The Limits Of Control : critiques
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La critique de Premiere
(1)1- Christophe Narbonne1Esthète et mélomane dans l’âme, Jarmusch est cinéaste par défaut, ses fi lms ne fonctionnant que par tableaux et accords, sans souci d’harmonie. The Limits of Control n’atteint pas les limites de l’ennui. Il les dépasse.
Les autres avis de la presse
(12)2- 20 Minutes
(Caroline Vié)2La compréhension du scénario par le spectateur n'était visiblement pas la principale préoccupation du réalisateur new-yorkais pour cette oeuvre à la fois poétique et ludique. Il a préféré lui faire partager un rêve éveillé au charme persuasif et à la musique envoûtant. A découvrir.
- 20 Minutes
(Caroline Vié)3Les fans de Coffee and Cigarettes, fameux film de discussions entre amis, se régaleront de voir ces derniers disserter sur des sujets aussi divers que l'art ou la science. Entre poème surréaliste et ode à la culture populaire, The Limits of Control fait un pied de nez magistral aux films hollywoodiens trop explicatifs. Plus qu'un exercice de style, c'est un acte de résistance contre un cinéma trop formaté. «Je suis un vrai indépendant», conclut Jarmusch. Et c'est vrai, son film fleure bon la liberté.
- StudioCiné Live
(Thomas Baurez)1Dans The Limits of Control, Jarmusch rejoue ici l'adorateur de Melville à travers les errances d'un tueur mutique. Mais à défaut d'abstraction métaphysique, le réalisateur révèle un monde climatisé digne d'une publicité haut de gamme.
- Brazil
(Alexandra Louvet)1Deux heures d'expériences sensorielle vide. Je me marre déjà à l'idée de lire mes confrères dithyrambiques, et de voir fuir en masse les spectateurs de la salle ! Que dire ? C'est un peu comme de regarder sa grand-mère mourir, ce dernier Jarmusch (...)
- Brazil
(Julien Leimdorfer)2The Limits of Control présente tous les symptômes des confessions d'un artiste un rien paumé, doutant de son outil, de son importance, se laissant aller à l'autocitation jusqu'à la dépréciation.
- Fluctuat.net
(Eric Vernay)3A la croisée d'Antonioni (incommunicabilité, villes désertes), Melville (figure du Samourai) et Boorman, The Limits of control est un trip existentiel plus rêche et mal aimable que complaisant. Ce mélange de road-movie immobile, de polar abstrait et de western hypnotique, (dans la lignée des inoubliables Dead Man et Ghost Dog) se révèle comme une saisissante épure du style Jarmusch, qui atteint peut-être ici sa limite, son point de non-retour. La suite de sa filmographie, comme celle de son héros solitaire émancipé, est potentiellement passionnante : comment se réinventer ?
- L'Express
(Julien Welter)1(...) Jarmusch brasse du vide et balance un vague discours sur les rapports entre pays riches et pays pauvres. Alors qu'il était le héraut d'un cinéma indépendant, il est devenu victime de sa propre image d'auteur branché.
- Les Inrocks
(Jean-Marc Lalanne)4Le film a quelque chose de sensuel, voluptueux. On se laisse porter par ce film d’espionnage où l’action se réduit à quelques trafics de boîtes d’allumettes. Jusqu’au moment où du sens se fait jour. Le brillant exercice de style est aussi une charge politique et le dénouement, qu’on ne racontera pas, est une condamnation sans appel de la dictature économique, qui se pose aujourd’hui en seul système d’interprétation du monde.
- Nouvel Obs
(François Forestier)1Jim Jarmusch, fidèle à son style, reprend ses thèmes favoris, le déracinement, le voyage, la mort, l’absurde, et laisse ses personnages se débrouiller. Le choix d’Isaac de Bankolé pour le rôle principal ajoute à l’étrangeté de l’ensemble. On peut, au choix, trouver que c’est hypnotisant ou, au contraire, interminable.
