Los Bastardos : critiques
- Film
- Bandes-annonces (3)
- Photos (15)
- Casting
- Critiques (2)
- Avis internautes (3)
- Interviews (1)
- DVD/Blu-ray
La critique de Premiere
(1) 3- Alex Masson3Los Bastardos suit sur une journée deux jeunes immigrés clandestins mexicains vivant de boulots au noir à Los Angeles. L’attente pour être pris sur un chantier, le travail qui consiste à déblayer à mains nues un terrain pour qu’on y construise une luxueuse résidence. Cette journée se déroule sous un soleil de plomb, qui échauffe tout. Y compris les humiliations ordinaires. Jusqu’à ce que Fausto et Jesus décident d’y répondre, gratuitement en pénétrant dans la villa d’une quadragénaire lambda. Rappeler qu’Escalante est un ancien assistant de Carlos Reygadas (Bataille dans le ciel, Japon) ne suffirait pas à expliquer comment ce réalisateur parvient à capter des dérèglements sociaux, comment il sait passer d’une vision documentaire à une pure fiction. Pour faire simple, disons que Los Bastardos s’installe au carrefour des cinémas de Haneke et Peckinpah pour devenir une bombe à retardement dont on voit la mèche se consumer très lentement. Elle finira par nous péter à la gueule dans un épilogue insoutenable. Mais finalement peut-être pas autant que la pression socio-économique qui transforme les immigrés des pays pauvres partis dans les pays riches en cocotte-minutes ambulantes.
Les autres avis de la presse
(2) 2- Fluctuat () 1Après Sangre, Los Bastardos est le deuxième film du mexicain Amat Escalante, habitué de la sélection cannoise, section « Un Certain Regard ». Visiblement inspiré par Michael Haneke et Carlos Reygadas, le jeune réalisateur dénonce l'oppression des travailleurs clandestins aux Etats-Unis, avec les mêmes défauts que ses mentors : lourdeurs théoriques et formalisme appuyé au programme de ce film atroce. Le premier plan du film annonce le rythme : lent, très lent. Deux silhouettes s'approchent, marchant dans un décor typique des bas fonds de Los Angeles, sortes d'égouts à ciel ouvert vus dans Chinatown ou Police Federale LA, puis en sortent sous le nez de la caméra. En un plan aussi interminable que lourdement métaphorique, amat escalante nous montre à la fois une menace en mouvement (confirmée par le générique anxiogène pompé à Funny Games), et un désir d'arrachement à la misère. Ces deux silhouettes prennent ensuite une forme plus humaine. Fausto et Jesus sont deux clandestins en quête de travail. Chaque matin, ils attendent en compagnie d'autres mexicains qu'un « gringo » daigne leur accorder la faveur d'un job ingrat. Misère. Souffrance. Révolte : le salut passera par la violence. Ténébreux, Jesus incarne le taiseux pas foncièrement méchant, mais persécuté par le sort (comme son nom l'indique), et qui devant l'adversité ne se pose pas de questions : la survie avant tout. Fausto lui, c'est - comme son nom l'indique également - l'innocence corrompue. Naïf, encore guindé dans son corps d'adolescent, il encaisse tout, passif jusqu'au dérapage, et à l'explosion sanglante. Comme l'ange du Théorème de Pasolini, les héroïnes de La Cérémonie de Chabrol, ou les ados sadiques de Funny Games de Haneke, les deux prolos pénètrent dans une maison bourgeoise, et la font voler en éclat. Escalante expurge ainsi le refoulé (l'exploitation des clandestins) et dénonce la perte de sens des images télévisées (arrestations musclées de Mexicains), par la force. La moitié de ce film peu aimable, progressant en longs plans séquences contemplatifs, comme chez le mentor d'Escalante - Carlos Reygadas, producteur du film - s'attache ainsi à exhiber, telle un vengeance froide, l'atroce séquestration de la maîtresse de maison américaine par Fausto et Jesus. Tension sexuelle, défonce, ultra-violence larvée : Los Bastardos diffuse une souffrance de chaque instant, méthodique et soignée, disséquée avec la préciosité complaisante d'un dandy de la torture, jusqu'à LA scène choc, d'une brutalité inouïe, intolérable de réalisme, elle aussi étirée en longueur, dilatée jusqu'à l'obscène en plan fixe - nouvelle référence à Funny Games. Devant ce spectacle atroce, censé éclairer notre conscience politique atrophiée, notre vague fascination pour les plans léchés d'Escalante se mue en nausée.Los BastardosDe Amat EscalanteAvec Jesús Moisés Rodriguez, Rubén Sosa, Nina Zavarin Sortie en salles le 28 janvier 2009 (interdit aux moins de 12 ans)[mediabox id_media="48307" align="null" width="500" height="317"][/mediabox] Illus. © Le PacteEric Vernay- Exprimez-vous sur le forum cinéma- Lire le fil réalisateur sur le blog cinéma- A lire : l'histoire du cinéma mexicain
À découvrir également
Cannes live !
-
Christa Theret, négligée
26/05/2012 - 16h14 -
Les scènes de sexe à Cannes
26/05/2012 - 15h23 -
Janet Jackson épiée par les paparazzi
26/05/2012 - 15h21 -
Alex Aja invité dans Cannes I Come
26/05/2012 - 14h40 -
Reese W., rayonnante face à Matthew M
26/05/2012 - 14h26
> Tout le Festival de Cannes
Bandes-annonces
> Toutes les bandes-annonces
Plus de cinéma