Affiche Mission : Impossible, le protocole fantôme

Mission : Impossible, protocole fantôme : critiques

Les critiques de Premiere

(2)3
  • 3
    Oubliez l'épisode 2 et 3 (ça tombe bien le titre invite expressément au reboot) et revenons au premier Mission Impossible. Le film de De Palma était un chef d’oeuvre précisément parce que le cinéaste avait été cadré. A l’aise dans le mainstream où ses thèmes sont en sourdine et où son génie visuel prend une dimension classique, le remake de la série 60's était son meilleur film parce qu’il s’agissait d’un projet écrit par une armée de scénaristes et dirigé par la star (Tom Cruise). Classicisme brillant, intrigue délirante et star power à tous les étages. Tout le contraire de Mission Impossible Protocole Fantôme qui est pourtant un autre miracle. Un miracle parce qu’il tient constamment en équilibre entre les différentes puissances créatrices. A la fois film de (et sur) Tom Cruise et chef d’oeuvre de Brad Bird (c'est aussi un foirage de JJ Abrams, mais ce n'est pas si grave), la quatrième aventure de l’agent Ethan Hunt remet donc les pendules à l’heure. C’est sans doute trop facile, mais MI4 peut d’abord être vu comme une version live des Indestructibles : le sentiment de flottement et de suspension, de vertige et de vitesse qui fondait le meilleur Pixar est là, intact. La fantaisie visuelle, les idées de mise en scène doivent autant au cartoon (la séquence d’intro avec le claquement de portes digne d’un Tom et Jerry) qu’à la matrice du cinéma des pionniers (Bird cite Chaplin, mais on pense aussi à Schoedsack et aux aventuriers du muet pour la tempête de sable). Et pour son premier film live Bird réussit à mêler challenge technique et logique échevelée de l’aventure comme dans ses meilleures animations.
    Pourtant, malgré la volonté de puissance de la réalisation (qui s’échappe même dans des embardées théoriques - la séquence de la mallette), MI4 est aussi le meilleur film de Cruise depuis au moins six ans. Pour Tom Cruise qui a fini par se manger le mur du box office en pleine gueule, MI4 devait être la rédemption. C’est le cas. La dialectique du film (Ethan Hunt est littéralement lâché par tout le monde et doit disparaître pour mieux renaître) est une métaphore à peine déguisé de sa carrière. Mais c’est surtout la manière dont Brad Bird le filme qui (d)étonne. Icône usée (la scène de la benne à ordure), vieillie (l’IMAX montre toutes ses rides), la dernière star Hollywoodienne est de tous les plans et s’offre un comeback tonitruant. Il n'a jamais été aussi félin, aussi balèze et... aussi humain.
    On reconnaitra que les personnages sont un peu délaissés sur l'autel de la vitesse et de la performance visuelle, et que, dès que JJ Abrams reprend le contrôle de l'entreprise (en gros les 10 dernières minutes), le film frôle la catastrophe. Mais il suffit à chaque fois d'une idée de mise en scène ou d'un plan (amoureux) sur Cruise pour que le projet se hisse de nouveau au sommet. En clair ? Le meilleur blockbuster de l'année, le meilleur Cruise depuis un lustre et le meilleur Bird depuis Ratatouille. Ca fait beaucoup.
  • 3
    Après De Palma, John Woo et J.J. Abrams, Tom Cruise épingle donc un nouveau Pygmalion de luxe au tableau de chasse de la franchise Mission : Impossible, en la personne de Brad Bird, l’homme derrière Les Indestructibles et Ratatouille, génie réputé pour son sens de l’action bouillonnant, virtuose, et sa compréhension intime des grandes mythologies pop. Aux commandes de ce quatrième opus, Bird livre donc un film d’action… euh… bouillonnant, virtuose, et innervé par une compréhension intime des grandes mythologies pop. Logique. Soit le meilleur épisode de la saga depuis le chef-d’œuvre inaugural de De Palma, un actionner dingo bourré de scènes d’anthologie qui remplirait à elles seules un Top 5 2011 (l’évasion-cartoon de la prison, la poursuite à l’aveugle dans la tempête de sable, l’ascension de la Burj Khalifa… faites votre choix), auquel il ne manque qu’un poil de hauteur de vue théorique – et un McGuffin moins moisi – pour prétendre à la première marche du podium. Mais le plus beau dans l’affaire, c’est Tom Cruise himself, déchaîné, magnétique et iconique comme il ne l’avait plus été depuis les années Spielberg/Michael Mann, très conscient (et manifestement ravi) d’opérer ici un come-back triomphal. « L’échec n’est qu’une répétition pour le succès », philosophe l’agent Ethan Hunt entre deux séquences de haute voltige vertigineuse. Aucun doute qu’à ce moment-là, c’est d’abord de lui dont parle Tom Cruise. De lui, et de son statut de movie-star la plus inoxydable de la planète.

