Ne te retourne pas : critiques
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La critique de Premiere
(1) 2-
Gael
Golhen2C’est un cas d’école : comment filmer la transsubstantiation d’un corps, le passage d’une enveloppe charnelle à une autre ? Ca n’est pas la première fois que le cinéma se colle (Buñuel ou John Woo s’y sont frottés), mais De Van propose une nouvelle version à la fois audacieuse et… parfois ratée.
Ratée parce que la cinéaste ne parvient jamais à faire avaler la pilule à 100%. 2/3 Sophie, 1/3 Monica (ou vice versa), le visage de Jeanne laisse le spectateur incrédule, d’autant plus gênante que la cinéaste cherche souvent à foutre la trouille. Et l’emploi de deux stars rend la fusion forcément délicate. Mais pour le geste (réconcilier cinéma d’auteur et film fantastique), pour la sublime idée de départ (filmer le dévoilement de la vérité et non le trouble originel) et quelques plans anthologiques, Ne te retourne pas mérite réellement d’être découvert. De Van confirme sa place atypique au sein du cinéma français.
Les autres avis de la presse
(6) 2- Journal du dimanche (Carlos Gomez) 2Ne te retourne pas n'est pas le film de l'année et pourtant vous pourrez d'emblée être intrigué par cette histoire qui commence par un reflet de femme qui se dérobe dans un miroir. Marina de Van a le sens du récit et rend haletante cette quête métaphysique qui traite des chagrins de l'enfance et le sentiment de solitude qui envahit tout le monde un instant, à cet âge de la vie.
- Elle (Florence Ben Sadoun) 2On imagine ce qu'un Roman Polanski aurait pu faire avec tels ingrédients. Ici, on se perd dans la course identitaire de l'héroïne. Tout se passe comme si, trop concentrée à diriger les effets spéciaux qui assurent la mue de Sophie Marceau en Monica Bellucci, Marina de Van avait un peu oublié son film, qui reste un beau numéro d'actrices.
- Le Monde (Thomas Sotinel) 1Le mystère de Ne te retourne pas se défait très vite, plus vite que le film n'avance. Plutôt que de jouer, comme dans les films cités plus haut, sur l'ambivalence entre l'analyse psychologique et la fiction fantastique, Ne te retourne pas choisit bientôt le camp de l'étude de cas, finalement assez réaliste. (...) Il y a de meilleures manières de passer deux heures au cinéma que de relier les points qui mènent de Jeanne à Jeanne.
- Télérama (Jacques Morice) 3Une oeuvre étrange et imprévisible où se succèdent les styles comme les genres. Le film fait peur, fait rire aussi. Effrayant, grotesque, baroque mais épuré. On pense autant à Cronenberg ou à Almodóvar qu'à ces polars italiens fauchés, les « gialli ». Un prototype stimulant de cinéma figuratif et défiguré.
- Télérama (Louis Guichard) 1La déception est rude tant il manque l'auteur qui avait mis en marche cette machine à fantasmes. Pourtant, c'est bien Marina de Van qui a coécrit et réécrit le scénario, assuré la réalisation. Mais il reste bien peu de l'ambition folle de son premier film, mélange inédit de fantastique psychiatrique et de critique sociale radicale.
- Fluctuat () 1Marina de Van s'appuie sur un duo d'actrices glamour pour explorer son angoisse de la dépossession du corps, mais sans jamais trouver la tonalité adéquate. Vaguement fantastique mais bien trop cheap, Ne te retourne pas déçoit.Le premier long-métrage de Marina de Van, Dans ma peau, explorait la question de l'altérité du corps, à travers de saisissantes séquences d'auto-mutilation. La trame de Ne te retourne pas aborde à nouveau le thème de la dépossession corporelle, puisqu'on y suit la perte de repères d'une mère de famille (Sophie Marceau) dont le visage se transforme à mesure que son existence est contaminée par celle d'une autre femme (Monica Bellucci).Mais Marina de Van (qui fut notamment actrice et scénariste pour François Ozon) a perdu en route tout ce qui faisait le trouble et l'intensité de son précédent film.Dans Ne te retourne pas, tout est d'une transparence et d'une lourdeur abyssales. L'ambition de lorgner vers le fantastique post-lynchien (la confusion identitaire entre les deux héroïnes aurait pu évoquer Mulholland Drive) se heurte à une gestion maladroite de l'écriture et du rythme. L'univers familial de Sophie Marceau sonne par exemple totalement faux, à cause de dialogues d'une grande mièvrerie et d'un acteur (le mari) qui ôte toute crédibilité aux situations. Si le fantastique a par définition besoin d'un cadre vraisemblable pour s'introduire efficacement dans le quotidien, Marina de Van ne parvient jamais à rendre ses personnages réalistes. C'est donc en toute logique que le film échoue à distiller par la suite émotion et mystère.La réalisatrice prend pourtant des risques qui auraient pu payer. Lorsque les visages de Sophie Marceau et Monica Bellucci - actrices glamour s'il en est - se superposent pour offrir un masque monstrueux, la volonté de casser des images traditionnelles fait mouche. Mais ce malaise passager se perd à nouveau dans la dernière partie ; une excursion en Italie tente d'expliquer la clé du film à coups de flash-backs, mais ce type de résolution a déjà été vu des dizaines de fois dans le cinéma français récent.Trop approximative dans son esthétique et sa narration, la greffe cinématographique opérée par Marina de Van ne prend pas.Ne te retourne pasDe Marina de VanAvec Sophie Marceau, Monica Bellucci, Brigitte CatillonSortie en salles le 3 juin 2009[mediabox id_media="95540" align="null" width="500" height="333"][/mediabox] Illus © Wild Bunch Distribution Damien Leblanc- Exprimez-vous sur le forum cinéma- Lire les fils actrice, festival de cannes sur le blog cinéma
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