son histoire d'amour ; de fait, il parvient à nous impliquer dans les tiraillements du jeune Michael. Comme lui, on s'interroge sur notre propre prise de position. Comme lui, on est partagé entre une petite histoire, la sienne, et la grande, celle de tous. Comme lui, on se complait d'abord à ne pas devoir prendre de décision. A travers Michael, Schlink et donc Daldry posent les vraies questions de fond : comment pardonner l'impardonnable ? Comment admettre que l'ignominie résulte d'esprits sensés ? Comment accepter de ne rien avoir pressenti et de s'en trouver en partie responsable ?Traitant frontalement le mélange violence-humanité, et l'importance de l'écriture et du souvenir, The Reader - qui présente en cela des similitudes avec La Vie des Autres - dépasse l'histoire d'un couple, d'un pays et même d'une époque en posant des questions qui restent intemporelles. The ReaderDe Stephen DaldryAvec Kate Winslet, David Kross, Ralph FiennesSortie en salles le 15 juillet 2009[mediabox id_media="100320" align="null" width="500" height="333"][/mediabox] Illus © SND Vanessa Aubert- Exprimez-vous sur le forum cinéma- Lire le fil guerre sur le blog cinéma- Stephen Daldry sur Flu : lire les critiques de Billy Elliot (2000) et The Hours (2003)
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