Le drôle de Noel de Scrooge : critiques
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La critique de Premiere
(1) 3-
Emilie
Lefort3Avec son Drôle de Noël de Scrooge, Robert Zemeckis persiste et signe dans son désir de ne faire que de la motion capture. En adaptant fidèlement le chef d’œuvre de Dickens, Un Conte de Noël, Zemeckis parvient à restituer l’ambiance âcre er miséreuse de Londres mais malheureusement sans lui donner l’âme que l’auteur britannique avait insufflé à son oeuvre. A force de tout miser sur la technique (motion capture+3D), le cinéaste en oubli quelque peu qu’il a des acteurs à diriger et ne laisse plus de place à l’émotion. Dommage, mais ces deux point noirs sont vite oubliés au vu des scènes sidérantes qui défilent à l’écran.
Encore une fois Disney tape fort pour son film de Noël et offre, un mois avant les fêtes, une mise en bouche des plus appétissantes !
Les autres avis de la presse
(14) 2- StudioCiné Live (Véronique Trouillet) 2Côté visuel, les quelques scènes d'actions sont spectaculaires avec une mise en scène virevoltante à perdre haleine et le film est magnifique et dickensien à souhait : majesté de l'architecture et mystère des bas-fonds du Londres victorien, beauté des images, des couleurs et de la lumière, visages saisissants de vie et d'émotions.
- Pariscope (Virginie Gaucher) 2(...) en adaptant « Un chant de Noël », de Charles Dickens, le réalisateur s’est lancé dans un nouveau défi technologique avec ce film tourné, comme « Le Pôle express », en « performance capture » : les personnages animés sont créés à partir d’une interprétation humaine, en l‘occurrence ici celle de Jim Carrey qui interprète pas moins de sept personnages. Le film est également en 3D dans les salles équipées. Des balades sur les toits de Londres ou dans ses bas-fonds, des personnages géants ou minuscules, une animation parfois surprenante et hyperréaliste, une multitude de personnages bien dessinés, des effets spéciaux : tout concourt à faire de ce film, souvent noir, l’archétype du conte de Noël, souvent effrayant mais aussi beau et plein d’espoir.
- Télé 7 jours (Julien Barcilon) 2Reprenant le même système de "motion capture" que pour son Pôle Express (des acteurs de chair jouent et son transposés en pixels), Zemeckis signe pour Disney , d'après Dickens, un conte de Noël en rupture avec les clichés du genre, et flirte avec une veine horrifique totalement déconseillée en dessous de 10 ans. Virtuosité technique indéniable, effets 3D un peu répétitifs, ce drôle de Scrooge ne manque pas de personnalité.
- Fluctuat.net (Jérôme Dittmar) 2(...) si le cinéaste s'enivre de ses moyens parfois jusqu'à l'hystérie ou pire échoue, relativement, sur un point essentiel - créer une émotion suscitant une prise de conscience des valeurs humanistes propres à Dickens -, il réussit néanmoins à mettre en image des visions sidérantes. Ceci tient moins du procédé (la performance capture) que de la pure mise en scène. Ainsi de ces passages où les espaces se superposent ou cohabitent, quand l'image génère un renversement des lois de la perspective ou que tout aspect solide (un mur) peut s'ouvrir vers d'autres dimensions. Il y a un certain vertige, devant d'abord à la fabrication d'un monde, dans ce que Zemeckis arrive à créer ici. Auquel s'ajoute, en dépit du manque d'implication pour les personnages, un désir de ne pas dénaturer Dickens.
- Les Inrocks (Jacky Goldberg) 2Faisant fi du lissage artificiel de ses précédents films, Zemeckis a accentué les défauts de ses pantins de chair numérique. La peau est sale et crevassée, les yeux striés de veinules et les joues teintées de rougeurs disgracieuses, conférant aux personnages un aspect malsain (un monde peuplé d’alcoolos ?), qui contraste avec la mièvrerie de l’histoire. Au-delà, c’est le film dans son ensemble qui semble crevassé : les scènes, peu découpées et filmées dans des angles impossibles, se succèdent selon un rythme bancal ; le décorum ploie sous les ors de la 3D ; et les dialogues de Dickens, respectés à la lettre, rendent la compréhension ardue pour les enfants. Tout ceci concourt à faire de Scrooge un film très fragile dans une gangue de blockbuster Disney, un sommet de mièvrerie malade dont la beauté paradoxale ne se goûte qu’au risque de l’indigestion.
