Super 8 : critiques
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- Le Monde 3
- Le Figaro 3
La critique de Premiere
(1) 3-
François
Grelet
3
A la fois hommage déférent aux productions 80's de Spielberg comme ET (et à sa société, Amblin, à qui l'on doit Gremlins ou Les Goonies) et ravissante entreprise de travestissement (la lumière bleu chromé, les BMX, la lune, le lyrisme musical - tout est là, bien en place), Super 8 carbure à la madeleine de Proust. Mais la surprise, c'est que très vite, le film pulvérise le carcan du simple exercice de style pour s'envisager comme une rêverie enfantine d'une sensibilité infinie. Oscillant entre l'autobio nostalgique et la fantasmagorie échevelée, Super 8 a la beauté mythomane d'un souvenir de gosse enfoui que l'on n'aurait pas cessé de réécrire au fil du temps
Les autres avis de la presse
(15) 3-
Nouvel Obs (Olivier Bonnard) 2Abrams filme l’enfance, et la pureté des sentiments qui vont de pair avec cet âge-là, comme personne à Hollywood. Personne à part Spielberg.
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Nouvel Obs (François Forestier) 4Tremblez, spectateurs de l'été! Voici un film fabriqué sur mesure pour ceux qui aiment le spectacle, qu'on regarde bouche bée tandis que l'esquimau glacé vous coule sur les doigts.
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Paris Match (Alain Spira) 4Le réalisateur de Star Trek a réussi un blockbuster d’auteur.
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Les Inrocks (Jean-Marc Lalanne) 4Quelque chose d'archaïque, dont on sent qu'il constitue la racine d'un rapport au cinéma et au monde, et qui tient à l'amour absolu pour certaines images passées, charge cette anodine épopée enfantine à la rescousse d'un alien clandestin d'une puissance émotionnelle irrésistible.
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Le Monde (Thomas Sotinel) 3Les incohérences charmantes du scénario de Super 8 sont ravaudées à grands coups d'effets spéciaux, les garçons patauds se découvrent des talents de héros de film d'action et tout rentre dans l'ordre. On se consolera de cette conclusion bâclée avec un luxe extraordinaire de moyens en se disant que sa moralité convenue est au moins alignée sur celle des modèles de J. J. Abrams.
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Le Figaro (Olivier Delcroix) 3Avec son troisième long-métrage, le spectaculaire Super 8, J.J Abrams signe à la fois son film le plus personnel qui est aussi un hommage au cinéma de Steven Spielberg.
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Les Cahiers du cinéma (Jean-Philippe Tessé) 3La réussite éclatante de Super 8 (…) éclaire d'un autre jour l'art d'Abrams, grand sorcier des séries télé conceptuelles venu pourtant de leur envers a priori : un cinéma classique et merveilleux, sans ironie ni double détente.
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StudioCiné Live (Véronique Trouillet) 3plus que le côté science-fiction classique dans le fond et décoiffant dans la forme, c’est le côté humain et émotionnel que J.j. Abrams réussit à parfaire dans son film
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Télé 7 jours (Julien Barcilon) 3Pour Abrams (comme pour Spielber), aucun doute, conserver son âme de gosse est essentiel lorsque l’on fait des films. Et c’est d’ailleurs lorsqu’il s’attache avec humour à la créativité artistique de ses jeunes héros (il y a du vécu dans l’air) que Super 8 prend toute sa valeur.
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L'Express (Julien Welter) 3Le plaisir est là, même si ce film doudou pour trentenaires nostalgiques n'apporte rien de nouveau au 7e art.
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Libération (Bruno Icher) 2Auteur du scénario, Abrams s’est sans doute rapproché un peu plus de Spielberg avec Super 8, mais il n’est pas évident que ce soit le modèle qui lui convienne le mieux.
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Mad Movies (Cédric Delelée) 1Abrams ne parvient qu'à imiter la candeur d'un Joe Dante sans jamais en saisir l'essence : à croire qu'il se sent plus proche de l'esprit des Goonies.
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Fluctuat.net (Jérôme Dittmar) 4Plus qu'une rencontre entre un cinéaste et son producteur, Super 8 est un cas atypique. Un film fusion qui, réactualisant E.T et les films Amblin des 80's, joue la transmission. Une oeuvre de passage, révélant le cinéma de Spielberg au travers des yeux de J.J. Abrams. Un objet fascinant, parfois émouvant, mais aussi forcément limité. Entre le vintage et la thérapie.