Les autres avis de la presse

(10)3
  • CinémaTeaser ()4
    Le but de PROTOCOLE FANTÔME n’est jamais de lorgner vers des sagas modernes (c’est toi qu’on regarde BOURNE) comme a pu le faire la franchise James Bond. Mais bien de délivrer un spectacle old school à la manière des films d’aventure ou d’action d’antan. Un rollercoaster imparable, qui déjoue par le fun son manque total de crédibilité (ben oui…) ou d’enjeu sur l’issue du récit (ben oui, ils gagnent à la fin, pardi). Et cette gageure, Brad Bird la remplit de la plus belle des façons : le scénario développe avec simplicité mais efficacité les émotions des héros, les moments de bravoure sont d’une intensité ahurissante – la scène sur la Burj Khalifa étant sans doute la cascade la plus impressionnante jamais vue sur grand écran –, la mise en scène est d’une fluidité rare même dans les bastons et poursuites les plus effrénés, et le ton adopté glisse avec joie vers une ironie des plus délicieuses. Les personnages n’hésitent ainsi jamais à brocarder gentiment l’énormité des situations qu’ils vivent, voire à souligner les éventuelles facilités de scénario, en une sorte de connivence faisant s’effondrer le Quatrième Mur. Cette complicité avec le public rend PROTOCOLE FANTÔME attachant comme peu de grosses machines hollywoodiennes actuelles, et avec ses atours assumés de cartoon, rappelle finalement plus l’euphorisante série ALIAS que ne le faisait MI3. Un vrai blockbuster au sens noble du terme, qui ne se prend jamais au sérieux, sans pour autant tenir son rôle de spectacle grand public avec désinvolture. Résultat : en 2h15 haut de gamme, Brad Bird réussit non seulement son passage au live action, mais signe aussi le meilleur film de la franchise depuis le premier volet. Chapeau bas.
  • 20 Minutes ()3
    On rit, on tremble, on vibre. Bref, on se régale.
  • Le Figaro ()3
    Surprise ! Ce quatrième film est clairement le meilleur de tous. Non seulement il bénéficie d'une intrigue solide, mais il a été réalisé par un as du film d'animation : Brad Bird
  • Les Inrocks ()3
    Tout cela pourrait être ennuyeux mais c'est passionnant, tant le plaisir que Bird prend à manipuler ses jouets est communicatif (...) .
  • Le Monde ()2
    Si le scénario est d'une banale efficacité, la réalisation en a été confiée à un candidat inattendu (...). Sans subvertir tout à fait les règles du genre, il les tord assez vigoureusement pour qu'elles produisent des situations comiques, pour que M : I 4 devienne une espèce de dessin animé interprété par des acteurs.
  • Fluctuat.net ()3
    Retour au bercail pour Mission : impossible, qui avec ce Protocole fantôme renoue avec la double tradition de sa série télé et cinéma. Un film professionnel, séduisant mais un peu sans âme et hanté par son passé.
  • A voir à lire ()3
    Notre cadeau de Noël, cette année, c’est le quatrième volet d’une saga qui a démarré il y a quinze ans déjà. Au rendez-vous, tout ce qui a fait le plaisir de cette franchise : des sensations fortes, de l’humour pince-sans-rire, des gadgets improbables et des sports plus qu’extrêmes.
  • Journal du dimanche ()4
    (...) Un scénario qui fourmille d'idées et d'humour, une mise en scène ébouriffante et pas de temps mort : Brad Bird donne un nouveau souffle à la saga mythique.
  • Fluctuat ()
    Retour au bercail pour Mission : impossible, qui avec ce Protocole fantôme renoue avec la double tradition de sa série télé et cinéma. Un film professionnel, séduisant mais un peu sans âme et hanté par son passé.  