Affiche Les Promesses de l'ombre

Les Promesses De L'Ombre : critiques

Les critiques de Premiere

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  • 3
    Dissipons d'emblée un malentendu: Avec A history of violence et Les promesses de l'ombre, Cronenberg ne poursuit pas un cycle sur la violence mais signe deux tragédies familiales dans une pure veine shakespearienne. La violence, inhérente au mileu décrit, découle naturellement des antagonismes entre les personnages pour lesquels un honneur bafoué, un proche ou des intérêts en péril sont synonymes de vendettas sanglantes. Dramatiquement jusitfiée, la violence n'en est pas pour autant un objet de fascination pour Cronenberg. Il la filme frontalement, sans effets ni affects. Le résultat, cru, brutal, vous en dégoûte pour longtemps.
  • 1
    Problème: au premier niveau, sobrement linéaire, Les promesses ressemble à un mauvais film, imbibé de pathos, de ballonnements démonstratifs et de contresens artistiques. Le nom de Cronenberg et la posture bizarrement raide de la chose invitent bien sûr à d'autres décodages. Comme si les défauts apparents du film n'étaiet en fait que des atouts déguisés. Re-problème: si David Cronenberg n'était pas derrière la caméra, farfouillerait-on aussi profond?
  • 2
    Tout est réuni à l’affiche : le dernier Cronenberg avec le trio Mortensen/Cassel/Watts dans une histoire qui s’annonce sombre et réjouissante. On est grisé rien qu’à l’idée de voir ça. Mais la déception prend peu à peu le pas sur l’ivresse. De belles images, une mafia sanglante, des tatouages, un soupçon d’accent russe et au milieu de tout ça, une sage-femme pleine de bons sentiments qui essaye de retrouver la famille du bébé qu’elle vient de mettre au monde. Les promesses se diluent lentement dans la confusion. L’histoire nous échappe alors que le désenchantement va grandissant. La gueule de bois s’annonce douloureuse.