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A voir à lire (Frédéric Mignard) 2Le nouveau fantasme cinématographique de J.J. Abrams, un teen movie de science-fiction ancré dans l’esprit des oeuvres de Steven Spielberg des années 80. Pari réussi.
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Fluctuat ()Plus qu'une rencontre entre un cinéaste et son producteur, Super 8 est un cas atypique. Un film fusion qui, réactualisant E.T et les films Amblin des 80's, joue la transmission. Une oeuvre de passage, révélant le cinéma de Steven Spielberg au travers des yeux de J.J. Abrams. Un objet fascinant, parfois émouvant, mais aussi forcément limité. Entre le vintage et la thérapie.L'histoire a fait le tour du monde : c'est en présentant leurs films Super 8 dans un festival que J.J. Abrams et son complice Matt Reeves, alors adolescents, furent solicités par Spielberg pour restaurer ses films d'enfance tournés en 8mm. On imagine mal plus grand privilège pour un teenager vivant simultanément les consécrations de Rencontres du troisième type ou E.T. Et on comprend le lien qui unit les deux hommes, comme si depuis toujours il y avait eu entre eux un passage de relais qu'un film devait, un jour, matérialiser. Ce film le voilà, Super 8, titre offert au monde comme un paradigme de cette relation, ce qu'elle recouvre et entend ouvrir. Une manière de la signer par un pacte, à la fois intime et universel. Pour faire plus qu'un film hommage et bâtir la première oeuvre personnelle d'Abrams, comme si Alias, Lost, Fringe, Mission : Impossible 3 ou Star Trek ce n'était décidément que de la télévision, de l'industriel. Que seul le cinéma pouvait toucher à la grandeur et révéler l'auteur.Ce rapport au passé, Super 8 ne l'évite pas mais s'y confronte, ancrant son récit à la fin des 70's, pour filmer une bande de gamins voyant débarquer un extra-terrestre dévastant leur bourgade. De Spielberg, il y a beaucoup de choses : l'enfance, l'Amérique tranquille, l'alien et surtout la mère, que le jeune héros perd avant le début du film. Il y a aussi le cinéma et son fameux Super 8, format que cette bande de Goonies emploie pour tourner un film amateur de zombie (la figure du mort vivant est plus qu'un clin d'oeil à Romero et son artisanat, mais une manière de ressusciter un corps qui serait un certain cinéma). C'est en plein tournage nocturne que surgit l'incroyable et le début de l'énigme, le déraillement explosif d'un train militaire convoyant ce qui se révèlera l'extra-terrestre. Cette scène, la plus spectaculaire et s'articulant comme le rêve d'un cinéma s'emboîtant dans l'autre (de l'amateurisme au gigantisme, un manière de faire surgir l'incroyable dans l'anodin), rappelle que depuis le pilote de Lost, Abrams sait gérer les scènes catastrophes. Mais elle invite, avec le reste, à se poser la question de son style qui, jusqu'ici, semblait se réaliser seulement dans la vitesse, au risque de ne masquer que du vide.Tintin en AmériqueSi comme Star Trek ou Mission : Impossible, tout se précipite dans Super 8 (le film est une ligne droite aux quelques courbes), Abrams prend aussi son temps. Il est plus ambitieux, soigne davantage ses personnages, épouse leur regard avec certitude, fait résonner en eux de plus grands affects dépassant la mécanique du récit. Le film y gagne en épaisseur, en sensibilité et en enjeux malgré ses trucs de story teller : repousser sans cesse le but de l'intrigue vers ses bords, au risque de louper des marches. L'acteur aussi est observé plus finement (beau casting), et Elle Fanning dans le rôle de la petite amoureuse remporte tous les suffrages. Mais reste la question du style. Super 8 renvoie encore à Spielberg et donne la clé du mystère Abrams : un accomplissement dans l'action assujetti au récit, la transparence du filmage fidèle aux personnages, un magnétisme du cadre toujours économe, un certain héritage de la ligne claire. On se souvient de Daney faisant l'analogie entre Indiana Jones et Tintin. Abrams perpétue cette tradition, jusqu'à la signaler en