Affiche Polisse

Polisse : critiques

La critique de Premiere

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    Écrasés sous les questionnements existentiels, ses deux films précédents révélaient néanmoins une cinéaste douée pour traquer la vérité jusqu’à l’excès. Polisse participe de cette quête. À l’instar de la faute d’orthographe dans le titre, le film n’est pas parfait, mais on s’en fout tant les quelques scories ne contreviennent jamais à sa puissance émotionnelle. Maïwenn se révèle une réalisatrice accomplie, suffisamment sûre de son art pour laisser de côté l’ostentatoire et mettre son talent au service des autres. Cet altruisme donne au film une pulsion de vie déchirante.

Les autres avis de la presse

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  • Télé 7 jours ()4
    Pour sa troisième réalisation, Maïwenn plonge le spectateur au coeur de cette brigade. Sans ménagement ni pudeur. Toujours à hauteur d'homme, dans la veine du L. 627 de Bertrand Tavernier, elle livre, avec la complicité d'une troupe exceptionnelle, une chronique âpre et réaliste où l'humanité le dispute à la sincérité, sans verser dans l'émotion facile.
  • Les Inrocks ()4
    Polisse fonctionne plus avec les tripes qu’avec le cerveau, c’est un film physique, coup de latte, qui manque sans doute de raffinement esthétique, de subtilité politique ou de froideur analytique, la tête dans le guidon de l’action et du présent, oscillant entre montées et descentes d’adrénaline. Mais rares sont les films français qui possèdent ce feu et ce punch, qui rendent compte avec ce degré d’intensité de l’état de nerfs et d’épuisement de la France contemporaine.
  • Libération ()3
    La dignité du film est presque entièrement redevable à JoeyStarr, sorte de Bob Mitchum hexagonal. C’est lui qui fait tournoyer avec le plus de nuances et de charisme les ambiguïtés de son personnage de keuf hardcore issus des banlieues entre désir d’en découdre et sensibilité à fleur de peau. Face à lui, Maïwenn, fragile, poseuse, dans le rôle de la bourgeoise photographe embarquée, est délibérément énamourée et à côté de la plaque. Presque en marge, elle règle aussi des comptes persos comme elle l’avait déjà fait dans Pardonnez-moi, son premier long métrage.
  • A voir à lire ()2
    En outre, Maïwenn n’évite ni les maladresses (la dispute entre Iris et Nadine), ni les zones d’ombre (la défenestration d’un personnage principal), ni cette fâcheuse tendance à appuyer le contraste entre les moments où l’on se doit d’être ému (la mère africaine SDF contrainte d’abandonner son fils) et ceux où l’on nous somme de rire (le téléphone portable de l’adolescente). Enfin, la romance entre Melissa et Fred, prévisible et convenue, affaiblit le rythme d’un récit déjà bien pourvu en intrigues. En dépit de ces réserves, Polisse est une œuvre percutante et efficace, qui a séduit Robert De Niro au point qu’il lui décerne le Prix du Jury, réservé au film outsider de la compétition officielle cannoise.
  • StudioCiné Live ()3
    (...) l'on passe sans temps mort du drame le plus atroce au rire les plus libérateur. Des gestes d'amitié intense à la rancœur haineuse entre collègues. (...) Des acteurs qu'elle sait pousser dans leurs retranchements sans qu'à l'écran on assiste à une accumulation de performances solitaires. Polisse est bel et bien une oeuvre collective, au sens premier du terme, dans laquelle la réalisatrice a eu la belle idée de se confier le rôle de la photographe qui vient observer ce petit monde avant d'être emportée dans la ronde de leurs existences.
  • Fluctuat ()
    La réalisatrice de Pardonnez-moi et Le Bal des actrices continue son entreprise de cinéma-vérité avec Polisse, film coup de poing sur le quotidien de la BPM (Brigade de Protection des Mineurs). Démago, maladroit, voire embarrassant de naïveté, le Prix du Jury cannois 2011 a le mérite de confirmer le talent d'acteur de Joey Starr.Polisse est un film à l'image de son titre mal orthographié : naïf et maladroit, il en fait des caisses dans le déballage impudique façon documentaire filmé à l'arrache (avec le label de qualité "inspiré de faits réels" en étendard) et le social caméra au poing (monté à la truelle). Son naturalisme bas du front vire trop souvent au coup de force et au chantage aux bons sentiments. Et c'est dommage, car avec des acteurs compétents tels que Marina Foïs, Karin Viard, Jérémie Elkaïm, Nicolas Duvauchelle ou Maïwenn elle-même, il y a avait sans doute un beau portrait de groupe à faire sur le quotidien de la Brigade de Protection des Mineurs, dans la veine du Petit lieutenant de Xavier Beauvois. Tonique, mais brouillon, brodant sur le mode « policiers à bout de nerfs », l'actrice-réalisatrice orchestre un étalage de numéros d'acteurs hystériques, dont le sommet est atteint avec la dispute-performance entre Karin Viard et Marina Foïs. C'est pénible, mais excusable. D'autant que Maïwenn, il faut le reconnaître, a le sens du casting. Elle a su donner à son ex-compagnon Joey Starr un rôle à sa mesure, avec des punchlines ad hoc ("Si tu suces pour un portable, qu'est-ce que tu ferais pour un ordinateur ?", balance-t-il à une ado candide). Drôle, le crooner de feu Supreme-NTM, qui rappait « nique la police » il y a quelques années, est très crédible en gros dur au grand coeur. Sa trogne accidentée et son timbre granuleux rappelleraient presque Anthony Quinn, offrant un corps inédit et une présence animale et burlesque, singulière dans le paysage du cinéma français. Il faut le voir danser seul sur le dancefloor, onctueux, après une éructation rocailleuse dont il a le secret.En revanche, il est plus difficile de pardonner à Maïwenn son traitement « documentaire » du quotidien policier, scrutant du point de vue unilatéral des gentils flics, les délinquants sexuels, monstres inhumains au teint falot, tel un jury accusateur. Car sous le prétexte de réhabiliter les « good cops » de la BPM dont on suit les amourettes feuilletonesques, ces super-héros de l'ombre qui arrêtent les méchants pédophiles ou les violeurs mais doivent quand même se salir les mains en allant réveiller les immigrés roumains à 4h du matin pour leur prendre leurs gosses, la réalisatrice ose et fait passer des scènes à l'obscénité embarrassante : ici un gros plan interminable sur les larmes de Joey Starr prenant dans ses bras un enfant sans-papier, là surtout, une scène inouïe, dans laquelle les petits Roumains arrachés à leur famille dansent dans un bus comme s'ils partaient en colonie de vacances. Sans parler d'un final en split-screen et au ralenti, ridicule au possible, sur l'air démago de : pour chaque policier sacrifié, un enfant sauvé. Au secours. Eric VernayPolisseDe MaïwennAvec Karin Viard, Joey Starr, Marina FoïsSortie en salles le 19 octobre 2011 - Suivez le fil festival de cannes sur le blog cinéma- Les 8 meilleures punchlines de Polisse
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