Date de sortie 3 octobre 2018
Durée 82 mn
Réalisé par Philipp Jedicke
Scénariste(s) Philipp Jedicke
Distributeur Rouge Distribution
Année de production 2018
Pays de production Grande-Bretagne, France, Allemagne
Genre Film documentaire
Couleur Couleur

Synopsis

Documentaire sur le musicien Chilly Gonzales.

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Photos

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Rouge Distribution / Rapid Eye Movies
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Shut Up and Play the Piano, affiche

Shut Up and Play the Piano, affiche

Critiques

  1. Première
    par Michaël Patin

    « I wanna be loved and hated in equal amounts » (« Je veux être aimé et haï à part égale »), clamait Chilly Gonzales sur Take Me To Brodway en 2002. Une déclaration identique sert d’ouverture au documentaire Shut Up And Play The Piano, manière d’épouser le point de vue de l’énergumène canadien, qui n’a jamais eu besoin de caméras pour mettre en scène ses paradoxes. A la fois « génie musical » et « supervillain » auto-proclamé, pianiste de formation classique et bête de scène obsédée par le rap, il n’a cessé de brouiller les frontières entre musiques nobles et populaires, spectacle et intimité, interrogeant à travers son alter ego (maniaque) la notion même de rôle… Ce qui en faisait un (anti) héros tout cuit pour le cinéma. Philipp Jedicke opère un tri dans les archives et aligne les témoins-clés pour restituer la logique d’une carrière versatile, qui l’a vu passer de la scène pop de Toronto (un échec vécu comme épisode fondateur) à l’underground berlinois (sa période rap et provoc’) et d’une retraite parisienne (le succès de l’album Solo Piano) aux salons de Cologne (il compose désormais pour un quatuor à cordes). Si le film succombe à quelques sirènes psy, s’arrêtant sur sa relation compétitive avec son frère, il n’est jamais plus juste que quand il devient lui-même performatif, dans ces séquences où des anonymes sont invités à « jouer » Chilly Gonzales. Lui se dit prêt, un de ces jours, à passer le relai afin que son personnage puisse lui survive… Soit le rêve de tout acteur et l’idée maîtresse de Shut Up And Play The Piano, documentaire cannibalisé par son sujet (c’est presque un autoportrait) où l’accès au réel est une manière comme une autre – mais pas la moins efficace - de perpétuer la fiction.