Affiche Submarino

Submarino : critiques

La critique de Premiere

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  • 2
    Le titre du film donne le ton puisque Submarino fait allusion à une technique de torture par noyade. Et c’est bien en apnée que l’on va suivre les tentatives désespérées des deux frères, devenus adultes (l’un alcoolique, l’autre toxico), pour échapper au déterminisme de la misère. Mais la capacité de Vinterberg à saisir la tendresse qui unit les personnages, l’humanité apportée par les deux acteurs principaux (Jakob Cedergren et Peter Plaugborg, excellents) et la justesse avec laquelle la question de la responsabilité parentale est abordée permettent de continuer à suivre l’histoire en gardant
    de temps en temps la tête hors de l’eau.

Les autres avis de la presse

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  • Elle ()3
    La dureté des images du cinéaste danois est contrebalancée par les regards purs et les visages innocents de ses acteurs. Une happy end ? Certainement pas. Au moins, un tout petit peu de bonheur ? Vous verrez !
  • Nouvel Obs ()0
    Et ce n’est pas celui-ci qui changera les choses. Le réalisateur y dépeint le calvaire quotidien de deux frangins marqués à vie par leur enfance entre une mère alcoolique et le traumatisme lié à la mort de leur frère nourrisson. Adultes, l’un s’obstine à prendre soin de ses proches à ses dépens, l’autre tente d’élever son fils tout en s’oubliant dans la drogue. Le récit est ainsi construit en deux parties qui ne se rejoignent qu’à la fin, cache-misère patent de ce pensum sans intérêt au dolorisme pénible.
  • Fluctuat.net ()2
    La grande force du film consiste ainsi à maintenir ce lien avec l'enfance, et à créer avec Nick un personnage magnifique car monstrueux, sorte de boule de nerfs insubmersible et pourtant fendue à l'intérieur, trahie par un regard d'une tristesse infinie. C'est lui le cœur de Submarino, son héros tragique, capable de molester un vieux voisin mais aussi d'être là lorsque sa voisine et amante Sofie se fait retirer son fils.
    Malheureusement, le film joue la carte de la surenchère dans l'horreur et le glauque, puisque le frère de Nick, dont le visage semble peint en gris puisqu'il est héroïnomane, décide de se lancer dans le trafic de drogue. Soudain le scénario vire au mauvais téléfilm, dont la fin semble aussi inéluctable que trop attendue. Et les résonances deviennent écrasantes de sens : toutes les cellules familiales sont brisées, toutes les femmes vouées à disparaître (la mère de Nick, celle de Martin, Sofie), et les hommes laissés seuls ne peuvent supporter le poids de leurs responsabilités. Si l'on est ému par le sort des deux enfants au début du film, on a bien du mal à supporter leurs inconséquences multiples à l'âge adulte. Comme si l'individu ne pouvait jamais apprendre de ses échecs, et que la catastrophe devait se perpétuer de génération en génération, Submarino n'offre que le désespoir le plus complet envers les figures parentales. C'est peut-être là le lien le plus évident avec Festen. Familles, Vinterberg vous hait toujours.
  • Le Monde ()2
    Thomas Vinterberg, jouant des effets d'une narration non synchrone et plongeant ses personnages sous la lumière blafarde de la fatalité, entrecroise ces vies saccagées depuis l'enfance, recule à dessein l'heure finalement tragique de leurs retrouvailles, les accable en un mot d'un destin et d'une culpabilité sans merci.
    L'intromission d'une infime lueur d'espoir à la toute fin du film, par le rachat symbolique de la mort inaugurale du petit frère, était à cet égard la moindre des politesses. Mais Vinterberg semble lui-même le dernier à y croire : la nuance, aujourd'hui comme hier, est ce qui manque terriblement à son cinéma.
  • Télérama ()2
    Racontés successivement, ces deux parcours obéissent au même déterminisme social, mécanique implacable qui finit par couler ceux qui, désespérément, cherchent à sortir la tête de l'eau. Si l'histoire du frère cadet recèle quelques scènes fortes (celle où, pâle comme la mort, il vient chercher son fils à l'école), la descente aux enfers de l'aîné est globalement plus réussie. Même dans ses éclats de violence, on ne peut s'empêcher d'ai­mer et de comprendre ce personnage abîmé dès l'enfance. Le charisme de Jakob Cedergren, physique de Viking aux yeux tristes, y est pour beaucoup. Si l'on en­caisse sans faiblir tant de sordide, c'est que Vinterberg traite son sujet avec sobriété : peu de mouvements de caméra, une bande-son minimaliste, une lumière épurée aux reflets bruns, presque doux. Et dans ce monde qu'il dépeint comme une vallée de larmes, il reste un indéboulonnable espoir : l'acharnement des uns à vouloir prendre soin des autres.
