Affiche Revolutionary Road

Les Noces rebelles : critiques

La critique de Premiere

(1) 4
  • 4
    Dans American Beauty, Sam Mendes avait déjà disséqué le désespoir résidentiel US.
    Dix ans plus tard, Les Noces rebelles téléporte une problématique semblable dans l’Amérique des années 1950 – le cauchemar de la périphérie, de l’enfermement dans un carcan de bonheur préfabriqué livré clés en main mais sans mode d’emploi où l’on laisse son ambition et ses aspirations sur le trottoir en même temps que l’on sort la poubelle le vendredi soir. En pleine possession de moyens de plus en plus imposants, Mendes fait monter le crescendo de la rancœur entre des personnages courbés par la fatalité. DiCaprio et Winslet les incarnent avec leur puissance habituelle, entourés de seconds rôles surgissant comme des snipers pour cribler un peu plus leurs idéaux vacillants (grosse mention à Michael Shannon, dont les deux apparitions sont pétrifiantes). De la photo à la direction artistique en passant par la partition démente de Thomas Newman, tout le monde a compris que
    l’on pratiquait ici un cinéma qui vise très haut. Des Noces à célébrer.

Les autres avis de la presse

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  • Pariscope () 2
    Disons-le déjà, c’est un vrai plaisir de retrouver les deux acteurs de « Titanic » dans ces beaux rôles, interprétant cet autre couple, mais qui affronte, lui, le quotidien. Une autre passagère du célèbre paquebot est là aussi, la grande Kathy Bates. Sam Mendes, fin observateur de l’Amérique d’hier et d’aujourd’hui, réalisateur de « American Beauty », sait mieux que personne filmer les fantômes de nos amis américains. Malgré une seconde partie un peu théâtrale, mais ce sont les premières amours de ce grand cinéaste, ces « Noces rebelles », adaptées d’un roman de Richard Yates, « La Fenêtre Panoramique », nous plongent au cœur de des années 50 durant lesquelles l’American way of life souriait à tous et à toutes les classes. Mais son film nous plonge aussi dans un voyage tourmenté; nous dévoile en quelque sorte la partie sombre, négative même, des films de Douglas Sirk, le noir et les ombres que nous cachait si bien le technicolor d’hier.
  • Journal du dimanche () 2
    Le couple boit sévèrement la tasse, d'où un psychodrame sombre et âpre. L'occasion de face-à-face d'une violence poignante entre deux acteurs impeccables, même s'ils ne parviennent pourtant pas à électriser la mise en scène théâtrale et figée de Sam Mendes.
  • Elle () 4
    Sur le papier, ce n'est pas forcément enthousiasmant. Mais, à l'écran, porté par la reconstitution du couple de Titanic que sont Kate Winslet et Leonardo DiCaprio, c'est terriblement émouvant.
  • Fluctuat () 4
    Centré autour du couple star de Titanic, le dernier film de Sam Mendes radiographie l'inéluctable naufrage d'un jeune ménage bercé d'illusions, dans le cadre de la très conventionnelle société américaine des années 1950. Les Noces rebelles est un sobre et sombre mélo.Frank et April Wheeler forment, en apparence, le couple parfait : ils ont l'argent, l'amour et la beauté, mais aussi une maison, deux enfants, et des voisins charmants. Que demander de plus, dans l'Amérique de l'après-guerre ? N'est-ce pas suffisant pour être heureux ? Par son thème et son époque, Les Noces rebelles s'inspire ouvertement des grands mélos de Douglas Sirk, où les personnages souffrent en silence, masqués derrière leurs sourires étincelants en Technicolor, à bord de leur Cadillac pastel typique de l'American Dream. Mais la palette graphique utilisée par sam mendes s'écarte radicalement des extravagances coloristes de Sirk, oscillant ici entre le blanc cassé et le gris, le noir et le blanc orageux. La mise en scène se veut plus simple et directe. Les Noces rebelles, on l'aura compris, est un mélo plus sobre que flamboyant. Au centre de ce film d'époque, un couple glamour, Leonardo DiCaprio (Frank) et Kate Winslet (April). Rescapés du Titanic de James Cameron, les tourtereaux vont subir un nouveau naufrage pelliculé. Celui de leur ménage, de leur amour, de leurs illusions. Devenue femme au foyer, April rêve encore d'aventure, de partir s'installer à Paris comme Frank lui avait promis, tandis que Frank, d'abord enthousiasmé, se rétracte progressivement dans le train-train d'un emploi répétitif, celui de la « vie normale » qu'il méprisait auparavant. Comme le roman dont il est tiré (« Revolutionary Road », chef d'oeuvre de Richard Yates, ou « La fenêtre panoramique » en VF), le film dissèque la descente aux enfers du couple, d'autant plus cruelle que les espérances étaient grandes au départ. D'abord tous les deux dans le cadre, à l'époque de leur rencontre, April et Frank se séparent peu à peu à l'écran : d'un côté April, desperate housewife flanquée de deux gosses, coincée dans sa grande maison immaculée, scrutant de sa fenêtre panoramique une hypnotisante rangée de poubelles, de l'autre Frank, encastré à l'intérieur d'un immeuble, dans un bureau déprimant, la cravate nouée serré, telle un corde à son cou. Isolés physiquement, enfermés dans la routine des gens normaux, les deux amants ne se trouvent plus que dans le conflit, lors de séquences impressionnantes de brutalité. Théâtral sans sombrer dans l'outrance ou le pathos, bien huilé, le film de Mendes arbore une formidable densité dramatique. Le questionnement sur le mariage et l'aspiration au bonheur reste subversif et inconfortable en 2009, sans souffrir de la patine rétro du film. Plus convenus sont sans doute les contrepoints au délitement conjugal, qui brocardent toute l'hypocrisie de la société environnante - celle des années 1950. Ces personnages (collègues de travail mielleux, voisins et vrais-faux amis), pathétiques d'immobilisme satisfait, sont interprétés par des seconds rôles savoureux mais caricaturaux, comme le seul être à comprendre le couple Wheeler, un fou lucide joué par le magnétique Michael Shannon (Bug, Shotgun Stories). On retrouve donc l'ironie efficace mais un peu prévisible d'American Beauty dans cette satire d'une société pétrifiée par le moindre signe de désobéissance à l'ordre établi. De ces Noces rebelles, on retiendra surtout l'incroyable face-à-face entre Leonardo DiCaprio et Kate Winslet, se scrutant dans la nuit telles des fauves apeurés, dans le calme ouaté des suburbs.Les Noces rebellesDe Sam MendesAvec Leonardo DiCaprio, Kate Winslet, Michael ShannonSortie en salles le 21 janvier 2009Illus. © DreamWorks PicturesEric Vernay- Exprimez-vous sur le forum cinéma- Lire le fil adaptation sur le blog cinéma- Sam Mendes sur Flu : lire la critique de American Beauty- Voir le portrait de Leonardo DiCaprio
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