- Télérama (Guillemette Odicino) 4Construit en lignes de fuite dans des décors de toute beauté, ce Drôle de Noël est un cauchemar qui va crescendo, à la manière d'un train fantôme qui s'emballe, avec la rédemption de Scrooge au bout du tunnel. Plus d'une fois, la technologie de « performance capture » (procédé qui restitue la gestuelle et l'expression des acteurs dans un film d'animation) renforce l'émotion.
- Nouvel Obs (Xavier Leherpeur) 2Reprenant ici le même principe d’une animation en motion-capture, basée sur la captation des mouvements des comédiens, il parvient enfin à conférer à l’ensemble une touche de spectaculaire et de féerie collant parfaitement au récit.
- L'Express (Julien Welter) 3Zemeckis respecte à la lettre le conte de Dickens dans un dessin animé en relief d'une grande beauté. Son utilisation de la 3D touche au génie lors des scènes gothiques.
- 20 Minutes (Caroline Vié) 4Le réalisateur, Robert Zemeckis, rend parfaitement la féérie et les aspects plus sombres de ce texte peu connu en France - raison pour laquelle la promo a débuté il y a plus de six mois, par l'enneigement de la Croisette en plein Festival de Cannes. Mais la vraie révolution, c'est la « performance capture », nouvelle technique d'animation consistant à dessiner sur les acteurs, après avoir enregistré leurs prestations. Ce procédé permet à Jim Carrey de pousser encore plus loin son physique d'homme caoutchouc. Il est épatant dans huit rôles [...] Si les plus jeunes peuvent être impressionnés par les fantômes, ils se laisseront sans doute gagner par la poésie d'images dignes de tableaux, qui permettent d'avoir un avant-goût de l'esprit de Noël.
- Le Monde (Isabelle Regnier) Les visages des personnages ne sont pas les leurs, mais ils ont leurs expressions, ce qui produit un résultat pour le moins stimulant sur le plan technique. Pour le reste, le film laisse relativement interdit tant il s'abandonne sans une once de recul à la mièvrerie de "l'esprit de Noël" à l'américaine.[...] Visuellement, Robert Zemeckis s'en donne à cœur joie avec les effets spéciaux, orchestrant un grand crescendo de la laideur. On en sort bien écoeuré, comme après un repas de fête raté.
- A voir à lire (Frédéric Mignard) 2Pour ceux qui connaissent le récit de Dickens, le pathos lié à la rédemption d’un être abject et le classicisme d’une histoire complètement dépassée sont forcément d’énormes points faibles dont Robert Zemeckis n’arrive pas à se dépêtrer. Même avec les technologies les plus performantes, le cinéaste ne dépasse jamais le classicisme ambiant des précédentes adaptations et livre donc un spectacle en demi-teinte.
- Chronic'art (Jean-Sébastien Chauvin) 3Il y a, dans ce Drôle de noël de Scrooge, fidèlement adapté d'un conte de Charles Dickens (jusqu'au niveau soutenu du langage), un effroi inouï, quelque chose de presque dérangeant qui en fait un film d'une séduction retorse, porté par un curieux instinct de mort.
