Lovely bones : critiques
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La critique de Premiere
(1) 2- Gérard Delorme2Malgré sa virtuosité (prises individuellement, plusieurs scènes sont très fortes), Jackson ne trouve pas de lien, et son film se disperse comme un poulpe géant dont la tête n’arrive pas à contrôler les tentacules. La représentation du monde de l’au-delà est également problématique. À l’exception de quelques passages réellement habités, Jackson se laisse aller à la surenchère kitsch et abuse des transitions entre rêve et cauchemar. On pense souvent à Shyamalan, et ce n’est pas un hasard : le film a été réalisé en Pennsylvanie, sur certains lieux de tournage de Phénomènes, que Mark Wahlberg venait de terminer lorsqu’il a été appelé in extremis pour remplacer Ryan Gosling dans le rôle du père de Susie. Faute de préparation, l’acteur joue exactement comme dans Phénomènes, avec une neutralité qui fait de son personnage le maillon le plus faible de Lovely Bones.
Les autres avis de la presse
(11) 2- L’Ecran Fantastique (Gilles Penso) 4Une fois de plus, Peter Jackson aura donc sur nous surprendre. Capable d'adapter son style polymorphe à tous les sujets, aussi à l'aise dans l'horreur que dans la comédie, dans la fantaisie ou dans la tragédie, il confirme son statut de cinéaste hors norme et d'artiste passionnant.
- Mad Movies (Alexandre Poncet) 3L'économie de moyens alimente ici un pic émotionnel d'une intensité rare, rappelant en l'espace de quelques minutes pourquoi nous sommes tous un jour tombés amoureux du 7ème Art.
- Rolling Stone (Caroline Vié) 2Pudique dans la description de l'agression de la gamine comme dans la peinture de la douleur de ses proches, le cinéaste néo-zélandais signe une oeuvre forte, hautement recommandable.
- StudioCiné Live (Thomas Baurez) 2Si on trouve de très belles choses, Jackson peine à obtenir le ton et l'esthétique justes. Ainsi la confrontation entre le monde des vivants et celui des morts a du mal à convaincre.
- Brazil (Alexandra Louvet) 2Qu'est-il arrivé à Peter Jackson ? Une grosse indigestion au vu de ce nanar pastel et larmoyant au possible.
- Télé 7 jours (Philippe Ross) 4Dans la lignée de son méconnu Créatures Célestes, le cinéaste néo-zélandais même subtilement suspense hitchcockien et échappées fantasmagoriques. Etonnants, envoûtants, déconcertants, ces allers-retours entre le monde des morts et celui des vivants, les ténèbres et la lumière, possèdent un réel pouvoir de fascination.
- Geek (Sébastien Floc'h) 2Et puis merde, le monologue de cette meuf morte finit par nous saouler grave, et, quand la conscience vengeresse s'abat sur le final, on dit stop.
- Fluctuat.net (Jérôme Dittmar) 1Lovely Bones veut mélanger la pureté des sentiments et l'horreur montés sur un kit métaphysique vaguement New Age, au son d'une B.O signée Brian Eno. N'en ressort qu'une soupe pleine de grumeaux qui tâchent avec des acteurs sauvant tant bien que mal leur épingle du jeu. A l'exception de Stanley Tucci, définitivement grotesque et balourd en voisin pervers.
- Les Inrocks (Léo Soesanto) 1On savait l’auteur de King Kong peu à l’aise avec le réalisme. Son sens visuel de la démesure en effets spéciaux ne compense même pas ici sa banlieue américaine toc : l’au-delà numérique, prétendu surréaliste, tient moins de Dalí que du délit de mauvais goût.
