Affiche Shame

Shame : critiques

La critique de Premiere

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  • 3
    Lors du dernier festival de Venise, Darren Aronofsky ne tarissait pas d’éloges à propos de cette représentation crue d’une forme d’addiction, lui qui en a signé une mémorable avec Requiem for a Dream. Le parallèle n’est pas fortuit : dans les deux cas, les héros sont issus de familles dysfonctionnelles qui sont sans doute à l’origine de leurs névroses. Comme Aronofsky, McQueen n’explique cependant rien. Il met en avant le résultat, pas la cause. Un plan montrant Sissy nue devant son frère, ou chantant dans un bar avec ses tripes, suffit à établir l’ambiguïté d’une relation régie par une attirance/répulsion destructrice. Michael Fassbender habite Brandon comme il habitait Bobby Sands dans Hunger, le précédent film de McQueen. Avec une bonne dose d’inconscience et un abandon total à son personnage. On n’oubliera pas de sitôt la scène où, prenant sauvagement une prostituée, il atteint l’orgasme entre spasmes de plaisir et pleurs de honte et de souffrance. Il s’agit du climax d’un film qui ne craint pas de déplaire, tout en évitant coûte que coûte le sensationnalisme. C’est son aspect chronique et clinique qui fait de Shame un grand drame humain, l’addiction au sexe n’étant qu’une expression comme une autre de la solitude de l’homme moderne.

