Titre original Plemya
Date de sortie 1 octobre 2014
Réalisé par Miroslav Slaboshpitsky
Avec Grigoriy Fesenko , Yana Novikova , Rosa Babiy
Scénariste(s) Miroslav Slaboshpitsky
Distributeur UFO Distribution
Année de production 2014
Pays de production UA
Genre Drame

Synopsis

Sergey, sourd et muet, entre dans un internat spécialisé et doit subir les rites de la bande qui fait régner son ordre, trafics et prostitution, dans l'école. Il parvient à en gravir les échelons mais tombe amoureux de la jeune Anna, membre de cette tribu, qui vend son corps pour survivre et quitter l'Ukraine. Sergey devra briser les lois de cette hiérarchie sans pitié.

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UFO Distribution / Garmata Film Production / Myrek Films
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The Tribe

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Critiques de The Tribe

  1. Première
    par Vanina Arrighi de Casanova

    Histoire de se laisser le temps de s’en remettre, commençons par une considération générale : ce film/cauchemar ukrainien d’une radicalité sans précédent prouve que le public de la Semaine de la critique à Cannes est hyper résistant. Posons le décor : Ukraine, époque indéfinie entre la chute du mur et nos jours. Un ado sourd muet débarque dans un pensionnat spécialisé et intègre le gang de meneurs qui sévit sur les lieux. Absolument livrés à eux-mêmes, ces pensionnaires - sans passé, sans famille et clairement sans avenir -, exploitent les plus jeunes qu’ils envoient vendre des breloques dans des trains et, surtout, sont à la tête de leur petit réseau de prostitution : toutes les nuits, un des profs et un membre du gang emmènent deux de leurs copines faire le tapin chez les routiers. Au programme : des rapports humains déshumanisés, deux longues scènes de baise, une trèèèèèèès longue scène d’avortement à l’ancienne dans une cuisine cradingue, un massacre final d’une sauvagerie rare et une absence ferme et définitive d’espoir. Le tout, intégralement interprété par des sourds-muets, sans traduction, sans sous-titres, sans voix-off, sans musique. Et ça passe : on estime, à la louche, à un petit 5% le taux de fuite des spectateurs de la salle.

    Reprenons. On vous voit venir. Mais impossible de répondre à la question j’aime/j’aime pas à propos de ce projet dont l’absolutisme constitue l’intérêt en soi. Outre la prouesse inédite de son dispositif – hommage pour le moins inattendu au muet (true story, c’est la note d’intention du réalisateur) -, l’Ukrainien Myroslav Slaboshpytskiy exhibe une assurance et un talent rares pour un premier film. Avec un aplomb dingue, il étire ses scènes jusqu’à la nausée, multiplie les plans séquences (cinq longues minutes d’avortement en plan fixe, un saccage d’appartement à peu près aussi long, la vengeance finale, filmée en temps réel à travers ces interminables couloirs délabrés du pensionnat, hypnotique) et ne cède jamais rien à l’intention de départ. On ne soupçonnait pas l’énergie qui se dégage d’une engueulade entre sourds-muets, la violence d’une baston sans cri, l’absurdité de ne pas entendre derrière soi le camion qui recule… La violence sauvage, l’insensibilité monstrueuse des protagonistes, l’absence d’espoir qui confine au nihilisme font de The Tribe une œuvre à vomir. Une expérience douloureuse et souvent insoutenable. Et qui nous confronte à une certaine forme de masochisme puisque, il faut bien l’avouer, on se dit au fond que c’est LE film de cette quinzaine qu’il ne fallait pas rater.

  2. Première
    par Vanina Arrighi de Casanova

    En Ukraine, Sergei, un adolescent sourd-muet, intègre le gang qui sévit au sein du pensionnat spécialisé dans lequel il débarque. Ce n’est pas que parce qu’il est interprété par des sourds-muets que "The Tribe" a fait du bruit à Cannes. Tourné en langue des signes, sans sous-titres, sans voix off et sans musique, le premier film de Myroslav Slaboshpytskiy, est une œuvre-manifeste, un geste de cinéma radical d’une violence sauvage. Le pensionnat dans lequel on entre en même temps que Sergei est un bloc de béton aux couloirs délabrés, un bloc de haine et de souffrance, surtout, où règne un désordre très organisé régi par une mafia d’élèves qui exploite les plus jeunes mais aussi leurs copines, envoyées faire le tapin chaque nuit chez les routiers. Le cinéaste prend le parti de tout montrer : des rapports humains totalement déshumanisés, du sexe frontal, un avortement à l’ancienne, un massacre d’une rare barbarie et une absence définitive d’espoir. Filmé en plans-séquences qui s’étirent jusqu’à la nausée, "The Tribe" est un projet hors normes et une expérience parfois douloureuse. Mais inoubliable.