Affiche Les Chats Persans

Les Chats Persans : critiques

La critique de Premiere

(1) 3
  • 3
    Energique (montage serré, caméra en mouvement), souvent drôle (voir le personnage pittoresque du producteur), musicalement riche (du rock au jazz en passant par le rap et le folklorique), le film vaut autant pour ce qu'il dégage que pour ce qu'il raconte. Parabole sur l'art comme rempart à l'extrémisme et au sectarisme, Les chat persans, derrière son ton badin, adresse un avertissement solennel à tous les régimes totalitaires : vous pouvez brider la jeunesse, la priver des libertés les plus élémentaires, vous ne pourrez jamais étancher sa soif de vie, de curiosité et d'expérimentations.

Les autres avis de la presse

(16) 3
  • Positif () 3
    (...) la musique y est au départ le prisme où s'exprime l'état d'un pays, si elle est d'abord le matériau d'une enquête réaliste sur la jeunesse à Téhéran aujourd'hui, elle finit par dessiner en creux le périmètre d'un monde rêvé, une utopie collective capable de désavouer les normes sociales.
  • Technik'art () 2
    Le naturalisme cède alors sous les coups de boutoir d'un lyrisme pop, et le film de déployer in fine un optimisme tranquille, comme si sa seule existence était déjà un motif d'espoir.
  • Les Cahiers du cinéma () 1
    (...) la pauvreté de ses moyens, ses conditions de tournage et surtout l'incroyable manque d'inspiration du cinéaste abiment le tableau : Ghobadi ne fait qu'accumuler sur une trame maigre une série de vues de Téhéran qui font ressembler son film à un clip ringard et fauché.
  • 20 Minutes () 3
    Si l'action du film est ancrée dans la réalité iranienne, ce brûlot vitaminé dépasse largement les frontières par son envie communicative de défendre l'art contre tous les empêcheurs de penser en rond.
  • StudioCiné Live () 3
    Avec une mise en scène alternant intelligemment naturalisme et esthétisme de clip, Ghobadi signe un grand film musical, romanesque et, bien évidemment, par ricochet, profondément politique. On en sort bouleversé.
  • Journal du dimanche () 3
    Tragique et souvent drôle, ce film révèle les rêves brisés, les combats et les espoirs d'une jeunesse néanmoins debout. Au passage, il nous offre la visite d'une capitale vivante et équivoque, à la fois acquise au progrès et soumise aux mollahs. Grande première dans le cinéma iranien, toutes les chansons ici jouées martèlent une immense soif de liberté, un terrible sentiment d'oppression.
  • Fluctuat.net () 3
    Loin d'amoindrir l'impact réaliste du film, l'aspect fictionnel des Chats Persans permet à Ghobadi de poétiser le réel en construisant des personnages attachants comme le manager du couple principal, Hamed. Prolixe et malin, il fait de la contrebande de DVD et de CD, tout en prenant de gros risques pour défendre la scène rock locale, notamment en négociant pour eux des salles de concert clandestines ou des passeports frelatés. Bien que romancée, son histoire respire l'authenticité, à l'image de son théâtral et périlleux numéro de tchatche à base de « je vous le jure sur le Coran je n'ai rien fait », en comparution devant la police.
  • Nouvel Obs () 3
    Film sur l’esprit de résistance, "les Chats persans" portent en germe la rébellion qui souffla sur les manifs anti-Ahmadinejad au lendemain de l’élection de juin dernier.
  • Le Monde () 3
    Film de fiction qui ressemble furieusement à un documentaire, dans lequel des acteurs non professionnels rejouent des épisodes de leur vie, Les Chats persans peut se voir comme une espèce de prologue musical au printemps iranien. Tourné clandestinement, en à peine plus de deux semaines, Les Chats persans doit beaucoup aux motocyclettes qui transportent les héros. Comme elles, le film se faufile dans les rues de Téhéran, amène le spectateur dans les recoins de la ville où des jeunes gens se cachent pour jouer une musique considérée comme un crime. Les vrais moments de grâce du film viennent plutôt de la musique elle-même. On entend beaucoup le rock de Negar et Ashkan, mais aussi un peu de hip-hop, et Ghobadi suggère fortement que, à Téhéran comme ailleurs, la frontière qui sépare les deux genres est la même qui sépare les jeunes intellectuels de leurs contemporains issus des classes populaires.
  • A voir à lire () 3
    Bien moins abouti sur le plan formel que ses précédents essais - et on comprend bien pourquoi - Les chats persans doit être vu comme une œuvre de résistant. Passant du rock indépendant au heavy metal, de la musique traditionnelle au rap persan, l’auteur parvient à nous étonner par l’excellence des groupes présentés et le dynamisme enthousiasmant de ces jeunes au talent phénoménal. Devenant ainsi un témoignage de premier ordre sur l’émergence d’une nouvelle génération qui ne cesse d’ailleurs de manifester dans les rues son mécontentement, Les chats persans est un cri qui vient du fond du cœur et qui transmet au spectateur sa furieuse envie de vivre, ainsi que son malaise grandissant. Ce prix Un certain regard à Cannes en 2009 est donc un film fort à ne surtout pas négliger.
