Date de sortie 13 septembre 2017
Réalisé par André Téchiné
Avec Pierre Deladonchamps , Céline Sallette , Grégoire Leprince-Ringuet
Distributeur ARP Selection
Année de production 2017
Pays de production france
Genre Drame
Couleur Couleur

Synopsis

Pendant la Grande Guerre, Paul ne supporte plus le bruit des canons et l'horreur des tranchées. Il déserte et retrouve Louise, sa femme avec laquelle il vit une histoire d'amour passionnée. L'entourage de Louise lui conseille de le dénoncer. Mais elle aime trop son mari. Afin d'échapper aux autorités, celui-ci se grime et devient Suzanne. Perruqué, maquillé, corseté, il découvre le milieu de la nuit. En 1925, amnistié, il peut redevenir officiellement un homme. Sauf que Paul a changé et ne veut pas retrouver sa vie d'avant et veut rester une femme. Il continue à séduire dans des soirées chic. Et à se prostituer au bois de Boulogne pour assurer les besoins du ménage...

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Critiques

  1. Première
    par Christophe Narbonne

    Alain Guiraudie aurait pu imaginer cette histoire (vraie) : celle de Paul Grappe, un déserteur de la première guerre mondiale qui, pour vivre au grand jour sans se faire repérer, décide, à l’instigation de son épouse, de se travestir en femme ; prenant goût à sa nouvelle identité (et à une sexualité débridée), il délaisse Louise qui va tenter de le ramener à la r(m)aison. Le réalisateur de L’Inconnu du Lac en aurait sans doute tiré une grande comédie picaresque, cul et absurde, soit précisément l’inverse de ce que recherche André Téchiné, davantage préoccupé par la vérité des êtres et par le réalisme des situations –symbolisé par l’atelier de couture studieux où travaille Louise Grappe. Peu de folie donc, bien que le sujet s’y prêtât (le facétieux Michel Cau, monsieur Loyal d’un cabaret décadent, apporte la dose minimale d’extravagance), mais beaucoup de passion rongeant les personnages de l’intérieur. Aux grandes questions identitaires et sociales posées par la transformation radicale de Paul (par ailleurs victime d’un syndrome post-traumatique auquel le film fait discrètement allusion), Téchiné préfère aussi le lustre moins flamboyant de la crise de couple traitée frontalement, sans chichis. Il y a chez lui une forme de résistance au glamour et a l’épique qui friserait presque le snobisme si, au détour d’une scène de ménage tonitruante, il ne venait nous rappeler que la force de son cinéma viscéral tient dans ce déchaînement de l’intime face aux forces irréversibles de la fatalité.