Affiche The Descendants

The Descendants : critiques

La critique de Premiere

(1)3
  • 3
    Les personnages d’Alexander Payne sont souvent à la croisée des chemins, empruntant le plus tortueux d’entre eux pour faire le point sur leur vie. C’était le cas de Warren dans Monsieur Schmidt, de Miles Raymond dans Sideways, et aujourd’hui de Matt King. Après les décors plats du Midwest seyant à l’humeur morose de Schmidt et la vallée vinicole de Californie enivrant Raymond, c’est au tour d’Hawaï de servir de toile de fond au voyage intime du héros. Le choix de cette destination paradisiaque n’est pas anodin : on fait moins sérieux en chemise à fleurs et on ne court pas de la même manière avec des tongs aux pieds – situation qui donne d’ailleurs lieu à une scène hilarante. Payne aime jouer sur les contrastes, c’est sa façon élégante de dire des choses graves sur un ton en apparence désinvolte. Le rapprochement fréquent que l’on fait entre son cinéma et celui de Wes Anderson est encore plus évident dans The Descendants, où George Clooney incarne un individu lunaire qui tente maladroitement de remettre de l’ordre dans sa vie. L’interprétation subtilement décalée de l’acteur ne manque pas d’évoquer la cocasserie existentielle des personnages joués par Bill Murray ou Owen Wilson dans les films d’Anderson. Comme ce dernier, enfin, Payne est obsédé par les questions de legs et d’identité, que The Descendants
    travaille avec retenue. C’est à mots voilés ou codés et par des rituels initiatiques (observer un site naturel majestueux) que Matt King va se réapproprier son histoire familiale et la transmettre à ses filles.

