Toutes les critiques de Menocchio

Les critiques de Première

  1. Première
    par Thomas Baurez

    Parmi toutes ses vertus, le film de l’Italien Alberto Fasulo sur la figure d’un hérétique du XVIe siècle redonne au cinéma sa force picturale primitive. Tel le Dreyer de La Passion de Jeanne d’Arc faisant des visages un monde en soi, Menocchio tente de sonder les mystères de la foi – donc de l’âme – en regardant l’homme au fond des yeux. Nous voici face à un meunier lettré du Frioul, qui affirme que l’enrichissement de l’Église est un détournement de la parole de Dieu. Et puisque le Seigneur est présent en toutes choses, mieux vaut échanger avec un arbre qu’un prélat corrompu. D’aucuns ont été brûlés pour moins que ça. Que faire, se renier ou mourir pour ses idées ? La question est universelle. Tourné avec des acteurs non professionnels, ce film tire toute sa force d’une sagesse exemplaire. C’est ce qu’on appelle faire corps avec son sujet.