Autrefois licence prestigieuse attirant le gratin des auteurs hollywoodiens, Mission : Impossible a basculé lorsque J.J. Abrams a pris les commandes du troisième épisode. Les premiers films, adaptés d'un matériau a priori peu noble malgré sa notoriété, trouvaient alors une signature en s'associant à Brian De Palma et John Woo. Avec le créateur d'Alias, le spectre télévisuel resurgissait en grand format dans un film rapide de storyteller aux mécaniques huilées. Au départ le cinéma s'emparait de la télévision pour la sublimer, puis la tendance s'est inversée, la télévision s'est incrustée au cinéma, elle a pris le pouvoir. Produit par Abrams et tourné par Brad Bird, ex-membre de Pixar qui rêvait depuis longtemps de passer au live, Mi4 achève cette mutation au moment même où la carrière de Tom Cruise est dans le creux de la vague. Film de la reconquête discrète, ce quatrième épisode rompt d'autant plus radicalement avec l'exercice de style qu'il n'a aucun nom à brandir (malgré Les Indestructibles ou Ratatouille, Bird est resté dans l'ombre). Avec son cinéaste doué en mode low profile, il renoue de plein pieds avec ses origines, s'engouffrant dans une pure facture télévisuelle boostée, entre demi-suite, reboot et film mémoire. La série dans le rétroviseur, Mi4 assume son statut de commande, pur film serial heureux de relancer sa petite musique pour le plaisir et peut-être la gloire. Piloté en coulisse par la team Abrams, l'épisode recycle tout : scène fétiche, acteurs passés, figure souvenir, menace nucléaire soviétique et bad guy mégalo (sans épaisseur), tapissant ses murs de sa propre mythologie ou celle du genre. Comme Le Géant de fer et Les Indestructibles succombaient à la mode rétro, Mi4 jongle avec la série, télé et cinéma, avec la seule volonté d'enchaîner les scènes à un rythme fou et sans direction. Dénué de plan comme s'il voulait épouser la charpente de son intrigue serialisée et évolutive, le film annonce son programme d'une scène sur l'autre, qui se chassent à la même vitesse ivre que l'épisode d'Abrams ou le Tintin de Steven Spielberg. Construit comme une succession de rebondissements à résoudre dans l'urgence aux quatre coins du globe, Mi4 perd fatalement des plumes à ce jeu de la dépense énergétique que seul Tony Scott sait manier avec intelligence. Toujours dans l'action pour mieux noyer les enjeux du récit, Bird fonce, utilisant chaque temps mort pour placer une vanne ou faire un topo sur la direction à prendre. Rien ne doit arrêter le défilement, tout doit être fluide, mouvement continu et parfait qui n'ose s'arrêter que lors des cinq dernières minutes. A peine le temps d'une pause vers de nouvelles aventures.Film plein craignant la peur du vide, Mi4 croit voir dans la méthode Abrams la formule gagnante. Mais ce que le film oublie ou plutôt répète, c'est qu'à force de condenser ses enjeux sur une cascade de péripéties motivant le passage des moments chocs, il finit par n'être qu'un moyen pour fuir ou masquer sa vacuité par la vitesse. Là où les signatures de De Palma et Woo apportaient un style personnel sur un canevas d'usine ludique, Bird se borne à enfiler proprement les scènes, ni virtuose ni tâcheron, juste avec ce qu'il faut de limpidité mais sans jamais sublimer les belles idées qu'on lui offre : écran géant trompe-l'oeil, poursuite aveugle dans une tempête de sable, escapade sur un building géant à Dubaï, combat dans un parking-ascenseur de voitures. La série (au cinéma) n'a jamais caché d'être un prétexte. Mais lorsque la machine devient trop pressée ou fascinée par sa propre mécanique, oubliant de dégager tout motif, négligeant ses personnages au profit de figures pivots assez falotes dont les facultés sont sans surprises, ne reste alors que le produit industriel. Un sympathique épisode télé à la fois cheap et luxueux au casting un peu terne, à peine éclairé par Tom Cruise. Le film est à son image et inversement, cherchant à renforcer la confiance perdue du chef d'entreprise vivant avec le fantôme de sa gloire passée qu'il faudrait ressusciter. On a vu pire.Jérôme Dittmar © Paramount Pictures France   Mission : Impossible - Protocole fantôme De Brad BirdAvec : Tom Cruise, Simon Pegg, Jeremy RennerSortie en salles le 14 décembre 2011
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