Date de sortie 30 mai 2018
Réalisé par Saïd Hamich
Avec Anas El Baz , Kate Colebrook , Saïd Benchnafa
Scénariste(s) Saïd Hamich
Distributeur Pyramide
Année de production 2017
Pays de production france
Genre Drame
Couleur Couleur

Synopsis

Nassim, jeune trentenaire, vit à Abu Dhabi avec sa fiancée américaine , Elisabeth. Après plusieurs années d’absence, il revient avec elle à Bollène, Dans le Sud-Est de la France, où il a grandi. Mais Nassim doit faire face à son passé. Il y a sa ville sinistrée, désormais gouvernée par la Ligue du Sude ; sa famille avec laquelle il entretient des relations complexes et ce père à qui il n’adresse plus la parole…

Critiques

  1. Première
    par Thierry Chèze

    Pour son premier long métrage, Saïd Hamich (coproducteur du Much loved de Nabil Ayouch) s’aventure sur un terrain ô combien miné : la question de l’identité et des communautarismes. Mais en lieu et place du flot de théories répétées en boucle jusqu’à l’épuisement sur ce sujet, il fait le –bon- choix de le traiter en partant d’une situation concrète. En l’occurrence, le retour de Nassim, trentenaire vivant à Abu Dhabi avec sa fiancée américaine, à Bollène où il a grandi. Un retour aux sources qui ne sera pas de tout repos. D’abord parce qu’il entretient des rapports complexes avec sa famille, et tout particulièrement son père à qui il n’adresse plus la parole. Mais surtout parce qu’il ne reconnaît pas l’ambiance de cette ville du sud de la France et certains de ses amis d’enfance, contaminés par la montée en puissance de l’extrême-droite et son rejet de la communauté maghrébine à laquelle il appartient. Hamich raconte les tiraillements de cet homme entre ce passé qui l’a construit mais qu’il a fui et ce présent où il se sent étranger à ses origines pour autant de bonnes que de mauvaises raisons. Rien n’est jamais tout noir ou tout blanc dans ce récit et Retour à Bollène séduit précisément pour sa capacité à évoluer dans ce gris où se mêlent harmonieusement l’intime et le général, les liens familiaux et les engagements sociétaux. Et, de fait, à ne jamais s’enferrer dans la pure réflexion cérébrale distante pour oser se confronter à des moments émouvants voire poignants. Le tout en un peu d’une heure orchestrée sans longueur inutile. Un grand film politique, aussi pertinent que sensible.