Les autres avis de la presse

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  • Pariscope ()3
    Sombre et saignant, Cronenberg revient plus en forme que jamais, flanqué de sa nouvelle coqueluche, Viggo Mortensen. Le nordique au regard glacial affronte avec classe et humour un Vincent Cassel désaxé et machiavélique. Certes on ne peut pas parler de rôle de composition pour Cassel junior, mais au moins les leçons de russe prises pour le tournage de Nadia ne lui auront pas été inutiles. Dommage qu’on ne puisse pas en dire autant de Naomi Watts qui, tout en étant blonde aux yeux bleus, est une russe à peu près aussi crédible qu’Halle Berry. Si la mafia russe est un folklore qui a ses clichés kitsch, Cronenberg en déjoue les pièges avec succès, bien qu’il prenne parfois de gros risques avec des métaphores mystiques pas toujours nécessaires. Heureusement, le scénario tient la route. Une plongée sanguinolente et oppressante dans un univers qui colle à la peau.
  • Pariscope ()2
    Après le puissant « A history of violence », une autre histoire de violence, une autre une histoire de familles. Celle de la mafia russe où l’on doit renier ses parents pour être intronisé et appeler le boss « papa », celle d’une jeune femme qui renoue avec ses racines russes, celle d’un gangster ambigu. Sous la forme d’un thriller policier, c’est aussi à une quête d’identité que nous convie le réalisateur. Une identité qu’on inscrit dans sa peau avec un tatouage. Viggo Mortensen, la gueule affutée d’un tueur implacable, incarne à nouveau un homme à deux visages, un homme fasciné par le Mal et la violence, pour qui la fin justifiant des moyens radicaux. Une vision du monde noire et cruelle (cf une scène de tuerie d’anthologie dans un hammam), dont l’action se déroule au moment de Noël, un trait d’humour du réalisateur sans doute.
  • Télé 7 jours ()3
    Dotée d'un casting haut de gamme dominé par la prestation époustouflante de Viggo Mortensen, cette descente aux enfers, glaciale et tranchante comme une lame de rasoir, tient, au-delà de toutes espérances, ses promesses.
  • Elle ()4
    Etonnant directeur d'acteurs, on dirait que Cronenberg offre de plus en plus d'espace à ses personnages. Ici, les hommes de la mafia russe, saisis dans la violence qu'ils imposent à leur corps, composant une peinture belle jusque dans les bagarres sublimement chorégraphiées. Comme on trouve toujours au moins deux vérités, il y a aussi de la bonté et du désir dans le nouveau Cronenberg.
  • Journal du dimanche ()2
    C'est une sorte d'Affranchis chez les Russes, polar sombre et violent, mais un peu trop glacé, que nous livre David Cronenberg. Viggo Mortensen, transfiguré, porte le film sur ses larges épaules grâce à son personnage trouble de tueur à gages, à la fois terrifiant et attachant.
  • Télérama ()4
    Dans cette histoire de passation et de transmission, Cronenberg avance droit et vite, en toute frontalité, en toute limpidité, chaque scène au service de l'ensemble, sans la moindre baisse de régime. Les Promesses de l'ombre est donc un excellent thriller, même s'il est loin de n'être que ­cela. D'autant qu'à cette fermeté narrative s'ajoute un sens de l'acteur toujours plus affûté. Les quatre comédiens principaux sont éblouissants, même quand ils en font des tonnes, comme Vincent Cassel en rejeton alcoolo, belliqueux et pathétique.
  • Le Monde ()4
    David Cronenberg joue un jeu dangereux, auquel il s'était déjà essayé avec succès dans A History of Violence : il respecte les règles du genre - en l'occurrence le film de gangsters - et joue avec l'adrénaline des spectateurs, mais il s'astreint aussi à une rigueur qui empêche ceux-ci de n'être que les simples clients dans le peep-show de la décadence.
  • Paris Match ()4
    Directeur d'acteurs hors pair, [David Cronenberg] donne l'opportunité à Viggo Mortensen de nous livrer une composition exceptionnelle, qui le propulse dans le clan très fermé des acteurs extrèmes. Mais la grande originalité de ce thriller excessif et magistral est l'immersion dans cette mafia rouge à côté de laquelle la Camora ressemble à une organisation caritative.
  • Fluctuat ()3
    A History of Violence et ce dernier film de david cronenberg font diptyque. Même acteur principal, même jeu sur le thriller, mêmes thèmes. Pour autant, si le précédent film n'avait pas convaincu tout le monde, Les Promesses de l'ombre fera sans doute l'unanimité. Car le cinéaste y développe son univers de manière certes sinueuse mais magistrale.