  • Les Inrocks ()3
    Loin de surplomber cyniquement ses personnages, Vinterberg les accompagne, plaçant sa mise en scène résolument de leur côté, sans la moindre once de cette ambiguïté pince-sans-rire qui plombe parfois certains films de von Trier.
    Bien que très travaillée, la facture stylistique du film est finalement assez sobre, avec ses couleurs désaturées contrebalançant avec sagacité les excès du scénario-chemin de croix.
    Si notre tête conteste certains aspects de Submarino, notre corps succombe, preuve de l’indéniable puissance expressive de ce mélodrame et du retour en forme d’un cinéaste que l’on avait un peu oublié.
  • Fluctuat ()
    Après quelques films américains et autres escapades du côté de la comédie, retour au Danemark et aux violences familiales pour Thomas Vinterberg, qui retrouve la recette qui lui avait valu le succès de Festen. Toujours plus loin, toujours plus noir, Submarino maintient le spectateur en apnée, au risque de l'étouffer.Adapté du roman d'un jeune écrivain danois, Submarino reprend la saga familiale noire là où Festen l'avait laissée : après le père incestueux, c'est au tour des deux frères livrés à eux-mêmes dans leur enfance, face à une mère alcoolique. Nick et son frère cadet, moins d'une dizaine d'année chacun, doivent s'occuper de leur petit frère tout juste né. Une mission trop lourde pour eux et qui s'achève par la mort du bébé. Vingt ans plus tard, Nick et son frère ne se voient plus, le premier sort de prison et gère difficilement sa violence, tandis que le second a désormais un fils, Martin, qu'il élève seul (la mère est morte dans un accident, on n'est vraiment pas là pour rigoler), et sous une forte dépendance à l'héroïne. Ancré dans la banlieue « pauvre » de Copenhague, et nimbé d'une lumière gris/brun, Submarino déploie la logique d'une tragédie contemporaine, où les personnages semblent pris dès la naissance dans un récit qui les conduira inévitablement au pire. Submarino fonctionne à bien des niveaux comme le pendant inversé de Festen. Dans son style tout d'abord, puisque là où Festen marquait l'apogée du style Dogme, érigé par thomas vinterberg lui-même et Lars Von Trier, Submarino ne cherche plus le réalisme à tout prix, et opte pour une mise en scène épurée et sobre. Et surtout, le personnage du père a désormais disparu, grande figure absente du récit, qui s'attache désormais à des enfants qui, même devenus adultes, sont placés sous le sceaux de cette scène initiale de l'enfance volée, et marqués à jamais par la mort du nourrisson. La grande force du film consiste ainsi à maintenir ce lien avec l'enfance, et à créer avec Nick un personnage magnifique car monstrueux, sorte de boule de nerfs insubmersible et pourtant fendue à l'intérieur, trahie par un regard d'une tristesse infinie. C'est lui le coeur de Submarino, son héros tragique, capable de molester un vieux voisin mais aussi d'être là lorsque sa voisine et amante Sofie se fait retirer son fils. Malheureusement, le film joue la carte de la surenchère dans l'horreur et le glauque, puisque le frère de Nick, dont le visage semble peint en gris puisqu'il est héroïnomane, décide de se lancer dans le trafic de drogue. Soudain le scénario vire au mauvais téléfilm, dont la fin semble aussi inéluctable que trop attendue. Et les résonances deviennent écrasantes de sens : toutes les cellules familiales sont brisées, toutes les femmes vouées à disparaître (la mère de Nick, celle de Martin, Sofie), et les hommes laissés seuls ne peuvent supporter le poids de leurs responsabilités. Si l'on est ému par le sort des deux enfants au début du film, on a bien du mal à supporter leurs inconséquences multiples à l'âge adulte. Comme si l'individu ne pouvait jamais apprendre de ses échecs, et que la catastrophe devait se perpétuer de génération en génération, Submarino n'offre que le désespoir le plus complet envers les figures parentales. C'est peut-être là le lien le plus évident avec Festen. Familles, Vinterberg vous hait toujours.SubmarinoDe Thomas VinterbergAvec Jakob Cedergren, Peter Plaugborg, Patricia SchumannSortie en salles le 1er septembre 2010 Anita Blum- Exprimez-vous sur le forum cinéma- Thomas Vinterberg sur Flu : lire les critiques de Festen (2008), Les héros (2000) It's all about love (2003)