Les autres avis de la presse

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  • Pariscope ()4
    Avec ce deuxième long métrage fort et puissant sur la solitude mortifère que l’Occident d’aujourd’hui fabrique, Steve McQueen s’impose comme l’un des plus passionnants cinéastes européens.
  • Nouvel Obs ()4
    La façon dont Steve McQueen, éminent plasticien et auteur remarqué de "Hunger", filme son héros est éloquente: c’est un homme nu, un phallus, en proie à des pulsions sexuelles qui le rendent aussi brutal qu’insatisfait, addict aux sites porno, aux hôtesses de chat torrides et aux prostituées. Nous ne saurons pas quelle enfance tourmentée a détraqué la vie affective de ce yuppie irlandais installé à New York et de sa sœur, chanteuse suicidaire qui égrène un soir dans un bar une bouleversante version du standard de Liza Minnelli. Impressionnant, le cinéaste épie les tourments misérables de ce prédateur coupable, comme Fritz Lang traquait le mal qui rongeait le personnage de "M. le Maudit". Voir Michael Fassbender (primé à la Mostra de Venise) fixer une proie dans le métro convainc que l’acteur a la trempe d’un grand.
  • Elle ()4
    Un film troublant et inoubliable.
  • StudioCiné Live ()4
    Au-dela de la névrose, c'est bien l'extrême solitude de cet homme dépossédé de lui même qui nous laisse K.-O.
  • Libération ()3
    Shame est porté par un acteur magistral, rongé par son addiction à la jouissance froide (...)
  • Le Monde ()3
    (...) Une tragédie et une représentation stupéfiante de beauté de la vie misérable d'un privilégié, perdu dans la capitale du monde moderne, New York.
  • Metro ()3
    Servie par une mise en scène élégante, cette oeuvre intense fait de son public le témoin horrifié d'une véritable descente aux enfers intimes.
  • Le Point ()3
    (...), on retrouve chez Steve Mcqueen ce goût pour des personnages extrêmes, escortés de leurs démons, en l'occurrence des pulsions sexuelles qui transforment Michael Fassbender en figure quasi christique.
  • 20 Minutes ()3
    Avec Shame, le duo Steve Mcqueen et Michael Fassebender s'empare d'un sujet difficile pour secouer le spectateur comme une canette de soda. On est émerveillé par la maestria du réalisateur et de l'acteur pour faire vivre des émotions intenses, tout en n'hésitant pas à brutaliser un spectateur malmené mais comblé.
  • Le Figaro ()3
    (...) L'acteur Michael Fassbender prête sa belle gueule et son jeu tout intérieur, sans limite. On devrait le détester. C'est le contraire qui se passe, sous l'œil clinique et un brin pervers du réalisateur, qui a le sens des images et des effets.
  • Télérama ()3
    Steve Mcqueen, révélé par Hunger, confirme qu'il l'est l'un des plus grands metteurs en scène d'aujourd'hui.
  • Le Parisien ()1
    Shame pâtit d’un scénario autosatisfait qui vise dans les coins sans jamais rien explorer. On aurait aimé en savoir plus sur les personnages. Bref, jouir d’un peu plus de consistance.
  • Les Inrocks ()1
    (...) tout ceci n'aboutit qu'à des truismes de cinéma d'auteur, vieille godasse de l'incommunicabilité, vertige frelaté du sexe explicite et moment de bravoure enchainés comme autant de positions du Kamasutra.
  • Fluctuat.net ()4
    Sous couvert d'explorer l'addiction sexuelle d'un cadre new-yorkais, le deuxième long-métrage de Steve McQueen offre un puissant opéra sur la survie en milieu urbain. Porté par la prodigieuse prestation de Michael Fassbender, Shame dépasse en intensité les promesses semées par Hunger.
  • A voir à lire ()2
    Steve McQueen aliène une fois de plus le corps de Michael Fassbender à ses nécessités bestiales, en s’intéressant au thème de l’addiction sexuelle. Une fable un peu lisse et distante, qui fait toutefois exploser à l’écran un véritable corps de cinéma.
  • CinémaTeaser ()3
    McQueen ne se prive pas de filmer des corps dénudés, qu’il s’agisse de ceux de Michael Fassbender, Carey Mulligan ou d’illustres inconnues. Mais ce ne sont pas de bas instincts concupiscents qu’il cherche à susciter, mais bien une certaine répulsion. Un regard qui ne passe pas par la mise en scène de délires déviants et cracra, mais par une dissection clinique, désespérée et quasi lyrique (sublime score de Harry Escott) de la mélancolie qui accompagne le sexe sans amour. Que Brandon prenne une inconnue dans une ruelle, qu’il fasse venir une prostituée chez lui, qu’il se masturbe à tout moment (au bureau ! dans la douche ! devant du porno !), qu’il dévisage avec insistance une femme dans le métro, son obsession apparaît clairement comme le besoin de se libérer d’un poids. L’éjaculation comme lâcher prise. Et comme palliatif. Ce point de vue jamais moralisateur, qui cache une profonde tristesse, fait de SHAME une chronique poisseuse et dérangeante sur l’incapacité d’un homme à (s’)aimer, et à entretenir un rapport normal avec les femmes, y compris lorsqu’il s’agit de sa sœur. Une relation d’une rare complexité, transcendée par l’intensité de Fassbender et Mulligan. On regrettera juste les sous-entendus de la fin qui, en essayant d’expliquer l’obsession de Brandon, amoindrissent légèrement son universalité. Car finalement, remplacez le sexe par n’importe quelle névrose, et vous avez en SHAME le parcours psychologique de quiconque s’est un jour demandé : « Comment faire pour être heureux ? »
  • Fluctuat ()
    Sous couvert d'explorer l'addiction sexuelle d'un cadre new-yorkais, le deuxième long-métrage de  Steve McQueen offre un puissant opéra sur la survie en milieu urbain. Porté par la  prodigieuse prestation de Michael Fassbender, Shame dépasse en intensité les promesses semées par Hunger. Avec le tétanisant Hunger, le vidéaste anglais Steve McQueen avait effectué en 2008 une entrée plus que remarquée dans le cinéma narratif. Shame vient prolonger cette quête d'identité cinématographique, puisque les insoutenables conditions de détention des membres de l'IRA dans la prison de Maze laissent place au portrait d'un cadre new-yorkais (Michael Fassbender) qui jouit d'une totale liberté de mouvement mais se retrouve prisonnier de son addiction au sexe.Prison de verre Ecrasante de maîtrise et d'entêtement, l'introduction de Shame fait redouter un instant le spectre du film-performance. On y suit en effet l'inlassable cycle de la répétition subi par Brandon, célibataire qui fréquente des prostituées et se masturbe entre les murs de verre de son appartement. Si Steve McQueen exprime sans peine la misère affective d'une existence régie par les pulsions frénétiques, ces premières minutes se rapprochent davantage de l'installation vidéo pour musée d'art contemporain (là où le cinéaste a fait ses débuts) sans que ne s'opère une réelle  force d'incarnation.L'arrivée en ville de Sissy (Carey Mulligan), la soeur de Brandon, permet  heureusement d'élargir l'horizon du film et d'éclairer le corps de Michael Fassbender d'une lumière nouvelle. Grâce à cet appui féminin et à la description de la relation tourmentée entre un frère et sa soeur, Shame trouve l'intensité charnelle qui faisait parfois défaut à Hunger. Le sujet est ici moins l'obsession sexuelle de Brandon que la façon dont le personnage tente de se forger une intimité à l'intérieur de l'espace faussement ouvert qu'est New York. Au milieu de vitres omniprésentes qui donnent l'illusion d'avoir accès à toute chose mais instaurent une séparation entre les êtres, cet éternel célibataire négocie sa survie en s'interdisant toute relation sentimentale. Voilà pourquoi l'intrusion de Sissy procure à son frère la sensation d'être dépossédé de sa fantomatique liberté. I want to be a part of it... Ni entièrement centré sur l'addiction de Brandon ni intégralement occupé par le lien destructeur qu'il entretient avec sa soeur, Shame s'impose en réalité comme une rêverie aussi sublime que brutale sur la ville de New York. Prêtant une attention virtuose aux respirations de Manhattan, Steve McQueen laisse la durée s'installer lors de plusieurs séquences d'anthologie, comme celle où Carey Mulligan interprète un déchirant "New York New York" dans un club huppé, ou celle du sensuel dîner au restaurant entre Brandon et sa collègue Marianne. Dans ces instants où  s'entrechoquent la froideur clinique du cadre et le besoin impérieux de se blottir dans un chaleureux cocon, le cinéaste ravive la flamme de plusieurs chefs d'oeuvre consacrés au New York nocturne. On songe alors au véritable opéra qu'était The King of New York d'Abel Ferrara ou au vibrant drame sentimental que dessinait le Two Lovers de James Gray : la caméra de Steve McQueen retrouve la même sublimation de la solitude urbaine et traque à sa manière un  invisible Absolu. Shame parle finalement autant de déracinement que d'addiction : Irlandais venu à New York pour fuir un douloureux passé, Brandon n'a pas réussi à s'y faire une place pleinement satisfaisante, continuant à façonnner son rapport à la ville  sur le mode de la transgression. Fasciné de son propre aveu par le cinéma muet, Steve McQueen enfin trouvé l'écrin narratif qui permet à sa mise en scène d'atteindre la grâce. Magnifié par Michael Fassbender, prodigieux dans  son rôle de félin qui n'aurait pas achevé sa mue, Shame capte ainsi avec brio les cicatrices intemporelles de deux âmes d'aujourd'hui. Damien Leblanc   © MK2 Diffusion   ShameDe Steve McQueenAvec : Michael Fassbender, Carey Mulligan, James Badge DaleSortie en salles le 7 décembre 2011
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