- Le Monde
(Thomas Sotinel)2The Limits of Control montre un réalisateur toujours travaillé par le désir de faire des films, sans que celui-ci se cristallise sur un objet. Là où, dans la même position, Pedro Almodovar, son exact contemporain, a recouru à tout l'arsenal du mélodrame, Jarmusch essaie de se passer de scénario, de personnages, pour ne compter que sur la forme, sans cesse recommencée, d'une séquence. Formellement, The Limits of Control ne pourrait être plus différent d'Etreintes brisées et, pourtant, on y respire la même tristesse, la même inquiétude.
- Télérama
(Louis Guichard)2Avec son héros mutique (Isaach de Bankolé) en route à travers l'Espagne pour accomplir une mission insaisissable, The Limits of control est sans doute le film le plus « free style » de Jarmusch, tourné au gré de l'inspiration. Et, en même temps, le plus abstrait. Invitation à se perdre en conjectures, à s'absorber dans la contemplation, ou incidemment dans un flamenco nihiliste (en substance « la vraie signification de la vie est au cimetière »), le film est lui aussi un rébus. Un agencement de signes mystérieux et récurrents - voir ces mouvements de tai-chi renouvelés à chaque étape par le voyageur. Et un manifeste pour la liberté de les interpréter chacun à sa guise.
- Libération
(Phillipe Azoury)4Il faut voir ce film avancer dans le désert d'Espagne à la recherche de châteaux politiques à abattre pour comprendre qu'au fond, Jarmusch doute et n'a jamais fait que douter.
- Chronic'art
(Jérôme Momcilovic)0The Limits of control, au moins, ne nomme pas, mais c'est peut-être pire encore, cette manière de dessiner un film comme un jeu de pistes, de ramener la mise en scène à l'horizon d'un quizz musical et cinéphile.
- Fluctuat
(Daniel De Almeida)4Le nouveau trip de jim jarmusch fait vibrer l'Espagne au son ralenti de la musique drone, sous influence Melville/Boorman. C'est un polar sans coup de feu, sophistiqué et hypnotique : avec ce film-funambule, périlleux, le cinéaste marche sur un fil passionnant, entre maniérisme auto-référentiel et tentative d'épure frôlant l'abstraction. Comme la plupart des films de Jim Jarmusch, The Limits of control aurait très bien pu s'intituler Dead Man. Ou Ghost Dog. Tel un fantôme, son personnage principal - un tueur à gage américain - glisse sans mot-dire sur des contrées inconnues : l'Espagne. Impassible comme la mort, Isaach de Bankolé incarne cet être solitaire, dévoué à sa seule mission : éliminer un homme. Le film suit son parcours fait d'attente et de rencontres improbables.C'est la quatrième fois que Jim Jarmusch filme Isaach de Bankolé, après Night On Earth, Ghost Dog et Coffee and cigarettes. Sculptural comme Miles Davis, le visage taillé à la serpe de l'acteur ivoirien fait écho à l'élégance de ses costumes coupés sur mesure. Mutique, hermétique, privé de toute psychologie apparente, cet « homme qui ne rit jamais » à la Buster Keaton, n'est qu'un corps errant dans les rues de Madrid, puis de Séville et enfin dans le désert. Un corps agile et musclé, dévoué à l'action mais contraint à l'attente, figé dans des chambres d'hôtel, des musées, des terrasses. Concentré, le solitaire exécute toujours les mêmes gestes. Sa vie n'est qu'une suite de motifs répétés à l'infini : exercices de tai-chi dans la chambre d'hotel, double café dans des tasses séparées, rencontre avec un complice inconnu, remise d'une boite d'allumette l'amenant vers un nouveau complice. Exercices de tai-chi. Double café. Rencontre. Allumette. Autisme ?The Limits of control frise l'abstraction. Et ce, dès le premier plan, fixe, en plongée et renversé. Désorienté, le regard finit par traduire : Bankolé dans une cabine, en train de se changer. Comme prisonnier d'une boîte de sardine. En filmeur sophistiqué, Jarmusch quadrille l'espace, jouant avec les lignes du cadre, pour inscrire son personnage dans un monde flottant, totalement géométrisé : triangles des coins