  • Télérama () 3
    Coécrit avec la journaliste irano-américaine Roxana Saberi, Les Chats persans est né de cette colère, de ce désespoir. Tourné à la sauvette, en dix-sept jours, ce film magnifique respire l'urgence : il s'agit de célébrer une génération sacrifiée, à la vitalité et au talent ébouriffants, en dépit des menaces et des brimades...
  • Paris Match () 3
    En préférant la fiction au documentaire confidentiel, le cinéaste Bahman Ghobadi a réussi à faire exploser son film au dernier Festival de Cannes. Si les comédiens sont tous excellents, Hamed Behdad sort du lot (...). Mais le véritable coup de coeur, ce sont les authentiques talents musicaux que nous fait découvrir ce film miraculeux.
  • Le Figaro () 3
    Traversé par un appétit de vivre contagieux, Les Chats persans trouve le ton juste entre revendication et personnages brossés avec tendresse et empathie.
  • Elle () 4
    La nuit, ses lumières, son rythme : l'Iran que nous donne à voir "Les chats persans" n'est pas l'Iran du journal télévisé. Parce qu'il existe un Téhéran underground, qui vibre à pleines basses et cymbales derrière les murs recouverts de boites d'oeufs, une ville du dessous animée par une jeunesse assoiffée de liberté qui se nourrit en téléchargeant de la musique sur internet. C'est la très grande force de ce film tourné dans la clandestinité, à la barbe de mollahs, par Ghobadi (...).
  • Fluctuat () 3
    Au devant des clichés sur l'Iran, Bohman Ghobadi nous plonge à ses risques et périls dans l'underground musical de Téhéran. Brut de décoffrage et courageux, un docu-fiction politique grouillant de vie, de sang et de son.Sélectionné dans la section Un Certain Regard de Cannes en 2009, Les Chats Persans a marqué les esprits : sa forme abrupte happe le regard, pour dire l'oppression du peuple iranien, et en particulier de sa jeunesse. Dans un style brut de décoffrage parfois éprouvant (montage clipesque, cadrage bancal et flou plus ou moins volontaire), Bahman Ghobadi filme Téhéran caméra à l'épaule en DV, sur les pas hésitants de ces deux protagonistes principaux, Negar et Ashkan. Joués par deux jeunes musiciens (dans leur propre rôle), ce couple de galère cherche à monter un groupe de rock indépendant. Un truc banal en Europe, mais une véritable gageure dans un pays totalitaire comme l'Iran, réprimant toute forme « impure », - c'est-à-dire en « contradiction » avec le Coran - de musique. En suivant ce garçon et cette fille de vingt ans à travers caves et salles de répétitions de fortune, on découvre une ville culturellement bouillonnante, où pour être enfin tranquille, certains groupes n'hésitent pas à installer leur batterie et leurs guitares dans la proche périphérie, au milieu des champs et des vaches ! Métal, hip hop, blues, indie rock : Ghobadi dessine un panorama sinon exhaustif, du moins riche et diversifié de l'underground musical téhéranais. Pour la plupart contestataires et sous influence occidentale (posters de Joy Division et de Kurt Cobain, t-shirts CBGB), les paroles de leurs chansons disent toutes la frustration et le scandale qu'est pour eux ce pouvoir policier - capable, comme on le voit dans une saisissante séquence du film, d'assassiner votre chien sous vos yeux pour motif d'« impureté ». Loin d'amoindrir l'impact réaliste du film, l'aspect fictionnel des Chats Persans permet à Ghobadi de poétiser le réel en construisant des personnages attachants comme le manager du couple principal, Hamed. Prolixe et malin, il fait de la contrebande de DVD et de CD, tout en prenant de gros risques pour défendre la scène rock locale, notamment en négociant pour eux des salles de concert clandestines ou des passeports frelatés. Bien que romancée, son histoire respire l'authenticité, à l'image de son théâtral et périlleux numéro de tchatche à base de « je vous le jure sur le Coran je n'ai rien fait », en comparution devant la police. S'inspirant exclusivement de situations réelles, le réalisateur trouve dans la fiction et l'humour l'outil discret pour fluidifier un récit mince, aux dialogues semi-improvisés et dont les conditions de tournage (clandestines) font corps avec le sujet même - la difficulté de s'exprimer - de ce film courageux, engagé sans jamais être doloriste ou donneur de leçon.Les Chats persansDe Bahman GhobadiSortie en salles le 23 décembre 2009[mediabox  id_media="116738" align="null" width="500" height="333"][/mediabox] Illus © Memento Films Distribution Eric Vernay- Exprimez-vous sur le forum cinéma- Suivez le fil festival de cannes sur le blog cinéma
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