Les Chants de Mandrin : critiques
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La critique de Premiere
(1)2-
Isabelle
Danel2Après sa trilogie sociale et politique (Wesh wesh, Bled Number One, Dernier Maquis), Rabah Ameur-Zaïmeche passe au film en costume. Drôle d’objet que ce long métrage incongru et
anachronique : entre improvisation et reconstitution, tout ne fonctionne pas, mais pourtant, d’un colporteur massant les pieds d’un marquis à un imprimeur contemplant le premier exemplaire sorti de la presse, la liberté et la poésie affleurent parfois. I
Les autres avis de la presse
(10)3- StudioCiné Live (Thomas Baurez)4Un film poétique qui élève la résistance au rayon des beaux-arts. (...) Voilà déjà l'un des sommets cinématographiques de l'année à venir. En 2012 votez Mandarin !
- Journal du dimanche (Danielle Attali)2Si l’image est superbe et que la lumière illumine l’écran, côté scénario, ce Chant, revendiqué comme une "utopie poétique", voire politique, ne s’encombre pas de dramaturgie. L’écriture reste didactique et il arrive que le jeu des acteurs sonne faux. On sent bien que le cinéaste se rêve en chef de troupe, au point d’oublier les autres. Pourtant, en dépit de ses défauts, reconnaissons un certain charme à ce drôle de film en costumes.
- Fluctuat.net (Eric Vernay)3Après la Cité des Bosquets dans Wesh Wesh qu'est-ce qui se passe, L'Algérie dans Bled number one, et une petite entreprise de la banlieue parisienne dans Dernier maquis, Rabah Ameur-Zaïmeche investit les campagnes françaises du XVIIIe siècle dans Les Chants de Mandrin, pour élaborer un étonnant poème politique.
- Libération (Olivier Seguret)4Aller chercher Mandrin aujourd’hui, qui est en quelque sorte notre Robin des Bois national, c’était déjà une idée brillante. Le traiter dans un jus si authentique, si dénué d’effets, si direct et frontal, malgré la subtile médiation de la mise en scène, voilà qui est encore mieux vu.
- Le Monde (Isabelle Regnier)3(...) Il donne tantôt l'impression d'inviter les révolutionnaires du monde arabe de 2011 dans le maquis de la pré-Révolution française, tantôt d'exporter les protagonistes de celle-ci dans les montagnes de l'Atlas.
- Les Inrocks (Serge Kaganski)3Si Les Chants de Mandrin semble dire que la justice passe avant la loi quand la loi ne sert que les puissants, le film fait passer son message de façon diffuse, patiente, presque en murmurant, et non sur le mode dénonciateur du tract militant ou efficace d’un cinéma démonstratif spectaculaire.
- Télérama (Samuel Douhaire)3Le réalisateur de "Bled Number One" rend un bel hommage aux contrebandiers du XVIIIe siècle, dont il fait les précurseurs des révolutionnaires d'hier et des "indignés" d'aujourd'hui. La chronique historique, où le contemporain résonne à chaque plan, se double d'un éloge poétique de la fraternité.
- Nouvel Obs (Pascal Mérigeau)3Le quatrième film du cinéaste confirme avec éclat que Rabah Ameur-Zaïmech, également acteur, possède de l'histoire et du temps présent une vision, que son talent très sûr lui permet d'éclairer.
- Nouvel Obs (Jean-Philippe Guerand)3Considéré comme une sorte de Robin des Bois français, le bandit et contrebandier Louis Mandarin, exécuté à 30 ans en 1755, fait figure de pionnier de la Révolution. Il fut d'ailleurs célébré en tant que tel par la Commune. C'est à cet aspect méconnu du personnage que s'attache le réalisateur de "Dernier Marquis" dans son nouveau film couronné du prix Jean-Vigo. Son approche s'inspire de celle de Renée Allio dans les "Cammisards" qui consiste à privilégier l'aspect politique de cette histoire et non le caractère épique sans sacrifier le spectacle pour autant.