de tables percés de cercles noirs - les deux tasses à café ; courbes des éoliennes découpées dans l'horizon rectangulaire d'une vitre de train ; hélicoptères fuyant le cadre, comme des libellules... Mais aussi, couloirs interminablement design du musée de la Reine Sophie, escaliers en colimaçon d'un hôtel huppé à la déco 70's : et le cinéaste américain de citer Le Point de non retour. Comme Lee Marvin dans le thriller de John Boorman, Bankolé se débat seul dans un environnement oppressant et absurde. Il n'est qu'un simple maillon d'une chaîne déshumanisée. C'est un tueur sans arme ni victime. Suivant la même structure narrative que Broken flowers, des rencontres parfois burlesques viennent animer ce quotidien ritualisé. On croise des acteurs racés, aux looks loufoques et au verbe elliptique : Alex Descas (35 Rhums), Tilda Swinton, John Hurt, Gael Garcia Bernal. Savoureuse galerie de portraits surréalistes, quasi-abstraits : une répétition sans faille vient enrayer toute vie dans ses conversations : chaque tirade commence par la même question (« vous ne parlez pas espagnol, n'est-ce pas ? »), se poursuit pas une considération philosophique sur une sujet donné (cinéma, science, musique), puis se conclut par un échange de boites d'allumettes. Le tueur solitaire n'aura pas prononcé plus d'un mot, se contentant de regards obliques, et in fine, d'avaler l'adresse de son prochain contact contenu dans la boite. Dans la bouche de chacun de ses interlocuteurs résonne la même phrase, une idée, une vanité : « ceux qui se croient supérieurs aux autres n'ont qu'à aller au cimetière, ils verront ce qu'est la vie. » Sur le coffre d'un van on peut lire en en espagnol : « La vie n'est rien ». Un crâne trône sur le bureau de l'homme puissant (Bill Murray) que le tueur doit assassiner. Bref, la symbolique ne brille pas par sa subtilité. Mais s'il n'est jamais loin de la pose auteuriste, voire du ressassement narcissique de ses motifs habituels, Jarmusch s'en sort grâce à son arme favorite, l'hypnose. Asséché au maximum, son polar désenchanté fascine comme une toile abstraite. Au coeur d'une Espagne progressivement dépeuplée (de Madrid au désert), The limits scrute la vanité des hommes, sous le regard impassible d'un homme sans passé, sans sexe, sans liberté. C'est dans ce vide existentiel et ce climat morbide que Jarmusch injecte la vitalité même de sa matière filmique, la sève de son cinéma éminemment musical. Tandis que les bourdonnements du drone-métal de Boris confèrent au film son pouls reptilien, d'éparses percées poétiques achèvent de faire fondre, par le pur ravissement esthétique, la potentielle glaciation maniériste du film : apparition/disparition mélancolique d'une muse brune seulement vêtue de lunettes, répétition onirique de flamenco au fond d'un bar obscur, tête-à-tête du héros avec des tableaux. A la croisée d'Antonioni (incommunicabilité, villes désertes), Melville (figure du Samourai) et Boorman, The Limits of control est un trip existentiel plus rêche et mal aimable que complaisant. Ce mélange de road-movie immobile, de polar abstrait et de western hypnotique, (dans la lignée des inoubliables Dead Man et Ghost Dog) se révèle comme une saisissante épure du style Jarmusch, qui atteint peut-être ici sa limite, son point de non-retour. La suite de sa filmographie, comme celle de son héros solitaire émancipé, est potentiellement passionnante : comment se réinventer ?The Limits of controlDe Jim JarmuschAvec Isaach de Bankolé, Tilda Swinton, John Hurt, Gael Garcia BernalSortie en salles le 2 décembre 2009[mediabox id_media="114893" align="null" width="500" height="333"][/mediabox] Illus. © Le Pacte Eric Vernay- Exprimez-vous sur le forum cinéma- Lire le fil réalisateur sur le blog cinéma- Jim Jarmusch sur Flu : lire les critiques de Ghost Dog (1999), Coffee and cigarettes (2004), Broken flowers (2005)
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