Les autres avis de la presse

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  • Rolling Stone ()3
    Alexander Payne, version luxueuse du cinéma d'auteur américain, est aussi un spécialiste des atmosphères décalées. Il pimente ce classique drame familial à coup de seconds rôles farfelus et de musique traditionnelle hawaïenne, objectivement, casse-bonbon. Du coup, on n'accroche que par intermittence à son nouveau film, qui vaut finalement pour la cool attitude de George Clooney et la révélation Shailene Woodley, parfaite incarnation de l'adolescente rebelle.
  • Entertainment Weekly ()4
    Le film tant attendu de Payne, The Descendants, est un autre objet cinématographique magnifiquement ciselé - pointu, drôle, généreux et émouvant - qui écrit ses propres règles à l'image d'un Monsieur Schmidt ou d'un Sideways. D'une drôle de façon, Payne devient le Stanley Kubrick de la comédie grave américaine : Il met une éternité à réaliser un film, cherchant à chaque fois (comme Kubrick) le livre parfait à adapter. Mais quand il le découvre enfin et commence à travailler (dans ce cas, il s'agit du roman de Kaui Hart Hemmings), il transformer chaque film en un univers magistralement réalisés et habités. [...] Dans The Descendants, il [George Clooney] a puisé cette confiance. Il donne une parfaite performance d'un homme éveillé, pour la première fois depuis des années, par l'immensité de sa perte. Sa grande scène dans l'hôpital proche de la fin sera saluée comme un appel à l'Oscar, ce qui serait mérité certainement - et cela ne veut pas dire pour autant que la scène en tant que telle n'est pas un grand moment de cinéma. Il y transforme la sentimentalité en instant de grâce.
  • Public ()3
    Clooney enfin débarrassé de ses tics, incarne avec justesse un père déphasé dans cette comédie douce-amère signée par le réalisateur de l'excellent Sideways. Drôle et touchant.
  • Le Point ()3
    Ah, George Clooney! Il est l'âme du film, parfait en mari déchiré entre le deuil qui s'annonce et la blessure narcissique de l'homme trompé, remarquable dans son portrait de père malmené (...).
  • StudioCiné Live ()3
    Un acteur et un réalisateur formidables dans un film fort mais inégal.
  • Journal du dimanche ()2
    The descendant transcende une trame assez classique en choisissant le réalisme, ne se voilant jamais la face, et pose de vraies question en décrivant avec justesse les émotions contradictoires qui assaillent l'être humain en situation de crise.
  • Télé 7 jours ()3
    En père de famille absent et déboussolé, Georges Clooney livre une performance bouleversante : Oscar en vue ! Une oeuvre juste et sensible, dont l'universalité et la force émotionnelle font chavirer.
  • A voir à lire ()1
    Fauteur de troubles, passez votre chemin ! The descendants est un film essentiellement « gentil », qui ne vise personne et n’atteint par conséquent personne… sauf quand il tire à blanc sur des cibles toutes désignées par les bons sentiments et le sens commun, sans pourtant les travailler en profondeur : le pouvoir corrupteur de l’argent, l’aveuglement d’un homme face à ses responsabilités, et autres thèmes qui n’auraient pas manqué d’intérêt, s’ils avaient réellement été traités par le film.
  • Le Figaro ()3
    The descendant est une tragi-comédie douce-amère réussie. (...) "pourtant le film manque un peu d'ampleur. Il est un peu trop lisse".
  • Le Figaro ()4
    Dans les films l'Alexander Payne, on est toujours un peu dans la peine. Ses personnages sont dépressifs (...) Georges Clooney à contre-emploi dans The Descendant, s'inscrit dans cette lignée d'antihéros (...) excellent dans un rôle à contre-emploi.
  • Le Figaro ()3
    Alexander Payne scrute ces êtres soudain à côté de la plaque. Il n'est pas interdit au mâle occidental d'avoir des états d'âme.
  • Le Figaro ()3
    Parfumé de Tiaré et d'amertume, cette tragi-comédie au canevas universel trouve, dans ce cadre hawaiien, les épices qui la singularisent. Loin des clichés colorés d'une île paradisiaque (...) Tenant les rênes de sa mise en scène avec un élégance secret, Payne éperonne ses héros de dialogue incisifs.
  • Le Monde ()3
    Alexander Payne inscrit ces figures minuscules, animées avec un soin amoureux, dans un paysage géographique et historique impressionnant.
  • Télérama ()3
    George Clooney est le premier atout de ce petit mélo savamment troussé par Alexander Payne (<i>Sideways<I> : il y est un mari sommé de jouer son rôle de père (de deux filles compliquées !) après l'accident grave qu'a subi sa femme. Equilibre entre humour et émotion, réflexion universelle sur la famille.
  • 20 Minutes ()4
    Dérisoire dans sa quête, touchant dans ses rapports avec ses gamines, l'acteur [Georges Clooney] est simplement brillant. Son périple, (..) fleure bon la rédemption montrée avec un mélange d'humour et de tendresse.
  • CinémaTeaser ()4