abusant des flair, de tracés lumineux découpant l'image comme pour illustrer d'une ligne facétieuse sa volonté de clarté. Mais demeure un problème.De son aveu, Super 8 veut rendre hommage au cinéma artisanal et libre fleurissant durant les 70's ; allant jusqu'à défendre l'idée d'une matérialité perdue du film que la pellicule traduirait avec l'amateurisme. L'ironie tragique de cette histoire, c'est que cette liberté propre à l'époque, Spielberg l'a partiellement tuée en inventant le blockbuster avec Les Dents de la mer. Spielberg était, à l'inverse de Martin Scorsese ou Francis Ford Coppola, l'homme en qui les studios pouvaient redonner leur confiance (ce qui changera tout durant les années 80 reniant la décennie passée). C'est un peu comme si l'assassin revenait sur sa scène de crime pour maquiller les preuves et se refaire une identité lavant sa conscience (toujours bonne comme le veut Spielberg). Ce détail, Abrams, dans son idolâtrie, l'a oublié. Peut-être parce que lui aussi, finalement, joue dans cette cour du blockbuster, dans un grand format qui, s'il doit ses origines à l'amateurisme, n'a pas grand chose à lui céder (sauf étaler son souvenir). On ne lui reprochera pas de viser haut et large, au contraire, mais de fonder Super 8 sur un demi-mensonge.M/otherEn dépit de sa petite hypocrisie, Abrams se place en maniériste traquant un regard oublié qu'il retrouve chez Spielberg. Comme à son habitude avec ses séries, il plie l'espace-temps, se posant sur l'épaule de son maître pour visiter son oeuvre et la révéler. Explication : l'ontologie spielbergienne repose sur la matérialisation de son regard d'enfant cinéphile. E.T et la plupart des films Amblin 80's (Les Goonies ou Le Secret de la pyramide) ont créé de nouveaux héros, des enfants comme grands personnages du cinéma américain. Abrams boucle ainsi la boucle : contemporain adolescent de ces films et héritant d'une culture similaire à Spielberg, il offre avec Super 8 l'oeuvre qui transmettrait aux nouvelles générations ce regard d'enfant cinéphile transformé en personnage de film (la projection est multiple puisque les enfants sont ici les héros d'un film dans le film). Tout en définissant un art et une manière de faire que notre époque aurait oubliés, il incarne la figure du fils devenu le père s'adressant au fils. Il fait oeuvre de tradition, suivant son modèle jusque dans son conservatisme moralisateur (un second rôle de post hippie crétin sert un petit laïus contre la drogue).En sublimant le Spielberg des débuts, Abrams s'inscrit dans une continuité. Il ressuscite cette croyance dans un cinéma mouliné au serial dont les deux auteurs sont héritiers. Et redonne à l'enfant une place centrale illustrant aussi le début des grandes étapes de la vie : la mort, l'amour, l'amitié, au travers du cinéma pris comme machine des possibles. Mais il va aussi plus loin et synthétise son modèle. En réunissant l'extra-terrestre et la mère, il fusionne brillamment les deux grands motifs spielbergiens : le juif errant et Oedipe. Chez le père d'E.T, l'alien n'a pas sa place ici, il doit rentrer chez lui, c'est un déplacé en quête de la terre mère. Super 8 est fidèle à l'idée, mais la fait coexister avec La Mère (morte ou qu'il faut quitter), grand traumatisme spielbergien brûlant dans A.I.. La beauté du film repose alors sur sa libération (et sa trajectoire), faire du film un deuil possible qui sortirait Spielberg de ses névroses. En un plan final sublime réglant à la fois le récit et les angoisses du maître, le bon docteur Abrams se pose en psychiatre, il formule la mythologie de son mentor, respectant sa mémoire à la lettre (sans doute trop, on ne compte pas les citations), mais en lui offrant une sortie. Reste cette question : qui est Abrams sans ses trucs et l'autre qu'il vampirise ? Un magicien ou un prêtre pop, sans doute.Jérôme Dittmar Super 8De J.J. AbramsAvec : Elle Fanning, Joel Courtney, Kyle ChandlerSortie en salles le 3 août 2011illus © Paramount Pictures France
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