Repo Men : critiques
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La critique de Premiere
(1) 1-
Alex
Masson
1
Imaginez Guy Ritchie réalisant sa version décérébrée de Brazil, avec Jude Law et Forest Whitaker dans les rôles de fonctionnaires du crime
lancés dans d’insensées scènes de tuerie. Virulente satire du système capitaliste ou film d’action dégénéré ? Sur le papier, Repo Men avait le potentiel d’un nouveau Fight Club. Tel quel, il reste une respectable tentative de greffe entre conventions de film de genre à la Jerry Bruckheimer et brulôt anarchisant. Pas sûr qu’il aide Barack Obama dans sa volonté de remodeler le système de santé américain mais, à son échelle, cet objet singulier dynamite de l’intérieur le modèle hollywoodien actuel.
Les autres avis de la presse
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L’Ecran Fantastique (Yann Lebecque) 3Repo Men n'est peuplé que de monstres d'égoïsme, de cynisme, comme si la morgue était la seule valeur transmise d'en haut - vision tellement proche de notre monde actuel où la financiarisation a fini par déshumaniser l'ensemble de la population mondiale. Un monde assez noir pour qu'une sorte de chasseur de prime sans scrupule puisse encore paraître sympathique, sa volte-face suffisant à le rapprocher du Sam Lowry de Brazil. Après tout, même si l'amour n'est pas le déclencheur de cette trahison, cela reste une affaire de coeur.
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L’Ecran Fantastique (Gilles Penso) 3Violent, décomplexé, rythmé par une bande-son énergisante qui alterne les envolées symphoniques de Marco Beltrami et une playlist musicale joyeusement décalée, Repo en risque de faire grincer quelques dents et ne s'attirera la faveur de tous les publics. Tant mieux ! La science-fiction n'est-elle pas, par essence, un genre subversif et impertinent ?
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A voir à lire (Frédéric Mignard) 1(...) au vu de ses nombreux défauts (script pas croyable, mise en scène un peu molle), cette satire cinglante et sanglante de la société de demain, manifeste contre la société de consommation à crédit, devra demander beaucoup de recul et de second degré au spectateur pour qu’il adhère à sa démarche singulière. Une fois l’effort réalisé, il n’est pas interdit d’y éprouver un plaisir coupable.
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Fluctuat () 2Digérant mal ses nombreuses influences SF, Repo Men ne parvient pas à exploiter sa puissante idée de départ. Restent quelques séquences gore, et Jude Law.La trame de Repo Men (adaptation du roman d'Eric Garcia, The Repossession Mambo) fleure le bon vieux récit d'anticipation : dans un futur proche, une société vend des organes humains; lorsque la note mensuelle n'est pas réglée, une équipe d'intervention spéciale (les Repo Men) est envoyée pour récupérer les organes sans se préoccuper du confort ou de la survie des clients insolvables. Mais la mécanique va s'enliser lorsque le dévoué Remy reçoit à son tour un coeur artificiel. Sur le papier, les ingrédients narratifs sont alléchants : dérive totalitaire du capitalisme, règne du corps artificiel, explosion des liens sociaux, opposition entre un employé qui se pose des questions éthiques (Jude Law) et un collègue/ami entièrement soumis au système (Forest Whitaker)...Avec son esthétique gore (certains plans surprennent par leur brutalité) et son atmosphère visuelle qui évoque plusieurs classiques SF (les décors à la Blade Runner ou Minority Report), Repo Men débute comme une solide série B de science-fiction, proche du récent Clones de Jonathan Mostow. Mais Miguel Sapochnik ne parvient malheureusement pas à garder le cap, son récit partant vite dans tous les sens. Si le personnage de Remy bascule en cours de film, épousant la traditionnelle figure du paria, c'est moins pour offrir une réflexion sur les sociétés du futur que pour justifier des séquences d'action haineuses et sanguinolentes. Au-delà des problèmes de scénario - le volet familial s'avérant par exemple raté et le rôle de Carice Van Houten cruellement sous-exploité -, Repo Men peine à trouver un ton cohérent : les tentatives d'humour se font ainsi très douteuses, Sapochnik cherchant à nous faire rire avec une séquence où un enfant neutralise sa mère à coups de taser. Au final, Repo Men se présente comme un mélange informe d'influences mal digérées (Brazil côtoyant Old boy, Dark City, Pulp Fiction ou Fight Club). Mais cet aspect fourre-tout confère paradoxalement du charme à cette série B qui ne recule devant rien. Jude Law, dont la simple présence suffit à raviver les souvenirs d'eXistenZ et A.I., parvient à surprendre dans ce rôle sombre et brutal. Laissant un fort goût d'inachevé et n'atteignant jamais la complexité d'un Cronenberg, Repo Men se démarque pourtant du tout-venant de la production hollywoodienne, par son ambition de départ et par le bain de sang qu'il laisse derrière lui. Cet objet hybride sera peut-être culte pour le public de 2070, qui sait.Repo MenDe Miguel SapochnikAvec Jude Law, Forest Whitaker, Alice BragaSortie en salles le 14 juillet 2010[mediabox id_media="130067" align="null" width="550" height="366"][/mediabox] Damien Leblanc - Exprimez-vous sur le forum cinéma- Suivez les fils adaptation, cinéma fantastique sur le blog cinéma
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