    - Exprimez-vous sur le forum cinémaAh ! le corps de Viggo Mortensen ! Loin de nous l'envie de faire dans la rumeur « bas de gamme », mais il faut reconnaître que David Cronenberg, pour son nouveau film, a une bien étrange manière de filmer l'acteur au charme ténébreux. Il porte sur lui un regard fasciné, sensuel, pour ne pas dire séduit. L'habillant de noir ou exhibant sa nudité, le cinéaste confère à ce corps un charisme vénéneux, le couvrant de tatouages et mettant en valeur sa musculature brute. Il en fait un être félin, racé, à la fois doux et dangereux. Bien plus que dans A History of Violence, leur précédente collaboration, on sent la puissance d'un regard, à la fois intrigué par son objet d'étude et transcendant. L'intérêt des Promesses de l'ombre tient d'ailleurs dans cette puissance. D'un côté, une histoire qui se voudrait inscrite dans la réalité contemporaine ; de l'autre, la vision d'un cinéaste qui nous amène bien au delà du sujet manifeste.Le film est ainsi à la croisée des chemins. A l'origine, on trouve un script de Stephen Knight. Il avait précédemment signé celui du Dirty Pretty Things réalisé par Stephen Frears. Les deux se distinguent par une même volonté : celui de développer une histoire basée sur l'actualité, décrivant la vie des laissés-pour-compte de la mondialisation (Dans le Frears, les immigrés clandestins, prisonniers d'un trafic d'organes ; dans le Cronenberg, les filles de l'Est contraintes à la prostitution en Europe occidentale), et de lui conférer progressivement une dimension symbolique, sinon fantasmatique (ici, le rapt d'un bébé orphelin sur fond de célébration de Noël). La portée sociale est pleinement assumée, le discours contenu dans le récit se veut dénonciateur. Pour autant, Les Promesses de l'ombre fonctionne comme si Cronenberg voulait casser cette dynamique. Sa mise en scène semble briser cette veine socialisante. Elle l'étouffe, la recouvre, la transformant en simple toile de fond pour les obsessions du cinéaste. Preuve en est que, le glamour aidant, une totale absence de réalisme a guidé le choix des acteurs. Pour jouer des russes « pure souche » exilés à Londres, le film aligne le français Vincent Cassel, le new-yorkais Viggo Mortensen et le polonais Jerzy Skolimowski (le grand Skolimowski, le cinéaste un peu oublié de Deep end et de Travail au noir). On ne peut faire plus hétéroclite dans le genre !Bien sûr, cela n'empêche pas de suivre l'intrigue avec curiosité, sinon intérêt. Une jeune russe décède seule dans un hôpital londonien, au moment même où naît son bébé. Afin de confier l'enfant à sa famille, Anna, une sage femme, décide de retrouver son identité. Elle part à la rencontre de la communauté moscovite installée à Londres, avec pour unique indice le journal intime de la mère décédée. Elle plongera alors dans la violence de la mafia venue du froid et de ses trafics humains, au péril de sa vie et de celle de l'enfant. Mais loin de s'enfermer dans ce récit à deux sous, David Cronenberg travaille l'image de manière très personnelle, à plein corps, littéralement. Reprenant la réflexion sur l'identité et les apparences entamée – trop timidement, selon nous – dans A History of violence, il la poursuit et la dépasse. Ainsi, si ces personnages bienveillants ou menaçants ne sont pas toujours ce qu'ils donnent à voir, ils nous fascinent par un tout autre aspect. Ils naviguent en eaux troubles, c'est certain, mais surtout ils baignent dans un monde où l'humanité semble réduite à des corps transformés en choses, en objets.De là naît une tension. Entre le discours politique du script, sur la réification de l'humain au sein des sociétés capitalistes, et les fantasmes du cinéaste canadien, il y a comme un détournement. Ce qui intéresse Cronenberg, c'est avant tout la façon dont la matière corporelle change sous l'effet de la violence ; comment il porte en lui, sur lui une histoire, un secret enfoui. Le corps est tatoué, abimé, lacéré, transpercé, découpé. Il saigne et agonise. Ce qui nous offre quelques brefs visions « gore » dont Cronenberg a le secret, bien mieux insérées que dans son précédent opus (où elles semblaient comme plaquées sur le film). Mais ce corps est surtout vecteur d'une mémoire, d'une pensée. Il n'existe pas sans l'âme qui le porte et le guide. La matière, la chair, est alors expression de l'esprit. Finalement, malgré l'absence de monstres ou d'expériences impossibles, on retrouve dans Les Promesses de l'ombre tout ce qui fait le prix de l'oeuvre de son auteur : une réflexion abstraite, presque philosophique, sur la matière humaine et son devenir.David Cronenberg en grand cinéaste classique ? Après Faux-semblants, M. Butterfly et Crash, on peut maintenant en être convaincu. Par la seule force de sa réalisation, il imprime à une histoire sise dans la réalité, loin de tout fantastique, sa vision du monde. Si en plus, comme dans cet opus, il joue avec le genre, en l'occurrence le thriller, on a l'assurance que Cronenberg est un auteur aventureux mais sûr de lui et de son discours. Sans effets, avec une grammaire simple, il explore l'indicible de l'être, les rapports complexes de l'esprit et de la matière. Il avance, tâtonne, trouve. Il se cherche et nous trouve. Les Promesses de l'ombre
    De David Cronenberg
    Avec Viggo Mortensen, Naomi Watts, Vincent Cassel
    Sortie en salles le 7 novembre 2007
    Illus. © Metropolitan FilmExport
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