Affiche Pater

Pater : critiques

La critique de Premiere

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    C'est un jeu, une fiction politique, une histoire d'amitié, un making of, une amorce de confession, une mise en abyme, un documentaire sur une certaine France, une démonstration de tout ce qu'il est possible - ou presque - d'accomplir et de faire croire par le biais d'une caméra. Malicieux, libre, poignant, Pater procure aussi une vraie jubilation, sans échapper pour autant au destin des installations artistiques conceptuelles pour public sophistiqué, aussitôt vues et presque aussitôt oubliées. S'il est heureux que tous les films ne lui ressemblent pas, il est tout aussi capital qu'un objet comme celui-là puisse exister.

Les autres avis de la presse

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  • Nouvel Obs () 3
    la politique – comme le cinéma, comme la vie – n’est qu’un jeu dont "Pater", mise en abyme iconoclaste et ludique, film sur la probité, la magie du 7e art et la saveur des choses, nous rappelle le but avec une liberté, une espièglerie et une intelligence rares.
  • Libération () 4
    C’est dans ce décor nu que Cavalier vient de déshabiller le pouvoir, le filmant en l’état, ce qui, par effet d’inversion généralisé, rend de nouveau ce jeu politicien désirable, intriguant, humain. Toute chose dont nous avons, semble-t-il le plus urgemment besoin.
  • L'Express () 4
    Un drôle de film. Et un film drôle. Grave aussi, parfois. Vrai, toujours.
  • Télé 7 jours () 3
    la fois profonde, pétrie de malice et souvent très drôle, cette joyeuse méditation sur le 7e art et la politique n'a rien d'un exercice de style pompeux. Tentez l'expérience.
  • Le Figaro () 3
    Il y a toujours eu dans le cinéma de Cavalier des fulgurances, des intuitions. ­Pater va plus loin. Il ausculte l'intime en le mêlant au politique et à l'inconscient collectif. Prodigieux… et quasiment prophétique.
  • Fluctuat.net () 4
    Quand Alain Cavalier et Vincent Lindon jouent au Président et au Premier ministre, c'est tout un cinéma de l'intime qui atteint une irrésistible dimension collective. Piquant, détonant, revigorant, Pater s'impose comme un des grands films de l'année.
  • A voir à lire () 3


    Avec ce film présenté en compétition à Cannes, Alain Cavalier mène sa caméra baladeuse dans un jeu cocasse entre le cinéaste et un acteur, qui les mènera tous deux là où ils n’auraient jamais pensé se trouver. Drôle et brillant, tout en finesse, Pater - le résultat de cette expérience - est un film débordant d’ingéniosité.
  • Fluctuat ()
    Quand Alain Cavalier et Vincent Lindon jouent au Président et au Premier ministre, c'est tout un cinéma de l'intime qui atteint une irrésistible dimension collective. Piquant, détonant, revigorant, Pater s'impose comme un des grands films de l'année.Pater est stupéfiant à plus d'un titre. On peut d'abord s'étonner de voir Alain Cavalier - considéré depuis de longues années comme le chantre du cinéma solitaire et autobiographique - inviter la star Vincent Lindon à jouer à la politique avec lui, comme on joue à la dînette. Les deux hommes se filment ainsi dans leurs propres appartements et se fondent progressivement dans la peau d'un Président de la République française (le protecteur Alain Cavalier) et de son Premier ministre (l'impétueux Vincent Lindon). Emerveillé par la simple existence de cette possibilité - oui, le cinéma permet de devenir responsable politique tout en restant chez soi -, Pater manie avec brio l'art du chuchotement afin de ne pas perturber le calme environnant. Car nous nous trouvons ici dans l'intimité du pouvoir, lieu aussi dépouillé qu'intimidant, où les mots se doivent d'être pesés : entre quatre murs et deux bons repas, c'est bien le destin du peuple français qui se joue.Pater invite dans un premier temps le spectateur à écouter une multiplicité de voix, qui sont autant de fenêtres ouvertes sur le pays réel. Voix du citoyen désireux d'améliorer les conditions socio-économiques de la France (Vincent Lindon en début de film), voix d'un garde du corps ancien basketteur qui raconte les impitoyables coulisses du sport professionnel ou voix du boulanger qui décrit la façon dont il organise son travail. Fort de ce chant collectif, Pater se resserre pourtant inexorablement sur ses deux savoureuses figures centrales - qui, comme l'explique Alain Cavalier, sont "des personnes et non des personnages". A la fois relation entre fidèles amis, entre un réalisateur et son acteur, entre un Président et son Premier ministre, entre un maître et son élève, entre un père et son fils, les nombreux liens affectifs qui se tissent entre Cavalier et Lindon viennent considérablement enrichir ce laboratoire permanent qu'est Pater. Pendant que le duo expérimente la pratique du pouvoir et que le film capte le mouvement de la politique en train de se faire, des sentiments bien concrets prennent corps à l'écran. Ultime étape d'un héritage réussi, le Premier Ministre décide d'affronter son Président à l'élection présidentielle. Cette lutte électorale a beau épargner la complicité qui lie les deux hommes, elle incarne une sorte de fatalisme de la responsabilité politique, sans cesse destinée à se nourrir du conflit.Pater ne défend cependant pas l'idée que le pouvoir mène à une impasse. Si le projet de loi sur les salaires soutenu par Vincent Lindon paraît difficile à appliquer, le film émet en creux - et par son dispositif même - un appel à ce que chaque citoyen participe à la vie publique. Laborieuse mais capable de dignité (voir l'attitude de Lindon lors de la séquence de la photo compromettante), la fonction politique devrait être l'affaire de tous. Entre documentaire et fiction, entre film fantastique et traité philosophique, Pater fixe des lieux de passage où les dirigeants cohabitent avec le peuple et où des voix intérieures parviennent à se rendre audibles. Cette dimension utopique s'accompagne ainsi d'une vibrante solennité : lorsque Alain Cavalier se contemple dans un miroir et observe le visage qu'avait son père au même âge, les époques communiquent soudain entre elles. L'action politique et la création artistique continuent d'escorter le passé, la mémoire et le souvenir de nos ancêtres. Sans eux, point de salut. Pater D'Alain CavalierAvec Vincent Lindon, Alain Cavalier, Bernard BureauSortie en salles le 22 juin 2011Damien Leblanc - Suivez les fils réalisateur, festival de cannes sur le blog cinéma
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