Mieux vaut l’enfer que son paradis en forme de pub pour shampooing. - Fluctuat () 1Avec Lovely Bones, Peter Jackson s'embourbe dans récit poético mystique au propos borderline. Laid, souvent kitsch, pavé de maladresses et de parallèles hasardeux, un film qui dérape pour un cinéaste mis devant ses limites.Depuis Le Seigneur des Anneaux, chaque film Peter Jackson crée l'événement. Héros de la planète geek dès ses débuts (Bad Taste, Braindead), il n'a cessé de monter en puissance, ajoutant Créatures célestes à son C.V pour prouver son sérieux, quand avec King Kong il tentait, laborieusement, de ressusciter un mythe. Problème, on n'a jamais trop cru en lui, et Lovely Bones confirme notre scepticisme. Peu à l'aise avec un scénario casse gueule (adapté d'un roman à succès), il s'enlise ici dans un bric-à-brac poético mystique aussi maladroit que sa réalisation, comme d'habitude, transpire la lourdeur. Pourtant l'affaire commençait bien, tant Jackson étonne en posant avec assurance et sensibilité son univers : les années 70, une banlieue paisible éclairée d'une lumière crépusculaire, quelque chose d'une époque transitionnelle où à l'horizon se dessine un portrait de l'Amérique. Celui-ci, s'ajustant avec l'histoire d'une adolescente assassinée par un serial killer pédophile, fait ainsi baigner le récit dans un climat très fin d'innocence. L'intention est alors aussi multiple que l'intrigue : suivre l'adolescente errant au paradis, sa famille dont le père tente de retrouver le meurtrier de sa fille, ce dernier promis à recommencer, des personnages parallèles, tous rassemblés dans une vision où la naïveté se mêle à la cruauté pour témoigner, en creux, d'une période particulière. Sauf qu'après quarante minutes teintées d'une belle mélancolie assombrie par la menace des ténèbres, le film s'enfonce sans jamais relevé la tête.Jackson n'a pas l'intelligence et le talent pour se sortir d'un pareil scénario, déjà corsé à la base. Il peine à s'orienter dans ce récit, jonglant d'un espace à l'autre comme des personnages. L'ensemble s'articule mal, passant d'une enquête survolée évoquant rapidement Zodiac à un deuil familial, puis rebondissant sur des moments de comédie dont on ne sait quoi faire. Jackson ne veut oublier personne, être avec l'adolescente qui, paumée dans un entre monde en forme de boule à neige, suit la vie de ses proches tout en cherchant le chemin du paradis (pour libérer sa conscience). Et en même temps être avec le père, la mère, la soeur et surtout le tueur. Il veut le champ et le contre-champ, allant jusqu'à tirer des parallèles périlleux entre les deux camps : le père fanatique de modélisme et le serial killer, que Jackson traite comme une créature monstrueuse mais proche de lui, sont ainsi réunis dans leur obsession. Le cinéaste met sur le même plan leur passion comme l'aboutissement créatif d'un désir. Le film dérape donc très tôt vers des zones troubles dans lesquelles il se noie. Car si on suit sa logique, il tutoie inconsciemment le plaidoyer en faveur des crimes pédophiles. Explication : Lovely Bones dit, au fond, que tuer des adolescentes n'est pas un problème, puisqu'elles vont toutes dans un beau paradis à l'imagerie kitsch 70's. Mieux, il ajoute que la famille de la victime surmonte le drame, donc que tout va bien.A trop chercher une ambigüité dont il est incapable, Jackson dépasse les bornes. Il y a toutefois une certaine gageure d'immoralité à défendre une idée pareille dans un film de cette ampleur. Sauf que le cinéaste néo-zélandais n'est pas un lecteur de Sade. Et que s'il avait vraiment pris le parti de défendre une proposition aussi indéfendable, on aurait pu au moins en saluer la témérité. Mais non, d'où une certaine hypocrisie : n'assumant pas intégralement son côté obscur, il se doit de réveiller le bras armée de la justice et de la vengeance. A demi-mots, pas très convaincu mais bien obligé pour ne pas finir brûlé sur la place publique, Jackson fait donc mine de choisir son camp. Hélas, la manière dont la chose est conduite est 1, peu convaincante, puisqu'elle veut cacher la vraie nature du film, même inconsciente. 2, elle se termine dans un twist final difficile à prendre au sérieux. La catastrophe est donc totale, le film s'engluant par ailleurs dans une esthétique toujours plus laide au fur et à mesure qu'il progresse : gros plans disgracieux, ralentis épileptiques, mise en scène bancale, comme le montage, peinant à trouver le rythme idéal. Lovely Bones veut mélanger la pureté des sentiments et l'horreur montés sur un kit métaphysique vaguement New Age, au son d'une B.O signée Brian Eno. N'en ressort qu'une soupe pleine de grumeaux qui tâchent avec des acteurs sauvant tant bien que mal leur épingle du jeu. A l'exception de Stanley Tucci, définitivement grotesque et balourd en voisin pervers.Lovely Bones De Peter JacksonAvec : Saoirse Ronan, Mark Wahlberg, Rachel Weisz, Stanley TucciSortie en salles le 10 février 2010[mediabox id_media="121822" align="null" width="500" height="333"][/mediabox] Ills © Paramount Pictures France Jérôme Dittmar - Exprimez-vous sur le forum cinéma- Suivez le fil adaptation sur le blog cinéma- Peter Jackson sur Flu : lire les critiques des trois volets du Seigneur des anneaux : Le Seigneur des Anneaux : La Communauté de l'Anneau, Le Seigneur des Anneaux : Le Retour du Roi, Le Seigneur des Anneaux : Les Deux Tours, et de King Kong
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