Affiche Les derniers jours du monde

Les derniers jours du monde : critiques

La critique de Premiere

(1) 4
  • 4
    Autant vous prévenir : Les Derniers Jours... est un film déroutant que certains trouveront, au premier degré, trop long, inégal et bourré d’effets spéciaux cheap. Pourtant, armé d’un second degré aiguisé, le film devient un chef-d’œuvre tragi-comico-romantique sensuel et délirant. Un festival érotomaniaque qui évoque à la fois Robbe-Grillet, Romero et Demy. Les cinéastes multiplient les scènes oniriques et tragiques, les dialogues hors sujet truculents, déploient un sens du setting musical incroyable (il faut voir comment les chansons, notamment celles de Léo Ferré, dramatisent les scènes) et font preuve d’une direction d’acteurs époustouflante. Les Derniers Jours... fait résolument souffler un vent frais sur le cinéma français.

Les autres avis de la presse

(7) 3
  • Télé 7 jours () 1
    Les frères Larrieu reprennent à leur compte un thème cher aux blockbusters américains. Mais pas de sauveur musclé en vue, juste une poignée de comédiens chevronnés entraînés dans une singulière odyssée, brindezingue et gentiment lubrique.
  • Le Monde () 3
    Si les frères Larrieu sont loin d'un cinéma qui restitue la parole littéraire, le film est une proposition d'évasion dans un récit plus métaphysique et sensoriel que romanesque. (…) Cocktail d'errance et de rencontres sexuelles, le résultat est une science-fiction antihollywoodienne, un road-movie bunuélien où s'enchaînent des sentiments, des événements surgis de la mémoire, attisés par la libido, le fantasme.
  • Télérama () 3
    Le désir n'est pas que sexuel : il est existentiel. Robinson fait l'expérience d'une liberté inédite. Puisque la mort rôde, autant vivre pleinement chaque instant. [...] Autant dire que le road-movie regorge de péripéties, où la fantaisie n'exclut pas l'émotion profonde. Car la situation de science-fiction décrite renvoie mine de rien à une expérience intime universelle. Lorsque l'amour est si fort que rien ne peut l'égaler, alors oui, qu'importe de mourir là, tout de suite.
  • Télérama ()
    Deux moments réussis. [...] Soit cinq minutes, au total, sur 2h10 d'ennui (l'ennui n'est pas un critère, d'accord, mais à ce point-là, il le devient) et de maladresse. [...] Ça se voudrait philosophique et burlesque, ce n'est que ridicule et prétentieux. Franchement nul à la fin [...].Si l'ambition était le seul gage de la réussite d'un film, ils [les frères Larrieu] seraient au top. Mais il faut un peu de talent, aussi. Et là...
  • Paris Match () 3
    (...) les cinéastes contournent le piège de la science-fiction pour nous proposer un road-movie existentiel décapant.
  • Journal du dimanche () 3
    C’est dans ce frémissement, où notre monde entraperçoit déjà sa fin alors que le présent finit par ressembler à de la science-fiction, que ces Derniers Jours prennent une dimension politique et sociale évidente. Ici, pas de grandes tirades ni de psychologie surlignée, juste des faits qui s’enchaînent et s’accélèrent dans un engrenage d’urgences et d’indifférences. La mise en scène est vivifiée par les situations irréelles et décalées d’une apocalypse tournée avec les moyens du bord, un budget limité à 8 millions d’euros, minimal comparé à celui de n’importe quel film catastrophe. A renfort de ruses et d’inventions qui, au final, rendent leur fresque encore plus vivante, les Larrieu savent qu’ils ont passé un cap en relevant ce défi.
  • Fluctuat () 4
