Splice : critiques
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La critique de Premiere
(1) 3-
Alex
Masson
3
Splice renouvelle le discours sur les possibles dérives de la génétique lorsque l’expérience de ces deux scientifiques les mène littéralement à utiliser la science comme mère porteuse. Le résultat, une créature qui deviendra leur fille, s’attaquera vite à l’ADN philosophique de la morale. Splice évite à David Cronenberg d’avoir l’idée de se lancer un jour dans sa version de Frankenstein, Natali le devançant en utilisant, avec la même intelligence, le cocon d’un film d’horreur pour le faire accoucher de perturbants questionnements sur les notions de cellule familiale et d’éthique dans le couple. Dans le genre, on n’avait pas vu une telle réussite depuis La Mouche.
Les autres avis de la presse
(9) 2-
L’Ecran Fantastique (Gilles Penso) 3(...) l'oeuvre de Vincenzo Natali demeure résolument personnelle et novatrice. Le choix judicieux de ses protagonistes et de leurs problématiques attise intelligemment la force du scénario de Splice.
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Rolling Stone (Mathilde Lorit) 3Clairement sexuelle, la relation de la créature à son créateur est la grande réussite du film, volontiers dérangeant pour le spectateur. Qui trouvera donc la matière à débat à la sortie de la salle...
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20 Minutes (Caroline Vié) 3Si Natali a visiblement été influencé par La Mouche de David Cro nenberg, il traite son sujet différemment en évoquant frontalement la brutalité des rapports entre parents et enfants. Splice n’est pas qu’un thriller distillateur de frissons, il s’agit d’une fable qui renvoie le spectateur à ses pulsions et à sa mortalité.
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Le Parisien (Marie Sauvion) 2Certes, Vincenzo Natali (« le Cube ») louche du côté de David Cronenberg (« la Mouche ») sans avoir son génie et prend vers la fin un virage horrifique moyennement inspiré.
Il n’empêche, malgré ses petits moyens, « Splice » ne manque pas d’audace et explore des pistes dérangeantes. -
Le Monde (Jean-François Rauger) 3On aurait tort de reprocher ainsi à Vincenzo Natali d'avoir opté pour une progression classique, presque trop sage, d'un récit qui prend son temps et refuse souvent les conventions de l'épouvante contemporaine. Tout l'édifice sur lequel est construit le film est soutenu par la quête d'une vraisemblance ou du moins d'une logique psychologique indiscutable, condition unique mais nécessaire à la crédibilité d'événements dont le récit détaille ainsi une généalogie hypothétique. C'est ainsi que ce que perd Splice en spectaculaire facile, il le gagne en intensité et en vérité humaine.
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A voir à lire (Frédéric Mignard) 2Le script n’est certes pas original, mais parvient toutefois à captiver tout au long de la projection. Et dans la douleur généralisé. L’étau dramatique se resserre peu à peu autour des protagonistes et la souffrance de la superbe humanoïde, créature ailée et amphibie, dotée d’un dard redoutable, devient palpable. La folie s’installe pour déboucher sur une conclusion qui ne peut que s’avérer tragique. Cette inéluctable tragédie donne au film un côté particulièrement pesant. Le tiraillement des personnages devient très vite celui du spectateur, lui-même otage d’une situation où le rationnel et l’affectif forment un mélange forcément anormal et donc monstrueux.
Au talent d’un casting solide, on soulignera l’incroyable pouvoir de persuasion des effets spéciaux. Les prothèses très organiques et les CGI fluides rendent l’expérience fascinante, alors que la caméra habile du réalisateur permet d’évacuer le malsain de certains instants sordides qui deviennent tout simplement beaux... -
Journal du dimanche (Stéphanie Belpêche) 2Le réalisateur canadien Vincenzo Natali (Cube) revisite le mythe de Frankenstein dans cette série B de science-fiction ultraréférencée (La Mutante), aussi efficace que troublante, qui traite de thèmes contemporains comme le clonage thérapeutique, la maternité et la difficulté de s’engager dans un couple.
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Fluctuat () 1Relecture de Frankenstein sous encombrante influence cronenbergienne, Splice gagne sans peine sa médaille d'or de fausse série B intelligente. Étoile filante du début des années 2000 ayant éclaté comme une baudruche supersonique après son très surestimé Cube, Vincenzo Natali revient, et il a monté d'un cran ses ambitions. Fait-il alors mieux ? Non, pire. C'est le problème de ceux qui aujourd'hui ont une trop grosse estime pour la série B. Ils gonflent, meublent, en rajoutent avec une prétention délirante. On est loin des Wise et Tourneur, loin des artisans d'Hollywood qui dessinaient la beauté ténébreuse de leurs films dans le chrome du noir et blanc. Tout le problème de Spice tient au fait que Natali n'aime plus assez la série B. Plutôt, comme tant d'autres, français notamment, il veut la convertir, l'anoblir, reprendre ce qu'a laissé la Nouvelle vague pour l'adapter aux genres autrefois délaissés. Il est bien sûr à la bourre et son film en est la preuve. Pas tant par son pitch, qui n'est qu'une relecture actualisée de Frankenstein (un couple de scientifique créent une créature hybride prenant la place de l'enfant qu'ils n'ont pas eu), que cette volonté de lui donner à tout prix une profondeur dérangeante. Pour le dire autrement, Natali a voulu signer un film d'auteur. Au point que Splice hurle à chaque minute son impuissance à être autre chose que ce qu'il est.D'où vient le problème ? Dans le désordre, on pourrait dire les effets de modernité surlignés (les recherches sur l'ADN et les laboratoires qui les financent, forcément coupables de quelque chose) ; l'intrigue dérapant vers une compilation abusive de transgressions morales (couplet lourdingue sur la maternité ; scène de pseudo inceste en guise de morceau de bravoure bourgeois) ; Adrien Brody, décidément grand acteur de série Z ; ou encore plus généralement cette utopie de colmater la moindre brèche du film par du foin théorique. L'ennui, c'est que d'une part ce vernis d'intelligence flotte à la surface des images, pour qu'on ne le rate pas ; de l'autre que Natali a trop regardé les films de David Cronenberg. Splice n'étant qu'un sous remake de La Mouche teinté de Chromosome 3 et Faux-semblants. Ce qui est plutôt gênant voire franchement embarrassant. Tout autant que ça confirme une chose qui ne plaira pas à tout le monde : si l'influence du canadien dérange, c'est aussi parce qu'elle dit quelque chose de son cinéma surestimé. Qui, comme Natali, invoque la série B pour la trahir, rajoutant partout des couches voyantes de sens et autres pseudo perversions autour du corps. Mais après tout, l'élève est toujours un commentaire du maître. Rien d'étonnant donc à y retrouver les mêmes faiblesses, encore que Cronenberg reste loin devant mister Cube, très loin.SpliceDe Vincenzo NataliAvec : Adrien Brody, Sarah Polley, Delphine ChanéacSortie en salles le 30 juin 2010[mediabox id_media="129104" align="null" width="550" height="304"][/mediabox] Ills © Gaumont Distribution Jérome Dittmar- Exprimez-vous sur le forum cinéma- Suivez le fil cinéma fantastique sur le blog cinéma - Vincenzo Natali sur Flu : lire les critiques de Cube (1999), Cypher (2003), Nothing (2007),
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