- Fluctuat () 3Après Le Pôle Express et Beowulf, Robert Zemeckis tente à nouveau de convaincre des bienfaits de sa « performance capture » avec Le drôle de Noël de Scrooge. Le bilan est encore mitigé, le film inégal et passionnant à la fois.Intemporelle, inusable, classique, l'oeuvre de charles dickens demeure encore et toujours l'une des références fondamentales de la littérature anglo-saxonne. Adapté et relu maintes fois, au théâtre, à la radio, par la télévision ou le cinéma, Un Conte de Noël, appelé parfois Un Chant de Noël, en constitue l'une des pièces maîtresses avec Oliver Twist et David Copperfield. Profondément emprunt d'un moralisme chrétien, elle étale toutes les grandes préoccupations de son auteur : conscience sociale, valeurs populaires, profond altruisme, éloge de la charité contre un matérialisme alors rampant sinon triomphant dans cette Angleterre du 19ème. Inutile donc de revenir sur son intrigue et ses fondements, qu'on connaît presque trop par coeur, pour évoquer cette nouvelle adaptation, Le drôle de Noël de Scrooge par Robert Zemeckis. D'abord parce que l'auteur de Retour vers le futur et du Pôle Express est d'une fidélité quasi sans faille au matériau d'origine : quiconque connaît le conte avancera sur des terres déboisées depuis longtemps, sans surprise. Ensuite parce que l'intérêt de l'oeuvre ne repose pas tant sur sa lecture (dans une certaine mesure, on y revient), que sa conception. Troisième film de Zemeckis tourné en « performance capture », procédé projetant des acteurs réels recouverts de numérique dans un monde digital, Scrooge est ainsi et d'abord une expérience visuelle. Un pari, sinon un défi, esthétique dont le principe mis au point par le cinéaste commençait à convaincre timidement avec La Légende de Beowulf.La tentation toujours plus grande du numérique, dont on peine à trouver un intérêt dans Sin City et 300 là où elle nous éblouit avec Speed Racer, pose un large panel de questions où les films de Zemeckis (et bientôt Spielberg, utilisant le même système pour Tintin) constituent un problème en soi. Sans tenter d'apporter une réponse, on peut se demander, encore, ce que ce procédé technique métisse produit comme effet, ou quelles solutions de mise en scène il autorise. Pour le meilleur, on dira rapidement qu'ici l'image baigne dans un climat d'apesanteur quasi onirique, laissant voir des personnages à la fois évanescents et palpables dans une lumière incertaine. Quelque chose entre réalisme et magie, illusion et stigmates de réel, fait ainsi osciller la représentation : l'impression, troublante parfois, de voir un livre d'illustrations contaminé par des figures vivantes, trop humaines, là où le cinéma d'animation les reproduit. D'un autre ordre et souvent vanté comme leitmotiv par Zemeckis, la caméra jouit d'une liberté sans limites, virevoltant dans les airs jusqu'à s'étourdir à l'excès de ce surplus de possibilités. Car versant négatif de cette technologie, Scrooge abuse d'envolées en travelling au-dessus de décors, pourtant réussis, dont on aimerait explorer les recoins. Plus problématique, l'écorce numérique sur les personnages (secondaires surtout) produit une désincarnation des corps dont le corollaire est un manque d'empathie à leur égard.C'est dans cet entre-deux qu'erre le Scrooge de Zemeckis, déroutant, laid, froid, mort et pourtant beau, merveilleux, fascinant, vivant. Car si le cinéaste s'enivre de ses moyens parfois jusqu'à l'hystérie ou pire échoue, relativement, sur un point essentiel - créer une émotion suscitant une prise de conscience des valeurs humanistes propres à Dickens -, il réussit néanmoins à mettre en image des visions sidérantes. Ceci tient moins du procédé (la performance capture) que de la pure mise en scène. Ainsi de ces passages où les espaces se superposent ou cohabitent, quand l'image génère un renversement des lois de la perspective ou que tout aspect solide (un mur) peut s'ouvrir vers d'autres dimensions. Il y a un certain vertige, devant d'abord à la fabrication d'un monde, dans ce que Zemeckis arrive à créer ici. Auquel s'ajoute, en dépit du manque d'implication pour les personnages, un désir de ne pas dénaturer Dickens. Conséquence paradoxale intéressante : si le cinéaste rate un peu l'éloge des bons sentiments, il s'accomplit totalement dans les visions cauchemardesques. Renaissent alors quelques beaux moments ténébreux vus dans Beowulf : figures macabres, spectres de vagabonds putréfiés, calèche de l'apocalypse conduite par la mort, on n'avait pas vu de telles fulgurances horrifiques dans un conte familial depuis les premiers Disney. La marque, sans doute, d'une réelle ambition de la part d'un auteur définitivement passionnant, malgré tout.Le Drôle de Noël de Scrooge De Robert ZemeckisAvec : Jim Carrey, Gary Oldman, Colin Firth, Robin Wright PennSortie en salles le 25 novembre 2009[mediabox id_media="114108" align="null" width="500" height="250"][/mediabox] Illus © Walt Disney Studios Motion Pictures France Jérôme Dittmar- Exprimez-vous sur le forum cinéma- Lire les fils adaptation, cinéma fantastique sur le blog cinéma- Robert Zemeckis sur Flu : lire les critiques de Seul au monde (2001), Beowulf (2007)
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