Affiche The Informant

The Informant ! : critiques

Les autres avis de la presse

(15) 2
  • StudioCiné Live () 2
    (...) au final, Soderbergh saborde son propre film à grands coups de hache. Une apothéose jubilatoire, qui efface toute tentative d'explication rationnelle, éteint son film, agacera au passage, mais ne laissera personne indifférent.
  • Journal du dimanche () 2
    Plombée par de nombreux monologues distillés en voix off, le film, étrangement ancré dans une esthétique seventies, peine à passionner jusqu'aux deux tiers. Quand on partage enfin l'humour absurde de la situation.
  • 20 Minutes () 2
    Avec The Informant !, comédie d'espionnage totalement loufoque, Steven Soderbergh s'amuse. Et le spectateur aussi, de voir Matt Damon torpiller son image sexy en portant haut l'embonpoint et la perruque de travers. (...) La complicité évidente du comédien et du réalisateur insuffle une atmosphère potache à un thriller destiné aux amateurs de divertissements sophistiqués.
  • Chronic'art () 1
    Si son inspiration visuelle puise dans la flambe des sixties, Soderbergh n'en ramène que la plate trivialité, pas un gramme de légèreté pop ou de puissance onirique. La belle idée du scénario, s'engouffrer dans la zone de déni et de cynisme du monde de la corruption financière (le prédateur comme drôle de mélange d'insouciance vaguement inquiète, d'irresponsabilité bouffonne et de fausse naïveté), aurait dû déboucher sur une intrigue s'étourdissant de ses bouffées délirantes. Mais elle se transforme entre ses mains en pur prétexte d'arrogance, réveillant le complexe de supériorité du petit malin qui n'a jamais cessé de sommeiller en lui. Du coup, le thriller-champagne a des vieux goûts de moisi.
  • Les Inrocks () 3
    L’astuce de Soderbergh est de doter ce grand manipulateur d’une voix off, mais même ses pensées intérieures ne révèlent rien de ses agissements. Comme si, même au fond de lui, il continuait à mentir ; aucun double fond ne permet de le comprendre. Il n’est défini que par une chose : une incroyable habileté à embarquer son prochain dans ses bobards d’escroc. L’habillage seventies du film, entre Conversation secrète de Coppola et Message à caractère informatif de Nicolas et Bruno (musique d’ascenseur, couleurs marronnasses...), frise la coquetterie un peu vaine. Mais Soderbergh réussit vraiment à partager la fascination que ce personnage à la fois misérable et grandiose lui inspire. Très drôle, un peu méchant, The Informant! est un film réjouissant.
  • L'Express () 2
    (...) l'histoire délirante d'un mensonge qui grossit comme une bulle de chewing-gum, film en forme de montagnes russes, à la fois brillant et tarabiscoté.
  • Le Monde () 3
    Difficile de ne pas penser, dans un registre similaire, au récent Burn After Reading (2008), des frères Coen, où le délire général de manipulation confine au grotesque. Moins farcesque et donc plus inquiétant, The Informant ! repose sur une belle trouvaille narrative, qui consiste à mettre en parallèle l'action proprement dite et le commentaire mental du personnage principal - le spectateur est ainsi plongé dans un état d'exquise intranquillité. S'ajoute un atout majeur : l'interprétation de Matt Damon.
  • Fluctuat.net () 4
    The Informant ! pourrait être lourd, confus, ou prétentieux : il n'en est rien. L'art du montage de Soderbergh (le rythme est effréné), associé à une ironie permanente (la voix off maintient un savoureux décalage) et allégé par une BO jazzy de Marvin Hamlisch (Pakula, Allen), achève de faire de cet exercice de style apparent une réussite majeure. Avec ce film sur l'artifice (à la limite de l'abstraction), Soderbergh n'a jamais semblé aussi sincère.
  • Nouvel Obs () 3
    Le film, comédie seventies à tiroirs assez drôle et ironique (pas de héros positif à la Erin Brokovich ici), nous perd parfois en route dès qu’il « méandre » en plein complot industriel, mais prend toute sa dimension lorsqu’il se recentre sur le personnage : un mélange de rouerie, de schizophrénie et de naïveté. Damon et ses 13 kilos de surcharge pondérale sont parfaits.
  • Libération () 3
    En transformant [Soderbergh] l'histoire de Whitacre et ADM en comédie de l'inanité, il réaffirme la puissance des soeurs Fiction et Interprétation : cause toujours, tu m'intéresses - vraiment.
  • Le Figaro () 2
    Au début, il y a de quoi se perdre dans les méandres d'une intrigue qui se complique sans cesse, mais rapidement on se laisse emporter par cette fantaisie où la morale n'a pas d'importance, ni la logique d'ailleurs. Soderbergh restitue à merveille cette atmosphère à la fois suspicieuse et loufoque. Binoclard et engoncé dans ses costards, Matt Damon est parfait au poker menteur.
  • Brazil () 3
    C'est un vrai bonheur de voir Matt Damon endosser tout d'abord le costume d'un homme ordinaire puis celui d'une 'taupe' prise dans la tourmente. Le décalage entre ses actions et ses réflexions intimes que nous livre sa voix off donne des moments savoureux.
  • Technik'art () 3
    Le film enfle, grossit, se retrouve à des années-lumière de son point de départ, quelque part entre Pynchon, les ZAZ et Kafka. C'est si drôle que ça.
  • Télé 7 jours () 2