    La justesse du propos, la rigueur du récit et la précision des dialogues évite à The Descendants toute froideur clinique. Et offrent à Georges Clooney une partition d'une grande délicatesse. L'acteur dans son refus bienvenu de la performance frimeuse livre une prestation d'une rare profondeur.
  • Nouvel Obs ()3
    Le film d'Alexander Payne décrit les méandres d'une résurrection intérieure. (...) C'est prenant, souvent beau, parfois drôle. Seul défaut : le trait est parfois appuyé.
  • Nouvel Obs ()4
    (...) Tout est à l'image du film d'Alexander Payne, nouvelle réussite, la plus éblouissante ç ce jour, de l'auteur du très beau "Sideways". C'est que tout dans The Descendants" est inattendu, au point que nul ne puisse prévoir jamais quel tour va prendre le film (...) "The Descendants" appartient à cette catégorie de films dont on se dit en cours de projection que l'on a hâte de les revoir.
  • Fluctuat ()
    Alexander Payne part pour Hawaï faire le portrait doux-amer de la famille américaine et désacraliser George Clooney. La manoeuvre n'est pas négligeable, le but un peu moins atteint.  C'est un truc du cinéma doux amer que Little Miss Sunshine avait porté à son pinacle : faire diversion, ne jamais filmer les choses de front, mais inventer des stratagèmes pour atténuer la douleur ou les complications, afin de sceller au final le programme de grande réconciliation familiale. Après Sideways et la déprime dans les caves californiennes, autre manière d'adoucir les tracas, Alexander Payne part ainsi filmer George Clooney obligé d'assumer simultanément la mort prochaine de son épouse (dans le coma), l'annonce que celle-ci l'a trompé, son rôle de père qu'il a délaissé, tout ça sous le soleil trompeur de Hawaï et au moment où il doit vendre les terres familiales, un îlot paradisiaque hérité de ses ancêtres et dont ses proches espèrent un beau pécule. Lourd programme que Payne complique à loisirs en poussant Clooney et sa petite famille au devant de l'amant pour que celui-ci aille faire ses adieux à l'épouse sur son lit d'hôpital. Version officielle et moralisatrice cachant à peine le besoin masculin de mettre un visage, un corps sinon une vie sur cet autre qui lui aurait pris sa femme avec qui la parole est tragiquement coupée au moment elle est la plus nécessaire. De quel stratagème alors s'agit-il ici ? Plutôt que filmer l'agonie, la douleur d'une famille face à la perte de la mère et épouse, Payne invente cet adultère. Moins pour botter complètement en touche que se donner un mouvement, dessiner une trajectoire poussant l'intrigue vers un enchevêtrement de situations et de personnages qui serait la ligne de fuite masquant et révélant  simultanément le vrai sujet du film et son programme. Il tisse ainsi un réseau éclairant les doutes de Clooney sous différents angles qui enrichissent à la fois la partie comique et le mélo, constamment entremêlés au sein d'une géographie du voyage dont les contours touristiques voudraient eux aussi illustrer l'envers des choses. C'est ni plus ni moins qu'une multiplication des tenants par l'accumulation des éléments dans l'intrigue et les seconds rôles (où la fille adolescente de Clooney et son boyfriend faussement demeuré tiennent une jolie place), dont Payne se sort en manoeuvrant assez aisément chaque tonalité émotionnelle, constamment réversible. Ses personnages ont tous une place à prendre, aucun n'est négligé, l'humanisme du cinéaste les enveloppe avec confiance et lucidité, toujours à l'écoute pour faire vaciller les préjugés, sans que la tragédie ne soit étouffée quoique restant à bonne distance. Mais à quoi bon alors cette quête désespérée de l'amant ?L'amant n'est qu'un prétexte pour mettre les personnages face à eux-mêmes et distribuer les points de vue sur la famille. Payne filme une fuite, une lâcheté de plus dans la vie de Clooney (poursuivre l'amant c'est aussi ne pas se remettre en question) qui ironiquement l'amène à mieux connaître ses filles et retrouver l'amour perdu pour sa compagne. Mais au travers du procédé, qui renverse en le teignant d'une certaine amertume celui de la réconciliation familiale, l'auteur montre aussi quelque chose d'une Amérique prête à liquider son histoire pour l'argent. Une Amérique qui a fait de la famille son fondement mais qui ne sait plus l'entretenir. Derrière le drame personnel se joue un portrait plus acerbe, ou plutôt sa volonté, car à trop faire diversion sous un soleil dont il voudrait montrer le côté sombre, le film gagne en pudeur et sensibilité ce qu'il perd en nécessité et portée critique dans son discours sur la filiation. Comme Clooney, volontairement désacralisé de sa virilité, The Descendants trouve à la fois sa force et ses faiblesses dans la souplesse de ses renversements, plus à l'aise finalement dans la comédie que lorsqu'il faut s'attaquer aux sujets difficiles, dont généralement il gomme les aspérités. On ne peut pas complètement lui en vouloir.Jérôme Dittmar © Twentieth Century Fox France  The DescendantsD'Alexander PayneAvec : George Clooney, Shailene Woodley, Amara MillerSortie en salles le 25 janvier 2012
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