    Avec Les Derniers Jours du monde, les frères Larrieu relèvent un défi à la hauteur de leur titre : un film français d'anticipation, sur fond apocalyptique, cela ne nous arrive en effet pas régulièrement. La violence sismique du projet retrouve ici la thématique hédoniste des cinéastes, dans une explosion d'angoisse et de désir, et dans ce qui pourrait bien être l'un des films français les plus ambitieux et réussi de ces dernières années. L'expérience, magistrale, s'avère indispensable !On avait laissé les frères Larrieu dans les Pyrénées, avec des ours coquins et une Sabine Azéma en rut. Et bien on les retrouve un peu plus loin, à Biarritz, avec un Mathieu Amalric manchot, dont la vie familiale bât de l'aile, et qui s'amourache d'une sublime créature brésilienne. De coquins et de rut, il sera encore question, mais l'heure est ici bien plus grave, puisqu'il ne s'agit rien de moins que de la fin du monde. Adaptation du roman éponyme signé Dominique Noguez dont nous ne dirons rien puisque nous ne l'avons pas lu, on navigue ici en terrain familier pour les deux frères cinéastes. Qu'on se retrouve entre couples dans un beau chalet, perdu dans un village de montage, ou en pleine fin du monde annoncée, il faut dire qu'une même question agite tous les personnages de leurs films : le désir, son irruption incontrôlable, sa force vitale, même lorsque tout est perdu... Et le film de tenir admirablement ce double pari : inventer une fin du monde cinématographique crédible, et une ode à la vie et au sexe libertaire et jubilatoire. Ne boudons pas notre plaisir de spectateur de voir, pour une fois, un film français représentant l'apocalypse, la fin du monde, bien sur loin des moyens d'Hollywood, mais avec une inventivité et une poésie magnifiques (rappelons-nous au passage du très beau Maleville de Christian de Chalonge en 1980). Ainsi, alors que la première partie du film se déroule à Biarritz, avant de se propulser dans divers coins de l'Europe, de Pampelune à Paris, l'alarme provient des cendres libérées par le crématorium en perpétuelle activité qui pleuvent par moments sur les passants, les obligeant à se mettre à l'abri. Maladies, guerres, activités sismiques... toutes les causes de catastrophes s'accumulent pour aboutir à cet état d'alerte maximale, où chacun doit fuir, sans direction particulière. Rues débordées par la foule, château en provence cousin pas si éloigné de Eyes Wide Shut, hôtels emplis de cadavres... on passe de la ville à la campagne, des riches rescapés aux pauvres oubliés, tout au long du périple déboussolé de Robinson (Mathieu Amalric). Son unique direction viendra d'un souvenir : une histoire sensuelle folle, vécue des années auparavant avec une mystérieuse femme rencontrée à Biarritz. Histoire charnelle d'une intensité telle qu'il décide de la retrouver, quelque part... Sa fuite en avant va se transformer en odyssée sensuelle, ou chaque rencontre, comme dans un état primitif et dénué des règles de bonne conduite imposées par la société, devient un terrain de jeu. Je te veux plus que tu ne me veux, ou bien l'inverse, mais en tout cas, essayer, tenter, donner une chance aux corps de se rencontrer. La sensualité, élément central du cinéma des frères Larrieu, atteint ici un niveau inédit, puisque la mort et l'orgasme s'y mêlent au sens propre. La nudité des acteurs, participant à la dualité du film, affirme à la fois leur fragilité, leur faiblesse de chair bientôt putréfiée, et pourtant à la fois la sublime grandeur de leur affirmation, cette liberté qui conduira Robinson et sa belle Brésilienne à parcourir Paris tous nus en pleine nuit, tels des enfants du nouveau monde tout juste nés, et bientôt morts, portés par le chant déchirant de Léo Ferré. Une sorte d'utopie morte-née, qui évite donc tout le ridicule du cliché idéaliste, pour n'en conserver que cette sève douce amère, cette lueur d'espoir, ou bien plutôt, cet éclair. Au milieu de villes ravagées, d'explosions et de mort, Robinson trimballe sa petite île avec lui, en lui, et cet éclair qui le traverse, et qui traverse tout le film, c'est cette impulsion de vie d'une force immense, sismique. Celle qui peut mettre fin au monde, tout comme elle peut donner la vie. Les Derniers jours du monde, où comment le cinéma redécouvre l'art de donner un corps aux personnages. Et de donner du corps au monde.  [mediabox  id_media="103675" align="null" width="550" height="367"][/mediabox]  Les Derniers Jours du mondeD'frères LarrieuAvec Mathieu Amalric, Karin Viard, Sergi LopezSortie le 19 août 2009 Laurence Reymond- Exprimez-vous sur le forum cinéma- Lire les fils adaptation, comédie, réalisateur sur le blog cinéma
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