    Matt Damon est l'atout maître de se labyrinthe parfaitement maîtrisé sur les ressorts d'une rocambolesque arnaque. Et l'on est tout surpris d'être in fine le pigeon consentant de cette farce, moins grinçante que trés fûtée.
  • Fluctuat ()
    Quatrième (!) film de steven soderbergh à sortir cette année, The Informant ! est aussi le plus abouti. Ce faux-film d'espionnage a le rythme effréné d'une cavalcade : noyé sous les péripéties, mais tenu en haleine par la présence loufoque d'un Matt Damon au sommet, on s'abandonne au charme grinçant de cette jubilatoire comédie à tiroirs (bien huilés). Mark Whitacre n'a pas l'étoffe d'un héros. Avec son look de nerd consiencieux, il ne ressemble pas non plus à un truand de première catégorie. Pourtant, derrière ce visage rond et ces moustaches blondes, se cachent peut-être des dents longues. Acte 1 (Thèse) : cadre brillant du géant agroalimentaire ADM (Archer Daniel Midlands), Mark fait le héros en dénonçant au FBI les pratiques illicites de sa firme. Mettre des micros dans son veston l'excite beaucoup. Acte II (Antithèse) : les deux enquêteurs du FBI qui suivent les exploits de Mark se rendent soudain compte qu'il a lui-même bénéficié des activités illégales d'ADM. Et pas qu'un peu : il s'en est mis plein les fouilles.Acte III (Synthèse) : Qui est donc Mark Whitacre ?Acte IV (Conclusion) : Steven Soderbergh ?Autoportraits peu flatteursThe Girlfriend Experience, le précédent opus de Soderbergh mettait en parallèle la prostitution et le cinéma (donner du plaisir contre de l'argent), dessinant ainsi un curieux autoportrait du cinéaste en pute de luxe. The Informant ! suit cette même courbe réfléchissante et personnelle : sous ses modestes allures d'exercice de style (ce qu'il est), le film peut se lire comme un autoportrait du cinéaste en faussaire génial. Car son anti-héros, Mark, ment comme il respire. Sans effort, parfois même en faisant autre chose en même temps. Or Soderbergh n'est-il pas ce réalisateur ultra-prolifique, mais insaisissable (ces films ne se ressemblent guère entre eux), dont on ne parvient toujours pas à cerner le style ? Adoubé par la critique dès ses débuts (plus jeune Palme d'Or de l'histoire avec Sexe, mensonges et vidéo), l'Américain n'en finit plus, depuis, de brouiller les pistes : qu'y a-t-il de commun entre le blockbuster Ocean's Twelve et l'ovni underground Bubble ? Pas grand chose, si ce n'est un incontestable brio formel. Damon insaisissableOr Mark Whitacre, lui-aussi, est insaisissable. Et ce, malgré la voix-off de Matt Damon nous relatant ses pensées intimes entre deux dialogues, voire pendant. Mark aime en effet s'adonner à plusieurs choses en même temps, comme par exemple, se passer son fil dentaire sous la douche, se poser des questions sur la (relative) invisibilité des ours arctiques en pleine réunion professionnelle, ou, plus retors, appeler le FBI pour dénoncer les dérives de sa boîte alors même qu'il est en train de dealer une augmentation avec son big boss. Paradoxal...Matt Damon, dont le visage carré est ici bouffi par des prothèses buccales, n'en fait jamais trop, il est totalement crédible en menteur compulsif. Sa vie est un artifice, de la moumoute sur sa tête à la mort de ses parents dans un accident de voiture. La prestation remarquable de Damon rejoint d'emblée celles de Leonardo Dicaprio dans Arrête-moi si tu peux et de Jim Carrey dans I Love You Phillip Morris. Le personnage de Mark se distingue néanmoins de ces deux autres faussaires de génie, pour une raison : sa débordante activité mentale est stérile, car s'il est habile pour tromper son monde, il n'y gagne rien au change. Hormis, peut-être, quelque amusement (voir l'hilarante scène du tribunal, où il s'exclame, sincère devant les gens qu'il a dupés pendant des années : « merci pour ces cinq années, quelle aventure ! »).Sincère artificeSoderbergh enrobe cet (auto-)portrait dans un classieux écrin rétro, aux couleurs beiges et oranges des thrillers 70's. Nerveuse, à l'image de son intenable héros pris dans un complexe étau narratif, la caméra HD évolue dans d'étouffants décors cubiques. Le cinéaste peaufine à peine ses beaux contre-jours, pour mieux servir un scénario bardé de faux semblants et de chausses trappes. The Informant ! pourrait être lourd, confus, ou prétentieux : il n'en est rien. L'art du montage de Soderbergh (le rythme est effréné), associé à une ironie permanente (la voix off maintient un savoureux décalage) et allégé par une BO jazzy de Marvin Hamlisch (Pakula, Allen), achève de faire de cet exercice de style apparent une réussite majeure. Avec ce film sur l'artifice (à la limite de l'abstraction), Soderbergh n'a jamais semblé aussi sincère.The Informant !De Steven SoderberghAvec Matt Damon, Scott Bakula, Joel McHaleSortie en salles le 30 septembre 2009[mediabox  id_media="107581" align="null" width="550" height="366"][/mediabox] Illus  © Warner Bros. France Eric Vernay- Exprimez-vous sur le forum cinéma- Suivez les fils film policier, comédie, adaptation sur le blog cinéma- Steven Soderbergh sur Flu : lire les critiques de Hors d'atteinte (1998), Traffic (2001), Full Frontal (2002), Solaris (2003), Ocean's Twelve (2004), Bubble (2006), Ocean's 13 (2007), The Good German (2007), Che - L'Argentin (2009), Che - Guerilla (2009), The Girlfriend Experience (2009)
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