- Fluctuat ()Après la Cité des Bosquets dans Wesh Wesh qu'est-ce qui se passe, L'Algérie dans Bled number one, et une petite entreprise de la banlieue parisienne dans Dernier maquis, Rabah Ameur-Zaïmeche investit les campagnes françaises du XVIIIe siècle dans Les Chants de Mandrin, pour élaborer un étonnant poème politique. A la mort du célèbre contrebandier Louis Mandrin le 26 mai 1755 à Valence, ses compagnons s'évertuent à transmettre son héritage, en organisant des marchés clandestins dans les villages. Avec la complicité du peuple et l'accord moral de certaines personnalités de l'aristocratie (ici un marquis) ou de la littérature telles que Voltaire, les produits sont vendus à la sauvette, au nez et à la barbe des fermiers généraux, qui imposent leurs copieuses taxes aux pauvres. Dans ses sortes de duty-free sauvages, on trouve du tabac, de l'alcool, des étoffes, de la nourriture, mais aussi des objets culturels. Les Mandrins décident en effet d'imprimer et diffuser (sous le manteau) des textes poétiques et burlesques relatant les aventures de leur mentor. On trouve notamment dans ce recueil la fameuse Complainte de Mandrin, chant populaire ponctué de l'appel « Vous m'entendez ? » qui a traversé les époques, de la Commune de Paris du XIXe siècle à Yves Montand, en passant par les mouvements de jeunesse des années 1930 et 1940. Rabah Ameur-Zaïmeche filme cette communauté de brigands comme une résistance politique et culturelle à l'autorité des puissants. Autarciques, nomades, violents quand il faut bien se défendre, les Mandrins appliquent leur propre justice. Poursuivis par les gardes du roi, ils vivent reclus sur eux-même, dans la peur constante de la mort. Le réalisateur élude d'emblée toute source de confit entre les membres de cette communauté. La violence qu'il perpétuent par exemple, n'est pas plus questionnée que leur probable frustration sexuelle (seule une femme, muette, représente le sexe opposé dans leur bande), comblée par une elliptique étape au bordel. Ils forment un groupe hétérogène, accueillant notamment un marquis et un colporteur - dont la rencontre offre au films ses plus beaux moments d'étrangeté burlesque - sans que la mécanique de groupe en semble particulièrement affectée. Dans cette absence d'adversité réside la force et la limite de ce film : ce que le film perd en aspérité et en enjeux romanesques, il le gagne en abstraction et en puissance d'évocation. Car Les Chants de Mandrin est d'abord un conte, une allégorie de la Résistance et de la sédition sous toutes ses formes, ces hors-la-loi évoquant autant les Roms que les artistes subversifs ou les hacktivistes d'Anonymous. Soudés contre un ennemi qu'on voit finalement très peu, et donc en cela presque déjà à l'abri, ils peuvent s'adonner aux choses simples de la vie (manger, discuter, danser) dans une relative sérénité. C'est dans cette contemplation minutieuse du quotidien, où le naturalisme le plus âpre s'entrechoque avec de belles fulgurances poétiques (surgissement d'une lune démesurée, bruit rauque du souffle d'un cheval, gros plan sur un corsage féminin se changeant en paysage vallonné, plan final anachronique), que Ameur-Zaïmeche trouve à incarner son récit utopique et expérimental, où s'élabore rien de moins qu'une version bêta de la démocratie. Dommage cependant que le réalisateur-acteur-scénariste-producteur, dont le visage est quasiment de chaque plan, vienne en partie contredire le propos égalitaire de son film réduisant à de très minimales esquisses l'espace dramatique de sa petite troupe.Eric Vernay © MK2 Diffusion Les chants de MandrinDe Rabah Ameur-ZaïmecheAvec : Jacques Nolot, Christian Mila-Darmezin, Kenji Levan...Sortie en salles le 25 janvier 2012
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