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Memories Of Murder

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Presse
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Le néo-cinéphile zélé à encore de quoi être satisfait cette semaine : un nouveau film Coréen ! Il va encore pouvoir classer son objet favori. Cette fois-ci, on part d'un fait divers avec tueur en série et flics à ses trousses, sur fond de bouleversement socio-politique national. Enquête troublante ou troublante enquête ? Ni l'un ni l'autre, une nouvelle fois la copie n'est pas mauvaise mais le ton n'y est pas.
- Lire aussi un avis (tout autre sur Memories of Murder, le DVDPour parler de Memories of murder, il faudrait commencer par la fin. Ce qui est d'une part son point de départ (le fait divers), et de l'autre à peu près tout ce qui sauve le film du naufrage (son dernier tiers, de loin le plus intéressant). Le fait divers donc : une série de meurtres commis par un serial killer au modus operandi systématique, chassés par trois flics, ou plutôt deux et demi. Trois personnages et un dans l'ombre. De ce petit monde on n'apprend pas grand chose. Les flics ont leurs caractères bien trempés, ils sont immuables, inébranlables. Ils suivent une trajectoire, le récit les a mis sur les rails d'une enquête évoluant mollement, au gré de quelques indices qui s'égrainent comme quelques coup de pouces à la narration. De l'ombre du meurtrier et de ces fausses pistes, ces faux semblant, jamais rien, de la mise en scène ou du scénario ne suggère aucun trouble, un brin de psychologie, de psychose dérangeante, rien. Il tue, c'est déjà beaucoup. Le film reste du côté des flics. Pourquoi pas ? Oui, mais non.A la vitesse du dernier des Derrick ou de n'importe quelle série policière made in France, Memories of murder progresse avec un rythme mou. Plutôt que la lenteur de l'enquête, ses dératés, ses contrariétés, ce qui pourrait nous faire croire à son enlisement est ce qui échappe aux personnages. Ce rythme ne montre qu'une absence d'originalité de toute forme de code narratif. Le récit n'explore rien. Il veut jouer en parallèle d'une situation socio-politique de l'époque, mais ceci reste toujours une toile de fond un peu quelconque, vaguement en marge, jamais expliquée, mal montrée. La violence est là, elle est contextualisée mais jamais concrètement filmée. Le film reste du strict point de vue de lecture du faits divers (sans explorer la structure possible qu'offre un fait divers, comme Roberto Succo de Cédric Kahn), c'est à dire extérieur à tout. Il ne nous immerge pas au coeur du problème.Si l'on croit un temps que le film adopte le point de vue des personnages, des flics, ceux-ci ne sont en réalité que prisonniers du récit comme de leur enquête, ils sont tout aussi prévisibles que stéréotypés. Jamais le film ne cherche à explorer leur rapport au meurtre, à se demander pourquoi celui-ci les dérange. Lorsqu'au final ce meurtre les pousse jusqu'à eux-mêmes devenir des assassins, on se demande finalement ce qui a pu les mettre dans un tel état. Est-ce simplement au nom de la loi, de la justice ? Mais où est ce sentiment, où se cache-t-il, à quel moment le film l'a-t-il réellement interrogé ? On ne sait pas, il s'impose comme tel, comme si tout à chacun, et surtout un flic, était nécessairement prêt à aller lui-même jusqu'au meurtre au nom de la loi. Pourtant il ne suffit pas de filmer une enquête autour d'un meurtre, aussi effroyable et inspiré d'un fait divers soit-il, pour que l'esprit sacré de vengeance ou de justice s'impose d'emblée. Il s'agit avant tout d'interroger un processus, des consciences, des psychologies des passions ou encore des sentiments. Ici il n'y a que des ébauches, claquemurées dans cette lumière standardisée, scolaire, et atrocement académique devenant de film en film l'un des prototypes du cinéma coréen.Ce n'est que dans le dernier tiers du film que pourtant Memories of murder trouve un peu de complexité et surtout d'intensité. Lorsque les pistes se recoupent, se complexifient (malgré quelques situations forcées), enfin toute cette lenteur prend un peu de corps, le récit s'emballe, les personnages perdent un peu leurs trajectoires pour nous faire enfin entrer dans leurs névroses (toujours sans les avoir explorés néanmoins) et alors le film trouve son souffle, un rythme plus palpitant. Enfin du suspense, des questions sans réponses, un peu de passion, un montage et une écriture moins linéaires. Malgré tout sans surprise, on se surprend à s'attacher à cette histoire, à demander un coupable. Ce qui est à peu près la seule chose que le film finit par travailler.En se voulant l'une des têtes de pont du cinéma coréen avec un pied ancré dans un certain cinéma populaire local et l'autre tendu vers le marché international, Memories of murder n'est finalement qu'un film aux ambitions et à l'allure très standard. Ces souvenirs dont il est tant question auront plus été liés à celui d'une certaine amnésie. L'oubli d'un certain pan du cinéma coréen qui dans sa volonté et ses capacités mimétiques se révèle peu capable (contrairement aux Japonais) de faire exister la substance par la forme. Ce que le Japon n'a donc su cesser de faire pour tout depuis Meiji tout en restant résolument japonais.
Enfin, pour filmer un espace il faut peut être aussi en passer par sa propre esthétique, comme le cinéma américain, italien, russe, français, japonais, chinois, etc. Le nouveau cinéma coréen, avec ce Memories of murder en tête n'est qu'une tentative faible, molle, et un peu laborieuse de se montrer aussi grand que ses cousins. On préfère de loin l'inédit Public Enemy de Kang Woo-suk, qui avec son énergie iconoclaste à la Fuller et sa radicalité à la Fukasaku arrive pourtant à ne jamais rien devoir.Memories of murder
Un film de Bong Joon-ho
Avec : Song Kang-Ho, Kim Sang-Gyeong, Kim Loi-Ha.
Sortie nationale le 23 juin 2004[Illustrations : droits réservés CTV International]
- - Lire aussi un avis (tout autre sur Memories of Murder, le DVD
- Consulter le Top 10 Cinéma de l'année 2004- Lire aussi le dossier consacré au Cinéma coréen (février 2004)
- Lire l'interview de Jean-François Rauger, programmateur de la rétrospective "50 ans de cinéma coréen" à la Cinémathèque française
- Lire le portrait du cinéaste Kim Ki-duk

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